analyse

La Wallonie veut diminuer d'un tiers l'usage de la voiture

©BELGA

Vélo, marche, trottinette, bus... Le nouvel exécutif wallon PS-MR-Ecolo va tout faire pour dissuader les gens d’utiliser la voiture.

À l’image de la hausse du taux d’emploi, un des grands chantiers du nouvel arc-en-ciel wallon concerne la mobilité. Pour le PS-MR et Ecolo, la question est avant tout environnementale. Pour réussir à diminuer de 55% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, la Wallonie doit opérer un transfert modal. Ici, c’est la voiture individuelle qui est visée.

La part modale du vélo sera augmentée de 1 à 5% dans les déplacements des Wallons.

L’ambition est claire. À ce sujet, la déclaration de politique régionale (DPR) dit ceci: "Le gouvernement mettra tout en œuvre pour maîtriser la demande de transport, développer les alternatives à la voiture individuelle dans les déplacements afin de diminuer sa part modale d’un tiers d’ici 2030."

Cet objectif ne sort évidemment pas des limbes. Il s’aligne dans la vision FAST 2030 rédigée par le ministre sortant Carlo Di Antonio (cdH). Le plan est ambitieux car d’ici 2030, "la part modale de la marche sera augmentée au minimum de 3 à 5%, celle du vélo de 1 à 5%, celle des transports en commun (train et bus) de 13 à 25% et l’ampleur de la voiture partagée sera renforcée significativement".

Deux milliards

Il reste à mettre tout cela en musique. Pour y arriver, le futur gouvernement va activer différents leviers et investira deux milliards d’euros à travers un plan infrastructures de mobilité.

  • Au niveau de l’aménagement du territoire, le gouvernement favorisera l’implantation des équipements publics (crèches, écoles, infrastructures sportives, services publics…), logements et commerces "dans ou à proximité des noyaux d’habitation existants, ruraux comme urbains". À ce titre, la DPR entend freiner l’étalement urbain et totalement y mettre fin à l’horizon 2050.
  • Le développement de la mobilité douce sera favorisé suivant un ordre de préférence: marche, vélos, micromobilité douce, transports publics, transports privés collectifs puis individuels. Sur ce point, on peut préciser que la Wallonie n’entend pas freiner le développement des trottinettes électriques pour autant qu’il soit encadré "efficacement".

La petite reine

Au niveau des transports publics, un accent est particulièrement mis sur le développement des bus en sites propres, sur la vitesse commerciale de ceux-ci et sur les parkings de délestage. Même si la proposition avait été fort critiquée par les gestionnaires du Tec pour une question d’efficacité, le nouvel exécutif a également annoncé vouloir mettre en œuvre la gratuité des transports en commun pour les jeunes de moins de 25 ans les plus de 65 ans.

  • Les usagers du vélo seront particulièrement chouchoutés. Un plan Wallonie cyclable 2020 sera ainsi adopté d’ici mi-2021 afin de "doubler l’usage du vélo d’ici 2024 et le multiplier par 5 d’ici 2030". Parmi les chantiers qui sont annoncés, la Wallonie va se doter d’un réseau express également appelé autoroutes à vélo d’ici 2022. La prise en compte du vélo sera par ailleurs systématique à l’occasion des travaux d’aménagement, de réfection ou d’entretien des voiries. Sous la prochaine législature, l’arc-en-ciel promet ainsi de dépenser 20 euros par habitant par an pour le développement du vélo, soit 70 millions par an.
  • A contrario, la Wallonie met le frein sur le développement de nouvelles routes. Hormis des connexions au réseau existant d’infrastructures essentielles comme des gares ou des hôpitaux, la Wallonie gèle les projets de nouvelles voiries comme le Trident dans la région de Charleroi ou le contournement autoroutier de Liège.
  • Au niveau fiscal, si la DPR n’évoque pas la mise en place d’un prélèvement kilométrique, elle ne l’exclut pas non plus. Tout porte d’ailleurs à croire que l’exécutif wallon devra tôt ou tard aborder le sujet avec ses homologues bruxellois. Mais pour dire quoi? Il est évidemment trop tôt pour le savoir!

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