La Wallonie veut muscler le prêt coup de pouce

En 2019, une PME a levé en moyenne 28.660 euros via le prêt coup de pouce. ©BELGAIMAGE

Le ministre de l'Économie travaille sur une réforme du prêt coup de pouce. Outre la possibilité pour l'entreprise d'emprunter jusqu'à 250.000 euros, la Région pourrait apporter sa garantie ou prêter un euro public pour chaque euro privé emprunté.

Avec des comptes d’épargne qui devraient gonfler de 20 milliards supplémentaires cette année, le bas de laine des Belges continue à alimenter les projets politiques dans le cadre de la relance post-Covid! Après la Flandre et son envie de lever 260 millions auprès des particuliers, après Bruxelles et l’arrivée du prêt proxi, le gouvernement wallon PS-MR-Ecolo s’agite autour de cette épargne citoyenne.

Cela fait quelques semaines que la Wallonie cogite. Dans le cadre du futur plan de relance Get Up Wallonia, le ministre du Budget Jean-Luc Crucke (MR) a par exemple imaginé lancer un fonds d’investissement public/privé alimenté essentiellement par l’épargne citoyenne. L’idée serait, à travers une levée qui pourrait capter 150 millions d’euros, de financer des projets d’entreprises triés sur le volet sur base de critères spécifiques. De la bouche du ministre Crucke, le dossier est prêt et n’attend plus que l’avis des autres ministres du gouvernement wallon pour connaître le sort qui lui sera réservé.

D’ici l’atterrissage d’un crowdfunding wallon, un autre dossier refait surface. C’est le prêt coup de pouce! Dans L’Avenir ce week-end, le ministre de l’Économie Willy Borsus (MR) a dit vouloir amplifier le mécanisme de ce prêt entre particuliers en revoyant à la hausse les plafonds tant pour les emprunteurs que les prêteurs.

4,5 millions levés en 2019

Avant de plonger dans les détails de la réforme en préparation, revenons sur la mesure. Inspiré du "win-winlening" flamand, le dispositif de prêt coup de pouce vise à mobiliser l'épargne privée en stimulant le prêt de particuliers vers les entreprises. En 2019, 192 PME ont utilisé ce mécanisme. Il s’agit d’une belle progression du système en comparaison aux 150 PME comptabilisées en 2018. Ce sont ainsi au total 249 prêts coup de pouce qui ont été enregistrés par la Sowalfin l’année dernière, pour un montant global de 4,5 millions d’euros empruntés. En moyenne, une PME a levé 28.660 euros. Du côté des montants des prêts accordés par les citoyens, la Sowalfin parle d’une moyenne de 18.741 euros.

Au niveau du profil des personnes qui utilisent ce levier financier, on retrouve du côté des prêteurs à 73% des personnes qui ont un lien familial avec l’emprunteur. Ces derniers sont à 53% sous statut d’indépendant, le plus souvent avec un profil de commerçant ou d’artisan. L’activité a, elle, généralement été lancée maximum il y a 3 ans. 

Emprunter jusqu’à 250.000 euros

"Le plafond pour l'emprunteur passera de 100.000 à 250.000 euros. Le prêteur pourra lui prêter jusqu'à 125.000 euros, contre 50.000 actuellement."
cabinet Borsus

Derrière ce bilan, il y a évidemment toute une mécanique qui assure l’intérêt économique du système pour les citoyens prêteurs. Si le gouvernement wallon n'a pas joint jusqu’ici sa garantie aux prêts, les choses pourraient changer avec la réforme qui sera validée la semaine prochaine.

Le premier changement concernera les plafonds actuels des montants prêtés et empruntés avec, comme explique le cabinet du ministre Borsus, pour l’emprunteur la possibilité d'aller jusqu'à 250.000 euros de prêt contre de 100.000 pour l'instant. Le particulier pourra lui prêter jusqu'à 125.000 euros, contre 50.000 euros actuellement. Cette hausse des plafonds s’accompagnera d’une révision du crédit d’impôt pour le prêteur avec 4% les deux premières années (contre quatre années actuellement) puis 2,5% les années suivantes. La réforme va également permettre à l’emprunteur de rembourser le prêt en paiements échelonnés, ce qui n’est pas le cas actuellement.

À côté de ces modifications, le ministre cherche à amplifier le système. Deux hypothèses sont sur la table. La Sowalfin pourrait ainsi apporter un euro de prêt public à chaque euro privé emprunté par l’entreprise. L’autre option consiste à accoler la garantie de la Sowalfin à chaque prêt coup de pouce.

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