Publicité

La Wallonie vise 80% de produits recyclables en 2040

©Dominic Verhulst/dotch.be

Cinq députés wallons viennent de déposer une série de recommandations afin de transformer l’économie wallonne en économie circulaire. Un des objectifs est d’arriver à ce que 80% des produits vendus sur le sol wallon soient réparables ou recyclables en 2040.

Comment implanter définitivement l’économie circulaire en Wallonie? C’est à cette question que 5 parlementaires (Philippe Henry pour Ecolo, Marie-Dominique Simonet pour le cdH, Yves Evrard pour le MR, Christie Morreale pour le PS et André-Pierre Puget, indépendant) ont tenté de trouver une réponse. Pendant plus de 10 mois et après avoir été à la rencontre des success stories wallonnes et autres acteurs qui gravitent autour de cette économie vertueuse où le déchet devient une matière première, ces députés ont couché leurs conclusions dans un rapport de plus de 180 pages, façon feuille de route.

En cette fin de législature, l’ouvrage se définit comme un condensé de recommandations et bonnes pratiques à transmettre à la prochaine coalition politique qui gouvernera la Wallonie ces 5 prochaines années.

Conscients des enjeux face à l’urgence climatique, les représentants des 5 partis politiques appellent même le prochain gouvernement à placer l’économie circulaire au centre de son action en créant une sorte de ministère de l’économie circulaire. "La volonté de développer des ambitions en économie circulaire pour la Wallonie nécessite que toutes les compétences ministérielles soient mobilisées et qu’un ministre soit compétent pour la coordination transversale de l’économie circulaire."

"La volonté de développer des ambitions en économie circulaire pour la Wallonie nécessite que toutes les compétences ministérielles soient mobilisées."
rapport

36.000 emplois d’ici 2020

La Wallonie ne part pas de rien et certaines entreprises comme Comet ont déjà une assise dans cette économie en transformant la carcasse des voitures en carburant. Elle est en outre vue comme un levier économique. "Ce modèle est une opportunité économique pour la réindustrialisation de la Wallonie en favorisant une croissance supplémentaire de 1,04% (point/an)", lit-on dans le rapport. Selon une étude d’Agoria et de Sirris citée dans le rapport, d’ici 2020, l’économie belge pourrait créer globalement 36.000 emplois et elle pourrait diminuer de 50% ses émissions de CO2 et de 30% la consommation des ressources primaires d’ici 2030 grâce au développement de l’économie circulaire.

Ce changement de paradigme où les déchets deviennent des matières premières pour les entreprises nécessitera de passer un cap tant à l’échelon des pouvoirs publics que dans la mentalité et le process des entreprises. Les spécialistes estiment cependant que "la transformation d’un modèle linéaire en un modèle circulaire pour une entreprise nécessite entre 5 et 7 années, depuis les premières réflexions jusqu’à l’implémentation de celles-ci."

"Ce modèle est une opportunité économique pour la réindustrialisation de la Wallonie en favorisant une croissance supplémentaire de 1,04% (point/an)."
rapport

Après les tendances lourdes, le rapport lance une série de caps à franchir, dont celui-ci: "En 2040, au moins 80% des produits (par filière) vendus sur le marché wallon doivent être réparables et/ou recyclables." Cet objectif s’accompagne d’une série de recommandations et démarches.

En voici un condensé:

  • Le lancement d’une formation continue de cadres en économie circulaire afin de dynamiser de nouveaux acteurs en économie circulaire;
  • Un rôle d’exemplarité des pouvoirs publics à travers une politique d’achat circulaire, notamment à travers la construction et la rénovation circulaire des infrastructures gérées par les pouvoirs publics. "La construction est le secteur qui dispose de ressources (40% des déchets)."
  • Une fiscalité plus circulaire, différenciant les biens réparables, les biens issus de la réparation, les biens composés d’ingrédients recyclés, les biens recyclables, des biens non réparables;
  • L’instauration d’un label circulaire permettant de faciliter la lisibilité des offres pour les consommateurs;
  • Une restriction des offres incompatibles avec les principes de l’économie circulaire: "La conception, la production et la commercialisation de produits peu ou pas recyclables, et à terme les produits non réparables, devraient être découragées, voire interdites."
  • L’ouverture de ressourceries pour l’ensemble des intercommunales (soit le double par rapport à la situation actuelle). "Cela permettrait d’augmenter l’accès à un gisement pour les acteurs de l’économie sociale."
  • Une coordination régionale lancée par les pouvoirs publics avec les différents acteurs et la conclusion de "greendeals" traduisant des engagements précis.

Ce catalogue va maintenant faire l’objet d’une proposition de résolution qui sera votée par le Parlement wallon avant la fin de la législature. La suite dépendra du prochain gouvernement!

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés