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analyse

Le cdH demande une commission d'enquête parlementaire sur les inondations

Selon le dernier bilan, 37 personnes ont perdu la vie lors des inondations qui ont touché la Belgique. ©BELGA

Le cdH a déposé une proposition de résolution au Parlement wallon afin que soit instaurée une commission d'enquête parlementaire sur les inondations.

Des pluies torrentielles se sont abattues samedi soir en province de Namur et de nombreuses communes ont été touchées par ces intempéries. Les dégâts sont bien moindres que lors de la catastrophe de la mi-juillet, mais cette succession d'inondations pose question. Comment y répondre?

Le chef de groupe cdH, François Desquesnes, a déposé au Parlement wallon une proposition de résolution demandant l'instauration d'une commission d'enquête parlementaire sur les inondations qui viennent de toucher la Belgique.

"On ne peut pas reconstruire ces communes ravagées si on ne comprend pas ce qui s'est passé et si on ne corrige pas les problèmes."
François Desquesnes
Chef de groupe cdH au parlement wallon

Reconstruire intelligemment

Le bilan actuel des intempéries est de 37 décès. Il reste 10 dossiers de personnes potentiellement disparues. Quant aux dégâts matériels, ils sont énormes, avec de nombreuses habitations qui se sont effondrées ou dont l'état exige qu'elles soient abattues.

"Qui voudra encore habiter dans ces quartiers meurtris?"

"Mais on ne peut pas reconstruire ces communes ravagées si on ne comprend pas ce qui s'est passé et si on ne corrige pas les problèmes. Il faut réfléchir à l'aménagement, à la localisation des constructions, mais également aux mécanismes d'alerte et d'évacuation", résume François Desquesnes.

En effet, de nombreux habitants de ces zones sinistrées sont traumatisés et parlent aujourd'hui de partir, de se reloger loin de là, loin de tout cours d'eau. Qui voudra encore habiter dans ces quartiers meurtris?

Chaîne de communication

Quant aux mécanismes d'alerte, le brouillard semble loin d'être totalement levé sur la chaîne de communication. Les décisions du SPW et des diverses autorités publiques, ainsi que la coordination devraient être mises à plat.

Du côté des secours, la question de l'organisation et des équipements se pose.

"Des moyens d'investigation importants"

La commission d'enquête est le procédé utilisé pour les grosses affaires, comme le dossier Nethys, l'affaire Dutroux ou les tueurs du Brabant wallon. Elle agit comme un juge d'instruction, en interrogeant témoins et suspects, en appelant des experts indépendants. Elle pourrait formuler des recommandations, notamment en matière d'aménagement du territoire ou pour des investissements à réaliser sur le réseau hydraulique wallon.

"Mon texte est un projet, on peut discuter des modalités. Mais il me semble impensable de ne pas effectuer ce travail (...)."
François Desquesnes
Chef de groupe cdH au Parlement wallon

"La commission d'enquête offre des moyens d'investigation importants. Les personnes interrogées doivent prêter serment. En termes d'outils et de valeur des travaux, elle permet d'espérer des réponses à la hauteur des attentes", explique François Desquesnes.

Débats en septembre

Quel va être le chemin du projet de texte du cdH? Le texte va être envoyé aux autres groupes politiques. L'auteur du projet va initier des échanges avec ses collègues parlementaires "pour qu'on puisse en débattre en septembre et, dans la foulée, commencer le travail. Mon texte est un projet, on peut discuter des modalités", précise François Desquesnes.

Il se dit confiant au sujet de l'accueil que va recevoir sa proposition, suite à des propos déjà tenus par des représentants de la majorité régionale quant à une volonté de clarifier le déroulement des faits.

"Je ne ferme pas la porte à une commission d'enquête mais cela se fait généralement quand les personnes ne veulent pas répondre, ce qui n'est pas le cas ici."
Manu Disabato
Député wallon Ecolo

"Il faudra des réponses à la rentrée", confirme le député wallon Ecolo Manu Disabato, qui rappelle que le ministre Philippe Henry (Ecolo), en charge notamment du climat, a déjà enjoint le SPW à apporter des clarifications et a demandé une analyse indépendante.

"Mais ce sera à la conférence des présidents de déterminer la forme de notre travail. Je ne ferme pas la porte à une commission d'enquête, mais cela se fait généralement quand les personnes ne veulent pas répondre, ce qui n'est pas le cas ici. Il faut néanmoins pouvoir réaliser une analyse transversale, à travers les différentes compétences."

Le résumé

  • Après la catastrophe causée par les inondations de la mi-juillet, des pluies torrentielles ont encore causé des dégâts ce week-end.
  • Le cdH propose une commission d'enquête parlementaire pour repérer les dysfonctionnements ayant mené à la catastrophe et les corriger.
  • Les parlementaires vont devoir s'accorder sur la forme et le contenu de cette enquête qui s'avère nécessaire.

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