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Le centre régional de crise wallon n'est qu'une courroie de transmission

Lors des inondations de la mi-juillet (ici, à Rochefort), la phase provinciale de crise a successivement été déclenchée par les gouverneurs de Liège, de Namur, du Luxembourg puis du Brabant wallon. ©BELGA

Alors que de nombreuses interrogations demeurent sur la façon dont les inondations ont été gérées en Wallonie, le centre régional de crise clarifie son rôle.

Après trois semaines, le centre régional de crise de Wallonie (CRC-W) sort enfin de son mutisme. L’occasion pour Simon Riguelle, son directeur, de clarifier son rôle et ses missions dans une catastrophe comme les inondations que la Wallonie a subies mi-juillet. "Nous sommes un simple relais entre celui qui produit les alarmes et celui qui les reçoit", souligne-t-il. "Nous ne retravaillons pas l’information, nous n’analysons pas la nature de l’alarme. La seule chose que nous faisons, quand nous recevons plusieurs messages simultanés, c’est de voir lesquels traiter en priorité."

"Nous sommes un simple relais. Nous ne retravaillons pas l'information, nous n'analysons pas la nature de l'alarme."
Simon Riguelle
Directeur du Centre régional de crise de Wallonie

En cas d’inondations, c’est la direction de la gestion hydrologique du Service public de Wallonie (SPW), chargée du suivi et de la prévision des crues et des inondations en Wallonie, qui a la responsabilité d’activer la phase de préalerte ou d’alerte, et d’informer en priorité le CRC-W.

Le CRC-W doit alors transmettre ces messages via le système Be-Alert sous la forme d’un SMS et d’un email aux zones de secours, aux communes, au centre national de crise, aux gouverneurs concernés et à la Société wallonne des eaux. S’il s’agit d’une alerte et non d’une préalerte, les zones de secours et les services des gouverneurs sont, en outre, contactés par téléphone pour s’assurer qu’ils ont bien reçu le message.

Une réaction rapide

Selon le centre de crise, la première alerte de crue est arrivée le 14 juillet à 6h01 (et non 6h04, comme nous l’avons écrit précédemment). Elle concernait le bassin de la Vesdre. Dans les minutes qui ont suivi, cinq autres messages de la direction de la gestion hydrologique annoncent le passage en phase de préalerte sur cinq autres sous-bassins.

"La première alerte arrive à 6h01. Les zones de secours et les gouverneurs sont joints par téléphone à 6h15 ou 6h16. Et les alertes via Be-Alert sont envoyées à 6h22."
Simon Riguelle
Directeur du Centre régional de crise de Wallonie

Le CRC-W emploie 10 personnes. Une permanence est assurée 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, avec le soutien d’un call center extérieur qui, en cas de besoin, appelle l’agent de garde. "À 6h12, l’agent de garde est prévenu", raconte Simon Riguelle. "Et d’après les informations que nous avons pu récolter, les zones de secours et les services des gouverneurs ont pu être joints par téléphone à 6h15 ou 6h16. Les alertes via Be-Alert sont, elles, envoyées à 6h22.»

Pas de consignes aux autorités locales

La suite ne relève plus guère des compétences du centre régional de crise. La sécurité civile est en effet du ressort du ministre de l’Intérieur ou de son délégué, à savoir le gouverneur ou le bourgmestre. La Région wallonne n’est pas compétente en la matière et n’a pas de pouvoir d’injonction envers les autorités compétentes, souligne la porte-parole du CRC-W.

Mais comment les bourgmestres ou les gouverneurs doivent-ils alors décider s’ils procèdent ou non à des évacuations, par exemple? "C’est à l’autorité qui passe en phase d’alerte d’assurer une coordination multidisciplinaire", répond Simon Riguelle. En clair, donc, c’est à la commune ou à la province de faire appel aux experts nécessaires pour voir comment agir.

Le centre régional de crise représente toutefois la Région wallonne au sein des cellules de crise provinciales ou communales, et est donc censé répondre aux demandes formulées. Une fois la phase d’alerte ou de préalerte de crue envoyée, il transmet ainsi régulièrement des informations concernant la situation des eaux et l’évolution attendue pour les prochaines heures. Des informations venues, à nouveau, de la direction de la gestion hydrologique du SPW.

"Nous ferons le débriefing certainement début septembre."
Simon Riguelle
Directeur du Centre régional de crise de Wallonie

Et le 14 juillet dernier, une fois les phases provinciales déclenchées, le CRC-W annonce avoir délégué un agent dans les cellules de crise des gouverneurs. Mais là encore, il joue simplement la courroie de transmission. "En cas d’inondations, la direction de la gestion hydraulique a aussi une permanence pour fournir des analyses complémentaires ou des interprétations", indique Simon Riguelle, qui ne souhaite toutefois pas aller trop dans le détail, vu l’analyse qui doit être faite par un bureau d’études externe sur la gestion de la crise survenue mi-juillet.

Au centre régional de crise, on procède, après chaque événement, à un debriefing. Une démarche qui fait partie du processus d’amélioration des procédures utilisées, à savoir une procédure générale, qui peut être utilisée pour tout type d’événement, et plusieurs procédures spécifiques, notamment pour les crues, les situations hivernales ou les pics de pollution, qui viennent préciser les choses. Le debriefing sur les inondations de juillet dernier n’a toutefois pas encore eu lieu. "Il va s’inscrire dans une démarche plus large et nous le ferons certainement début septembre", indique Simon Riguelle. "Mais comme toutes les actions sont documentées, ce n’est pas un problème."

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