Le chef de cabinet de Prévot visé par la justice

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La justice namuroise s’intéresse au rôle qu’aurait pu jouer le chef de cabinet du ministre Maxime Prévot (cdH) dans le dossier du casino de Namur.

Le passé de Philippe Buelen, et ses nombreuses casquettes, refait surface. Mercredi après-midi, la justice namuroise a procédé à des perquisitions (GSM, ...) au cabinet du ministre Maxime Prévot (cdH). L’information, donnée par la RTBF, a par la suite été confirmée par le ministre. D’après les premiers éléments, c’est Philippe Buelen, l’actuel chef de cabinet du ministre, qui est visé par les devoirs d’enquête. Outre son bureau chez le ministre, son ancien bureau à la ville de Namur a également été visité.

Tout indique que les enquêteurs s’intéressent au rôle que Philippe Buelen aurait pu jouer dans le projet de rénovation du casino de Namur; projet pour lequel une demande de permis a été introduite auprès des services de la Ville de Namur. Mais pour bien comprendre cette affaire, il faut se replonger dans les nombreux mandats qu’exerçait Philippe Buelen il n’y a pas encore si longtemps.

               -> C'est quoi le dossier Casino?

On remonte jusqu’en 2012. Chef de cabinet d’André Antoine sous la précédente législature, les deux hommes se disputent. Philippe Buelen claquera la porte en 2012. Il ne quittera pourtant pas tout à fait Namur. Repéré par Maxime Prévot, il rejoint les services du bourgmestre de la Ville de Namur en 2013. Il est engagé comme expert spécialisé dans la chasse aux subsides. "J’avais besoin de quelqu’un qui sache à quelle porte frapper. Parce que j’ai, à mon niveau, mon petit réseau. Mais Philippe en possède un bien plus large que le mien!", expliquait Maxime Prévot à "Sudpresse" en février 2013.

Le mandat de trop

La suite est potentiellement vénéneuse. À côté de son poste d’expert chez le bourgmestre Prévot, Philippe Buelen acceptera quelques mois plus tard un mandat rémunéré d’administrateur chez Immo Circus. Le groupe, spécialisé dans les jeux de hasard, est notamment propriétaire du casino de Namur.

Il était encore récemment administrateur à la Sofico, à la SRIW, la Sowalfin et chez New Win, filiale du groupe Nethys. Pris dans la tourmente Publifin, il présenta sa démission fin janvier de la plupart de ses mandats dont celui dans le groupe privé Circus, qu’il lâchera fin février.

C’est ce lien entre ses fonctions à la Ville de Namur, qu’il n’exerce plus depuis qu’il a été nommé chef de cabinet du ministre Prévot en juillet 2014, et son mandat privé chez Immo Circus, qui intéresse la justice. Le casino de Namur, exploité par le groupe Circus, a introduit l’année dernière un permis unique auprès de la Ville de Namur pour d’importants travaux de rénovation et d’agrandissement (il est question de construire un luxueux hôtel). Cette histoire fleure le conflit d’intérêts. A-t-il profité de son ancienne position pour pousser le dossier?

Des cumuls dangereux

La suite ne dit pas non plus si la justice s’arrêtera à Philippe Buelen. Elle pourrait aller gratter du côté de chez Maxime Prévot. Il ne faut pas oublier que le ministre est aussi bourgmestre empêché de la Ville de Namur.

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