Le chômage wallon au plus bas depuis 2002

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Pour le treizième mois consécutif, le chômage a baissé durant le mois de juillet en Wallonie. Il continue cependant à toucher 15,8% de la population active du sud du pays.

Le chômage reste "LE" problème wallon. Ce n’est pas un secret. La Wallonie demeure la Région de Belgique qui compte le nombre le plus élevé de demandeurs d’emploi. Dans sa dernière livraison de statistiques, le Forem comptabilise 248.516 demandeurs d’emploi inoccupés. C’est 15,8% de la population active du sud du pays. À titre de comparaison, la Flandre (qui abrite 3 millions d’habitants de plus que la Wallonie) totalise 245.000 chômeurs, soit 8% de sa population active.

"Même si la reprise conjoncturelle n’est pas flagrante, elle est là."
Jean-Marc Manfron
Forem

La situation est donc préoccupante. Mais au-delà de ce chiffre absolu, les statisticiens du Forem pointent une courbe du chômage en baisse depuis plusieurs mois en Wallonie. À la fin juillet 2015 par exemple, la baisse est de 5,3% par rapport à juillet 2014, soit 14.000 personnes en moins. Il y a un an, en juillet 2014, le chômage concernait 16,7% de la population active. "Pour un mois de juillet, il faut remonter à 2002 pour retrouver un tel niveau, fait remarquer Jean-Marc Manfron, responsable des analystes du marché de l’emploi au Forem. Même si la reprise conjoncturelle n’est pas encore flagrante, elle est là. Les activités intérimaires sont orientées à la hausse depuis un an. On peut véritablement parler d’un mouvement de reprise."

Un autre indicateur mis en avant par le Forem est la gestion des offres d’emploi: 10.030 offres en juillet 2015, soit une hausse de 18% par rapport au mois de juin 2014.

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Baisse chez les jeunes

C’est chez les jeunes que la tendance est la plus flagrante. "Les chiffres sont en baisse depuis 2013. À vrai dire, excepté la catégorie des plus de 50 ans qui stagne, toutes les autres évoluent à la baisse." Chez les moins de 25 ans par exemple, la chute est de 8,2%.

Avec ces bons chiffres, la Wallonie est même revenue à son niveau d’avant crise. Prenons la crise de la dette souveraine de 2011. Le chômage pointait alors son nez à 253.299 unités en juillet. Et la crise bancaire de 2008: environ 250.000 unités.

Pourquoi une telle évolution? "L’effet est conjoncturel", note le responsable des analystes du Forem. L’embellie touche en particulier l’emploi chez les jeunes.

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Le nombre de jeunes de moins de 25 ans inscrits pour la première fois après leurs études est aussi en diminution. Cette situation se traduit par une arrivée plus tardive des jeunes sur le marché de l’emploi suite à un séjour à l’étranger ou une prolongation des études.

46% des chômeurs n’ont pas fini le secondaire

Il n’y a pourtant pas lieu de trop se satisfaire. Derrière cette tendance positive, la réalité wallonne est interpellante. Et inquiétante… Le principal handicap de la Wallonie est lié à l’éducation. "Il y a beaucoup plus de personnes peu qualifiées par rapport à la Flandre", s’inquiète Jean-Marc Manfron.

Près de la moitié des chômeurs wallons sont peu qualifiés. Sur les 248.516 chômeurs comptabilisés en juillet, 46% n’ont pas terminé leurs études secondaires. "Le défi se situe au niveau de l’enseignement et de l’éducation." Ce défi est celui de toute une société: les écoles, le monde politique et les parents!

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