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Le coût du soutien à l'électricité verte augmente en Wallonie

©BELGA

Le niveau de soutien à l’électricité verte en Wallonie atteint 113,5 euros par MWh en 2018, une hausse de 4% par rapport à 2017, montre un rapport de la Cwape publié vendredi.

Malgré toutes les mesures prises ces dernières années pour contrôler l’explosion des subsides aux énergies vertes en Wallonie, le niveau de soutien moyen octroyé a augmenté, montre le rapport annuel de la Cwape, le régulateur wallon du secteur énergétique, sur les certificats verts. Il a atteint 113,5 euros par MWh en 2018, une augmentation de 4% par rapport à 2017.

"Deux grosses installations qui produisaient beaucoup avec peu de soutien sont sorties des statistiques."
Pierre-Yves Cornélis
conseiller à la Cwape

L’explication? Ces statistiques ne reprennent que les installations qui bénéficient d’un soutien. Or en 2018, deux grosses installations sont arrivées à la fin de la période de 15 ans d’octroi de certificats verts: la cogénération fossile d’Innovyn, sur l’ancien site de Solvay à Jemeppe-sur-Sambre (94,5 MW), et celle de la raffinerie de Wanze (12,5 MW). "Ce sont deux grosses installations qui produisaient beaucoup avec peu de soutien", explique Pierre-Yves Cornélis, conseiller senior à la Cwape.

À l’inverse, les nouvelles installations mises en service sont essentiellement photovoltaïques et éoliennes – deux filières qui bénéficient de niveaux de soutien importants. En 2018, 263 sites photovoltaïques de plus de 10 kW ont ainsi été inaugurés, pour un total de 40 MW. Et 8 nouveaux parcs éoliens ont été mis en service, pour une puissance totale de 57 MW.

Le niveau de soutien par filière, lui, est en baisse, sauf pour les installations de cogénération fossile de qualité, qui sont reprises dans les statistiques d’électricité verte. Pour le photovoltaïque, il est passé de 351,39 euros par MWh en 2017 à 269,11 euros par MWh en 2018, tandis que pour l’éolien, il a reculé légèrement, passant de 66,74 euros par MWh en 2017 à 65,94 euros par MWh en 2018.

Le nombre de certificats verts octroyés est lui aussi en hausse.

Le nombre de certificats verts octroyés est lui aussi en hausse. Une évolution qui s’explique, à nouveau, par la modification du mix énergétique des installations subventionnées, mais aussi par une année exceptionnellement ensoleillée, qui a conduit à une production record, et donc à davantage de certificats verts accordés par MW installé.

Au total, le soutien alloué à l’électricité verte en 2018 est estimé à 575 millions d’euros en 2018, dont 55% pour la filière photovoltaïque, 24% pour la biomasse, 20% pour l’éolien, 0,8% pour la cogénération fossile et 0,8% pour l’hydraulique, une baisse de 1,6% par rapport à 2018.

Un futur incertain

La grande question: les sites qui ne bénéficient plus d’un système de soutien continuent-ils à produire? Sans cela, la Wallonie ne pourra pas atteindre ses objectifs européens. "Nous n’avons pas de certitudes en la matière, répond Pierre-Yves Cornélis, puisque nous ne disposons pas de ces statistiques. Les cogénérations fossiles dans l’industrie vont probablement continuer à tourner. La biomasse, elle, peut difficilement produire sans soutien. L’hydraulique, qui a fonctionné une vingtaine d’années sans subsides, devrait continuer. Pour l’éolien, c’est plus compliqué. Les premiers sites sont démantelés parce qu’ils ne tournaient plus bien. Et pour ceux qui vont suivre, le coût d’entretien risque d’être plus élevé que les revenus dégagés par la production d’électricité. On espère que cela s’améliorera avec les parcs plus récents."

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