Le député Antoine évoque une "faillite" de la Fédération

André Antoine (cdH).

Député de l’opposition cdH, André Antoine a passé à la loupe les finances de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il parle d’une "faillite politique annoncée".

Vieux briscard en politique et ancien grand argentier en Région wallonne, André Antoine, aujourd’hui député cdH dans l’opposition, a passé au crible l’état des finances de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). Au lendemain du conclave de la FWB qui a vu le gouvernement PS-MR-Ecolo acter un déficit de 508 millions en 2019 pour plonger jusqu’à 708 millions en 2020, le député parle d’une faillite virtuelle pour l’institution. "La Fédération Wallonie-Bruxelles va au-devant de graves difficultés. La faillite sera d’abord politique avant d’être comptable."

Un déficit de 106%

Certains pourraient évidemment qualifier d’excessifs les propos venant d’un membre de l’opposition. André Antoine se montre, lui, disposé à ouvrir ses livres. Dans une note de 25 pages, il tente de démontrer que le déficit de la Fédération va continuer à s’accroître pour représenter en fin de législature 12,4 milliards contre un budget recettes attendues en 2024 de 11,637 milliards. "Cela représente 106% du rapport des dettes recettes totales."

"La Fédération va au devant de graves difficultés. La faillite sera d’abord politique avant d’être comptable."
André Antoine
Député à la FWB

Sa démonstration part des dernières projections réalisées par le centre de recherches en économie régionale et politique économique (CERPE) de l’université de Namur. "Mais les perspectives budgétaires établies par le CERPE en mai de cette année étaient fondées sur un taux de croissance de 1,3%. On est à 1% aujourd’hui. Le CERPE fixait également le déficit 2019 à 192 millions contre les 508 millions annoncés par le gouvernement." Bref, l’actualisation des paramètres du CERPE met, selon André Antoine, la Fédération dans un état financier encore plus critique. "Un résultat qui sans forcer le trait nous paraît peu réaliste voir impossible parce qu’elle suppose que durant toute cette législature la Fédération ne lancera aucune politique nouvelle", regrette-t-il.

À côté de cette épée de Damoclès, André Antoine s’inquiète de l’évolution des recettes de la Fédération liées à la clé de répartition des élèves entre la communauté flamande et francophone. "Cette clé ne cesse de se dégrader. En 2006, elle s’établissait à 43,07% pour ne représenter que 42,47% en 2020", croit-il savoir.

Surendettement

"La réforme des milieux d’accueil de la petite enfance devrait coûter 130 millions mais seulement 20 millions seulement sont disponibles dans le budget."
André Antoine

Du côté des dépenses, l’ancien ministre du Budget à la Région wallonne pointe différentes politiques dont l’estimation des coûts est discutable voire tout simplement inexistante. "La réforme des milieux d’accueil de la petite enfance n’est pas prise en compte par les estimations du CERPE. Cette réforme devrait coûter 130 millions mais seulement 20 millions seulement sont disponibles dans le budget. En page 15 de l’accord politique de la FWB, la nouvelle majorité affiche aussi des ambitions fortes en matière de gratuité des repas de midi au niveau de l’enseignement fondamental. Un budget de 25 millions a même été avancé mais actuellement aucun budget n’est avancé", observe André Antoine.

Qui poursuit: "Le refinancement de l’enseignement supérieur est aussi une question cruciale. Vincent Blondel (recteur de l’UCLouvain) réclame un refinancement de 150 millions pour la législature en faveur de toutes les universités. Le gouvernement a lui annoncé lors de son conclave une provision de 5 millions. On est loin des besoins demandés par les universités."

Bref, pour André Antoine, l’avenir s’assombrit.

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