Publicité

Le foncier au coeur de la stratégie de Liege Airport

Un partenariat quelque peu risqué financièrement pour l'aéroport wallon, selon son directeur Frédéric Jacquet. ©Luik c Valentin Bianchi - Hans Lucas

Un accord avec la Société wallonne des Aéroports (Sowaer) va permettre à l'aéroport de Liège de garder la main sur le développement du foncier et l'accueil des investisseurs.

400
hectares
Au-delà des deux pistes et des installations actuelles, l'aéroport de Liège dispose d'une réserve foncière de près de 400 hectares pour le développement et l'accueil de nouveaux investisseurs.

L’opération est technique mais surtout stratégique pour le futur de l’aéroport de Liège. Ce jeudi, les responsables de Liege Airport et la Société wallonne des Aéroports (Sowaer) ont présenté les détails du nouveau partenariat qui doit baliser le développement de l’aéroport.

7.000 emplois en plus d'ici 2040

Ce n’est plus un secret, l’ambition de Liège à travers son master plan 2040 vise une croissance de 4% en tonnage par an en moyenne pendant les 20 prochaines années, ceci après avoir enregistré une croissance de 8% par an sur les vingt dernières. De quoi dépasser les 2,4 millions de tonnes en 2040. La hausse de l’activité pourrait ainsi générer plus de 7.000 emplois dans les 20 prochaines années pour atteindre 16.600 emplois directs et indirects.

"Ce foncier disponible est unique pour un aéroport sur le plan européen."
Frédéric Jacquet
Directeur de l'aéroport de Liège a.i.

Sur papier, le projet est évidemment ambitieux et l’aéroport peut compter sur un foncier disponible d’environ 400 hectares brut pour y parvenir. "Ce foncier disponible est unique pour un aéroport sur le plan européen", ne manque d’ailleurs pas de souligner Frédéric Jacquet, le directeur général ad intérim de l’aéroport. Mais il restait visiblement un grain de sable à régler entre la Sowaer et Liege Airport: la maîtrise du foncier et une clarification des rôles.

"Au travers du partenariat, Liege Airport met donc à profit sa mission d’exploitant de l’aéroport de Liège et son approche commerciale tandis que la Sowaer apporte son expertise technique pour la poursuite de la réalisation des infrastructures en tant qu’équipementier de la plateforme aéroportuaire", stipulent les deux parties.

Garder la maîtrise du terrain

"C’est le meilleur moyen d’être certain de garder la main sur cette grande couronne et d’être certain que les investisseurs qui arriveront ici s’inscrivent dans la philosophie du master plan de l’aéroport."
Frédéric Jacquet
Directeur de l'aéroport de Liège a.i.

Concrètement, quand une zone de développement économique située à proximité de la piste ou dans la deuxième ou troisième couronne autour de l’aéroport sera viabilisée par la Sowaer, qui reste propriétaire des terrains, elle sera transférée à l’aéroport sous le régime d’un bail emphytéotique. "C’est le meilleur moyen d’être certain de garder la main sur cette grande couronne et d’être certain que les investisseurs qui arriveront ici s’inscrivent dans la philosophie du master plan de l’aéroport", assure Frédéric Jacquet.

Seules les activités de support à l’aérien et présentant une plus-value pour l’exploitation de l’aéroport, seront admises, en ce compris les espaces de bureaux. "L’objectif de Liege Airport est de pouvoir démarcher des clients actifs dans le secteur aérien en leur proposant un package global en phase avec la continuité de la chaîne logistique, à savoir une implantation permettant d’exercer leurs activités de fret aérien en première ligne avec un accès direct aux pistes 24h/24 et de mobiliser les services de deuxième et troisième lignes assurant la redistribution du fret aérien par voie terrestre au cœur du triangle d’or de l’Europe occidentale", expliquent Liege Airport et la Sowaer.

Risque financier à charge de l'aéroport

Cet accord, précise Frédéric Jacquet, n’est pas sans risque financier pour l’aéroport. "Dès qu’une zone sera viabilisée par la Sowaer, elle sera transférée à Liege Airport via un paiement one shot et donc bien avant que cette zone soit commercialisée. C’est donc nous qui supporterons les risques financiers si nous n’arrivons pas à trouver un investisseur ou un locataire."

591
millions d'euros
Les responsables de l'aéroport évaluent à 591 millions le coût global pour la mise en œuvre de l'ensemble du master plan.

Du côté de la Sowaer, on s’y retrouve aussi et l’accord doit permettre d’accélérer la viabilité des terrains grâce aux recettes escomptées par les versements financiers de Liege Airport et un partage des bénéfices "prévu par le biais d’un mécanisme d’intéressement en faveur de la Sowaer". Si bien que "les activités de la Sowaer en lien avec l’équipement des terrains visent le principe de l’autofinancement de telle sorte à permettre la poursuite immédiate des prochaines phases de viabilisation selon la programmation établie conjointement".

24.000 m² de nouveaux halls

A côté de cette étape stratégique, l’aéroport poursuit la mise en œuvre de son master plan avec le lancement des études de développement de la zone nord. L’objectif est d’implanter de nouveaux halls logistiques sur près de 24.000 m² à côté de l’entrepôt d’Alibaba (30.000 m²). Les responsables de l’aéroport évaluent à 591 millions le coût global pour la mise en œuvre de l’ensemble du master plan.

Le résumé

  • À travers son master plan 2040, Liege airport vise une croissance de 4% en tonnage par an en moyenne pendant les 20 prochaines années.
  • L'aéroport devrait aussi créer 7.000 emplois.
  • Pour y parvenir, il peut compter sur une réserve foncière de 400 hectares.
  • Un nouveau partenariat conclu avec la Sowaer permet à Liege airport de garder la maîtrise du foncier.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés