"Le Forem ne fait pas son boulot"

©Thierry du Bois

Devant cette nouvelle journée d'actions des syndicats, Olivier De Wasseige, le patron de l'Union wallonne des entreprises, estime que le véritable problème est le sous-emploi en Wallonie. "Ce n’est pas devant les bureaux de la FEB ou de l’UWE qu’il faut manifester aujourd’hui mais devant ceux du Forem. Le Forem ne fait pas son boulot."

Devant ce qui s’annonce comme une nouvelle journée de bras de fer entre patrons et syndicats, le patronat wallon contre-attaque. Certains y verront un contre-feu, mais devant la colère des manifestants, Olivier De Wasseige, le directeur de l’Union wallonne des entreprises (UWE), entend replacer le débat sur ce qui est à ses yeux le véritable problème qui envenime les relations entre travailleurs et entreprises.

"Le problème aujourd’hui c’est le sous-emploi en Wallonie", assure-t-il. "Qu’on se batte pour le pouvoir d’achat, je peux évidemment le comprendre. Nous ne demandons pas mieux, nous entreprises, que nos travailleurs aient un meilleur pouvoir d’achat et on se rend bien compte que certaines situations sont difficiles pour les gens, mais nous ne sommes pas responsables des taxes. C’est l’emploi qui finance la sécurité sociale. En restant dans une situation de sous-emploi, on ne génère pas de meilleurs revenus. C’est une spirale positive qu’il faut aujourd’hui créer. On doit mettre l’accent sur la remise à l’emploi des personnes au chômage."

Ce n’est pas devant les bureaux de la FEB ou de l’UWE qu’il faut manifester aujourd’hui mais devant ceux du Forem. Le Forem ne fait pas son boulot.
Olivier De Wasseige
patron de l'UWE

Face à cet état des lieux qui devrait, selon lui, être partagé par les organisations syndicales, Olivier De Wasseige va jusqu’à affirmer que les manifestants se trompent de cible. "Ce n’est pas devant les bureaux de la FEB ou de l’UWE qu’il faut manifester aujourd’hui, mais devant ceux du Forem. Le Forem ne fait pas son boulot ."

 

Un frein pour les patrons

Si la position de l’UWE face au Forem n’est pas neuve, Olivier De Wasseige estime qu’il est plus que temps que le Forem s’active pour former les demandeurs d’emploi dans les filières des métiers en pénurie. "Aujourd’hui, j’entends des patrons me dire que la croissance de leur entreprise est freinée par les difficultés à trouver des travailleurs. Il faut dire ce qu’il est: le Forem forme moins de 10.000 demandeurs d’emploi aux métiers en pénurie en Wallonie. Cela représente moins de 5% des demandeurs d’emploi en Wallonie. Alors oui, devant ce constat, je dis que le Forem ne fait pas son boulot. Il faut plus de personnes au Forem qui soient dédicacées à l’accompagnement et aux entreprises et diminuer les tâches du back-office."

Derrière cette attaque frontale face au Forem, le patronat wallon met ce qu’il pourrait définir comme des anomalies. "Pour l’accompagnement des demandeurs d’emploi par exemple, il faut arrêter de se limiter à un simple bilan de compétence déclaratif. Ce bilan doit être objectivé." Olivier De Wasseige pointe également les mesures coups de poing lancées par le ministre de l’Économie et qui permettent aux entreprises d’organiser elles-mêmes la formation des demandeurs d’emploi. "C’est une façon de contrebalancer les actions du Forem. Aujourd’hui, si une entreprise ne trouve pas auprès du Forem une réponse adéquate pour la formation des demandeurs d’emploi, elle peut faire venir elle-même des formateurs. C’est la preuve qu’il y a un problème d’adéquation. Il faut pourtant rappeler que le taux d’emploi en Wallonie est de 62% contre 80% en Allemagne."

La hausse salariale ne doit pas freiner les entreprises

Concernant les revendications des syndicats en matière de hausse salariale, Olivier De Wasseige rappelle qu'il existe déjà l’indexation en Belgique. " Je ne ferme pas la porte pour des hausses salariales au-delà de l'indexation mais il est important de garder nos entreprises compétitives face à la concurrence étrangère. Or, en bloquant des entreprises comme aujourd’hui, on se tire une balle dans le pied. La paix sociale doit être un préalable or je rappelle qu’il y a deux fois plus de jours de grève en Wallonie qu’en Flandre"

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