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Le Forem prépare sa refonte pour mieux encadrer les chômeurs

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Le Forem lance une refonte de son mode de fonctionnement, avec la disparition de la majorité des postes de contrôleur et le renforcement de l’accompagnement des chômeurs.

Après un jeudi consacré à la Communauté française, les négociateurs PS et Ecolo ont repris la direction de Namur vendredi. Comme à Bruxelles la veille, la journée s’annonçait chargée. Au menu, 5 réunions regroupant une cinquantaine d’acteurs de la société civile répartis dans différents chapeaux (acteurs pour la vision pour la Wallonie, acteurs de la déclaration non gouvernementale, acteurs du climat et acteurs du monde de l’économie).

Le travail qui s’articule autour du cœur de programme rédigé par le PS et Ecolo se poursuivra jusqu’à dimanche 16h, avec la remise des propositions par les acteurs. Cette première étape franchie, PS et Ecolo devraient ensuite transmettre rapidement un embryon remanié de la future déclaration gouvernementale aux 75 députés du Parlement wallon. La suite? À ce stade, il est très difficile d’y voir clair. PS et Ecolo espèrent secrètement qu’une poignée de députés des autres partis se rallieront à leur projet afin de disposer d’une majorité suffisante au Parlement.

En attendant que le brouillard se dissipe, certains acteurs ne sont pas venus les mains vides à leur rendez-vous. Le Forem a ainsi profité de sa rencontre pour remettre aux négociateurs les bases de sa refonte. Intitulé "Vision 2020-2025", le document se veut une réponse "pour faire face aux défis du marché de l’emploi et de la formation". Marie-Kristine Vanbockestal, l’administratrice générale du Forem y voit "un travail d’introspection du comité de direction".

Sans parler de révolution ni de rupture complète, la patronne du Forem ouvre la voie à "une réforme de l’accompagnement". Le point figure d’ailleurs dans les lignes directrices soumises par le PS et Ecolo à la société civile.

Fusion des deux métiers du Forem

Concrètement, à quoi faut-il s’attendre? Le nouveau modèle que veut mettre en place le Forem s’inspire de son cousin flamand le VDAB. Il repose essentiellement sur un basculement dans l’organigramme qui entoure le chômeur en regroupant les deux métiers de base du Forem. "C’est un modèle où les fonctions de contrôle et d’accompagnement disparaissent au profit d’une seule fonction, celle de l’évaluation du demandeur d’emploi. Les conseillers du Forem auront la capacité de contrôler le demandeur d’emploi par rapport à son comportement de recherche d’emploi et donner un avertissement si la personne ne fait pas ce qu’il faut. Dans le cas où cet avertissement se transforme en carton rouge, le dossier sera transmis aux quelques contrôleurs qui seront restés en place."

Derrière ce basculement, l’administratrice générale du Forem espère gagner en efficacité dans la remise à l’emploi des chômeurs. D’abord parce qu’au niveau du personnel du Forem, environ 120 des 180 contrôleurs vont glisser vers cette fonction évaluative. "Nous aurons ainsi plus de conseillers". Marie-Kristine Vanbockestal veut également améliorer l’accompagnement notamment grâce à la digitalisation du Forem. "La technologie sera plus présente. Il y aura de l’e-coaching pour les demandeurs d’emploi plus autonomes. Cela doit nous permettre de dégager du temps pour renforcer l’accompagnement des demandeurs d’emploi moins autonomes, avec plus de rencontres auprès des conseillers." Cette étape passera inévitablement par l’arrivée du big data et d’outils s’appuyant sur le machine learning, par un renforcement des compétences numériques des agents du Forem et enfin par une automatisation de certaines tâches.

Finies les convocations annuelles

Et pour le chômeur? Mieux encadré tout au long de son parcours au Forem, le demandeur d’emploi ne sera plus convoqué annuellement afin de vérifier sa disponibilité. Cette tâche sera indirectement confiée au conseiller, qui se chargera de vérifier cette disponibilité tout au long de l’accompagnement du chômeur. "Mais le conseiller ne prononcera jamais de sanction financière. Il y aura toujours une série de contrôleurs chargés de sanctionner les demandeurs d’emploi."

Reste un défi! Pour mener à bien cette réforme, Marie-Kristine Vanbockestal attend une adhésion du personnel. "On se donne 18 mois pour concrétiser ces changements. Mais pour y parvenir, il faut convaincre nos conseillers d’adhérer au modèle. Cela ne peut se faire que par une concertation pédagogique avec le personnel. C’est la clé de la réussite de cette refonte."

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