"Le gouvernement ne peut pas tout" pour relancer la Wallonie

Les actions retenues par le conseil stratégique brassent large avec par exemple une attention particulière à la formation ou la rénovation énergétique des bâtiments. ©Photo News

Le ministre-président wallon Elio Di Rupo estime que sans une mobilisation de tous les acteurs, il sera difficile pour le gouvernement de redresser la Wallonie.

La conférence de presse orchestrée à Namur ce mercredi après-midi en respectant les précautions sanitaires a mis fin à un travail gigantesque de plusieurs mois. Entre les mains du ministre-président wallon Elio Di Rupo (PS), un rapport de 400 pages rédigé par neuf professeurs d’université et remis par Mathias Dewatripont, le président du conseil stratégique.

51 actions pour la Wallonie

Le volumineux document contient un ensemble de propositions destinées à faire de la Wallonie "une région résolument tournée vers une prospérité plurielle et une équité intergénérationnelle". Les idées s'articulent autour de cinq axes d'actions déclinés en 18 mesures et 51 actions.

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Le rapport du conseil stratégique balise 51 actions à entreprendre afin de redresser la Wallonie.

Pour Mathias Dewatripont, professeur à l’ULB et ancien vice-gouverneur de la BNB, l’analyse de toutes les idées remontées des experts s’est faite suivant une méthode scandinave. "On a pu réfléchir en toute indépendance académique." Au gouvernement maintenant d’en prendre connaissance et d’en tirer des conclusions plus politiques afin de finaliser un rapport qui donnera naissance à un plan de relance pour la Wallonie.

"Ne nous demandons plus ce que la Wallonie peut faire pour nous, mais demandons-nous ce que nous pouvons faire pour la Wallonie."
Elio Di Rupo (PS)
Ministre-président de la Région wallonne

Les actions retenues par le conseil stratégique brassent large avec par exemple une attention particulière à la formation, une stratégie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, la rénovation énergétique des bâtiments, la mobilisation de l'épargne privée ou encore la création de réseaux locaux de santé. Afin d’assurer la soutenabilité environnementale, les experts insistent sur l’intérêt de créer un budget carbone. "Il s’agit d’arriver à faire des économies pour continuer à dépenser là où c’est nécessaire", explique Mathias Dewatripont. Au niveau du développement économique, il insiste sur l’importance des marchés publics pour créer de l’emploi.

Appel à la mobilisation

Pièce stratégique dans le processus de relance du sud du pays, ce plan va maintenant faire l’objet d’une analyse minutieuse de la part du gouvernement wallon, assure Elio Di Rupo. "Avant de prendre sa décision finale pour que la Wallonie se relance et se réinvente, le gouvernement devra intégrer d’autres éléments comme les 24 projets retenus dans le cadre du volet wallon du plan de relance européen, pour un budget de 1,5 milliard d'euros." Di Rupo ajoute que le gouvernement "prendra également en considération les 2,47 milliards destinés à la mise en place d'un plan de transition et inclura enfin les mesures prises dans le cadre du Fonds social européen (FSE) et du Fonds européen de Développement régional (FEDER), avec des projets sélectionnés par un jury indépendant pour un montant de 750 millions pour chaque fonds".

"Il nous faudra aussi le volontarisme et le soutien de tous ceux qui opèrent sur le terrain wallon, des patrons et des syndicats, du monde de l’éducation."
Elio Di Rupo (PS)
Ministre-président de la Région wallonne

Le ministre-président s’est cependant montré lucide. "Le gouvernement ne peut pas tout. Tous ces projets du gouvernement ne suffiront pas. Il nous faudra aussi le volontarisme et le soutien de tous ceux qui opèrent sur le terrain wallon, des patrons et des syndicats, du monde de l’éducation. Pour paraphraser l’ancien président américain John Fitzgerald Kennedy, ne nous demandons plus ce que la Wallonie peut faire pour nous, mais demandons-nous ce que nous pouvons faire pour la Wallonie. On doit créer un mouvement qui crée de l’emploi."

À l’inverse des anciens plans de la Wallonie comme le plan Marshall, Elio Di Rupo espère cette fois-ci opérer une large mobilisation des forces vives. "S’il n’y a pas un minimum de volonté des différents opérateurs de prendre le relai, on ne gagnera pas le 400 mètres haies ou le 1.000 mètres."

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