Le gouvernement wallon mandate un cabinet d'avocats dans l'affaire Nethys

©Photo News

Nethys a jusque vendredi prochain pour apporter une série de réponses autour des opérations de vente de VOO, Win et Elicio. Pour l'accompagner dans son analyse, le ministre des Pouvoirs locaux Pierre-Yves Dermagne va être épaulé par un cabinet d'avocats.

Pas d'état de grâce pour Elio Di Rupo et son gouvernement wallon. Installée depuis seulement une semaine, la jeune coalition arc-en-ciel PS-MR-Ecolo doit déjà mettre les gros braquets pour se dépatouiller dans le dossier Nethys.

Au centre de ce nouvel épisode qui pourrit la vie politique wallonne depuis bientôt trois ans, on retrouve une série de filiales de Nethys – Win, VOO et Elicio – dont le processus de vente enclenché par le management de l’intercommunale liégeoise pose questions. Parmi les zones d’ombre, on pointe un éventuel conflit d’intérêts avec un des candidats acheteurs – François Fornieri – qui se trouve être en même temps administrateurs de Nethys. La valorisation des actifs mis en vente suscite aussi certaines interrogations. Tout comme la mise en concurrence. A-t-elle vraiment été faite ?

Pour couronner le tout, Brutélé a ouvert un autre front après toutes ces révélations et menace de faire capoter le deal passé entre les Américains du fonds Providence et Nethys dans le cadre de la vente de VOO.

Bref, tous les ingrédients sont là pour faire de cette rentrée politique de septembre un véritable cauchemar pour le gouvernement wallon et son ministre-président Elio Di Rupo.

Nethys a 5 jours pour répondre

Réunie en urgence, la commission des Pouvoirs locaux du parlement était déjà sur le pont ce jeudi après-midi pour entendre les explications du ministre de tutelle Pierre-Yves Dermagne (PS). Sans trop de surprise, ce dernier a subi un feu nourri de questions.

Pressé à agir, le ministre a assuré qu’il allait faire toute la lumière. "Il est indispensable de faire toute la clarté sur les conditions dans lesquelles ces opérations sont négociées ou conlues, afin de permettre à l'autorité de tutelle d'exercer ses pouvoirs."

L’affaire Nethys décortiquée

Le premier acte du ministre a été d'envoyer en urgence une série de questions au conseil d'administration d'Enodia et de Nethys avec la volonté d'aller dans le fond des choses. Ces  derniers ont maintenant 5 jours, soit jusque vendredi prochain, pour y répondre. Pour l'opération qui entoure l'opération de cession de VOO par exemple, le ministre exige de Nethys et d'Enodia "toutes les informations utiles sur la procédure de vente" comme "les délais donnés aux candidats acquéreurs pour préparer leurs offres fermes, les offres fermes reçues par Nethys de même que l'analyse qu'elle en a fait", "le dernier projet de convention d'actionnaires entre Nethys et le fonds d'investissement Providence", les clauses d'exit et éventuelles indemnités de sortie"... 

Ces demandes d'informations touchent également les opérations autour de la cession de Win ou Elicio. Pour Win par exemple, le gouvernement exige de recevoir "les marques d'intérêt et offres fermes reçues par Nethys de même que l'analyse qu'elle en a faite (en ce compris l'analyse réalisée pour privilégier l'offre d'Ardentia Tech" 

Cette lettre a tout d’un avertissement, car elle enclenche indirectement la procédure qui permet au gouvernement wallon d’envoyer un commissaire spécial. C’est du moins un préalable indispensable. Le gouvernement wallon n’en est évidemment pas encore à envoyer un commissaire spécial chez Enodia, mais suivant les réponses et les documents qui seront fournis par l’intercommunale, le ministre de tutelle prendra position.

Pour l’épauler dans l'analyse des réponses que fourniront Nethys et Enodia, Pierre-Yves Dermagne a passé en urgence un marché public cette semaine afin de s’offrir les services d’un gros cabinet d’avocats bruxellois spécialisé dans le droit des affaires.

Le cabinet d’avocats mandaté par la Région wallonne jouera donc un rôle crucial. Dès réception des réponses données par Enodia/Nethys, il va devoir plonger dans le cœur du dossier en analysant les différentes offres reçues par Nethys, les conditions dans lesquelles elles ont été réalisées. Il faudra évidemment aussi savoir s’il existe un éventuel conflit d’intérêts entre certains acteurs. La question de la valorisation sera également sur la table.

La suite? Sans présager des réponses, le ministre Dermagne a déjà averti qu'il ferait preuve de fermeté. "Je me réserve des devoirs d'action comme le prévoit la tutelle". Cette main de fer régionale peut aller jusqu'à l'annulation des actes et décisions d'Enodia et Nethys.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect