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Le groupe Merlin privilégie Charleroi pour installer un nouveau Legoland

Dans le cadre de son développement, le groupe Merlin a confirmé que le site de Charleroi était "prioritaire" pour l'implantation d'un quatrième parc Legoland en Europe.

Nouvelle étape importante dans le projet Legoland et l’arrivée du parc d’attractions sur l’ancien site de Caterpillar à Charleroi à l’horizon 2026. Si aucune décision officielle d’investissement n’a jusqu’ici été prise, le groupe britannique Merlin Entertainments a confirmé vendredi qu’il "travaille" avec la Sogepa pour s’implanter sur l’ancien site de Caterpillar "dans le cadre de sa politique d’expansion en Europe", et en particulier dans le Benelux et le Nord de la France. "Après avoir examiné plusieurs options, l’équipe de Merlin donne sa priorité au site de Charleroi", fait-il savoir.

"C’est un projet très sérieux. Il y a encore des étapes à franchir, mais cela devient possible de penser à l’ouverture d’un parc en 2026."
Paul Magnette (PS)
Bourgmestre de Charleroi

D’après Merlin, "les plans à l’étude envisagent l’implantation du parc à thème et une offre hôtelière sur les deux tiers du site (70 hectares)". La partie restante du site (environ 26 hectares) est, elle, considérée "comme une éventuelle zone d'expansion ou une zone verte". Au niveau de l’emploi, le site devrait créer 800 emplois directs la première année et 640 emplois indirects "sans risque de délocalisation de par la nature des activités", dit-on côté wallon.

Cette perspective a évidemment de quoi réjouir Paul Magnette (PS), le bourgmestre de Charleroi. "C’est un projet très sérieux. Il y a encore des étapes à franchir, mais cela devient possible de penser à l’ouverture d’un parc en 2026."

"Nous prendrons une décision définitive sur le projet quand les effets de la pandémie seront terminés."
John Jakobson
COO de Legoland Group

Parmi les étapes qui vont s’enchaîner, les équipes de Legoland et de la Sogepa vont travailler à l’élaboration d’un master plan et procéder aux vérifications nécessaires en vue de l’implantation du parc sur le site sans attendre la décision définitive d’investissement de Merlin. "Nous prendrons une décision définitive concernant le projet quand les effets de la pandémie seront terminés", assure John Jakobson, COO de la branche Legoland du groupe Merlin.

D’après les premières estimations, l’investissement devrait représenter 300 millions d’euros en plus du prix d’acquisition du site estimé à 30 millions. Les premières ébauches de financement élaborées avec la banque d’affaires Tandem Capital évoquaient en septembre un apport de 100 millions de la part de Merlin, le solde faisant l’objet d’une levée de fonds auprès d’investisseurs. Mais il n’est pas non plus impossible que la Région injecte dans le projet les 50 millions qui étaient jusqu’ici réservés pour attirer le constructeur chinois de voitures électriques Thunder Power. 

300
millions €
D’après les premières estimations, l’investissement global devrait représenter 300 millions d’euros.

En tout cas, le ministre de l’Économie Willy Borsus (MR)  ne ferme aucune porte. "Depuis le début, notre volonté a été de maximiser les chances de reconversion du site de Caterpillar. Il faut rester prudent, mais nous allons créer un beau projet, avec un nombre important d’emplois, qui aura également un impact structurel pour l’économie wallonne pendant la construction du parc et évidemment après. C’est une opportunité pour la Wallonie. Nous sommes déjà partenaires dans différentes entreprises à travers nos outils financiers et nous serons là avec nos outils pour favoriser l’implantation de ce projet."

Trois questions à John Jakobson, COO de Legoland Resorts, filiale du groupe Merlin Entertainments

Qu’est-ce qui a motivé votre choix dans la localisation à Charleroi?

Charleroi est une très bonne localisation pour quatre raisons. En premier lieu, Charleroi est localisé dans un marché à haute densité de population. Il y a plus de 22 millions de personnes à moins de deux heures en voiture du site. C’est un très bon marché pour des visiteurs d’un jour. Il y a ensuite le marché des visiteurs qui resteront plus d’une nuit. Cela représente 10 millions de personnes en plus, localisées dans le nord de la France, une partie de l’Allemagne ou aux Pays-Bas. Selon notre analyse, il n'y aura pas de chevauchement avec les autres parcs. Ensuite, la Belgique, les Pays-Bas et le nord de la France représentent un marché important pour Lego. Il s’agit d’une marque forte. Pour les fans de Lego, disposer d’un parc Legoland, leur permettra de prolonger leur expérience. Le site de Charleroi est également une opportunité. La surface de plus de 90 hectares va nous permettre de développer un parc d’une taille intéressante. On aura assez d’espace pour les développements futurs. Le site est aussi très bien localisé avec des routes et une connexion au train. Enfin, notre projet a très bien été accueilli par la Région et s’intègre dans son développement économique.

Pensez-vous que la crise du Covid pourrait changer le business model?

La crise du Covid a un impact à court et moyen terme et, pour nous, rend difficile la possibilité de prendre une décision définitive par rapport à ce projet. Mais nous croyons que le business reviendra rapidement à la normale après la crise.

Vous évoquez une intention d’investissement. Que devez-vous encore analyser pour confirmer définitivement votre projet?

Il est important de mener une série de diligences avant de confirmer un tel investissement. Nous avons déjà réalisé une série d’analyses de faisabilité avec la Région, mais nous devons maintenant aller plus loin. Mais on peut affirmer aujourd’hui que nous sommes vraiment intéressés dans le développement de ce projet.

Près de 2 millions de visiteurs après 10 ans

Inspiré du dernier parc construit par Merlin à New York, le Legoland carolo devrait attirer jusqu’à 1,7 million de visiteurs la première année. Selon une étude de faisabilité réalisée par le consultant Entertainment+ Culture Advisors (ECA) datant de mars 2020 et cofinancée par la Sogepa et Merlin, la viabilité technique et financière du projet à Charleroi serait confirmée. Le parc à thème devrait viser une clientèle "résidentielle" venant de toute la Belgique, mais aussi située à deux heures de route du parc, et donc en provenance de France, des Pays-Bas, d’Allemagne et du Luxembourg. Soit un rayon d’action qui englobe 22,3 millions de personnes au moment de l’ouverture.  En intégrant le tourisme international de passage en Belgique plus d’une journée, les projections parlent même d’un marché potentiel de 28,8 millions de personnes en 2026.

"C’est une opportunité pour la Wallonie. Nous sommes déjà partenaires dans différentes entreprises à travers nos outils financiers et nous serons là avec nos outils pour favoriser l’implantation de ce projet."
Willy Borsus (MR)
Ministre de l'Économie

Bref, les conclusions de l’étude de faisabilité estiment que Legoland pourrait capter entre 8,2 et 9,7% du marché résidentiel se situant à moins de 60 minutes du parc (soit entre 479.000 et 564.000 personnes) et entre 4,2 et 6,1% du marché secondaire situé entre 1 et deux heures, soit 1,1 et 1,5 million de personnes. En intégrant les touristes internationaux et la clientèle de passage à Bruxelles, l’étude évalue la part de marché globale entre 3,3 à 4,8%, soit 1,3 à 1,7 million de visiteurs la première année. La croissance annuelle devrait, elle, se situer autour de 2% les dix premières années pour arriver à un nombre total de visiteurs de près de 2 millions de visiteurs en 2035.

Concernant le concept du parc Legoland, l’étude ECA le décrit comme unique avec une "forte identité et un design unique" face à des concurrents locaux comme Walibi, Plopsaland ou Pairi Daiza. Outre l’arrivée d’une série d’attractions autour du monde du Lego et une capacité hôtelière de 250 chambres, Legoland pourrait construire un parc aquatique.

Un projet structurant pour le tourisme et l’aéroport carolo

Pour les responsables politiques wallons, cette reconversion est vue comme un succès après le départ de Caterpillar. "En moins de dix ans, nous serons arrivés à concrétiser la reconversion du site. Ce site va créer des emplois permanents et de moindre qualification. À côté du Biopark où on parle d’emplois de haute qualification, il est essentiel d’offrir de l’emploi à toutes les catégories sociales et donc également aux personnes qui n’ont pas eu la chance de faire des études. Un projet comme celui-ci est donc très important. Il va aussi créer de la valeur. Nous avons eu des discussions avec les responsables, car un tel projet ne doit pas devenir une ville dans la ville. Le projet ne doit pas rentrer en compétition avec le centre urbain, ses restaurants et son centre commercial. Ce ne sera pas le cas. C’est un projet qui va supporter l’offre économique et qui  n’entrera pas en compétition avec ce qui existe", se réjouit Paul Magnette, le bourgmestre de Charleroi.

Un pass touristique

Parmi les idées qui ont fait l’objet d’une réflexion en vue de développer l’offre touristique autour du parc, la création d’un pass "évasion" de plusieurs nuits pour les visiteurs de passage au parc Legoland à Charleroi a été évoquée en amont du projet. Outre Legoland, ce pass pourrait fédérer d’autres acteurs du monde du tourisme dans la région, comme le parc Pairi Daiza ainsi que les lacs de l’Eau d’Heure.

On n’en est évidemment qu’au stade de la réflexion, mais d’après le ministre de l'Économie Willy Borsus (MR), "l’arrivée du parc de Merlin pourrait jouer un rôle structurant sur l’offre touristique familiale en Wallonie, avec un effet positif sur le nombre de nuitées passées par les touristes et un fort pouvoir d’attraction pour ceux qui viennent de l’étranger".

À côté du tourisme, Legoland représente un levier "fort pour le développement de l’aéroport de Charleroi et d’une aérogare à proximité du site", souligne le ministre Borsus. D’après les projections réalisées par l’étude de faisabilité de Merlin et de la Sogepa, "une moyenne de 8.000 visiteurs quotidiens se rendront sur le site du parc, dont 15-20% se rendront via les transports en commun au sens large du terme."

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