Le Mouvement de gauche, dans le sillage de Jean-Luc Mélenchon

©R. Blang

Ça se bouscule à la gauche de la gauche. Le MG espérait contribuer à réunir les forces, à l’image du Front de gauche français. Il n’a pas été suivi et part donc fièrement au combat électoral sous son propre drapeau.

Il y a un an, le Mouvement de gauche devait être la nouvelle force politique, susceptible de capter les électeurs de gauche déçus par les compromis gouvernementaux du PS et d’Ecolo. Un an plus tard, on est presque surpris de voir ce parti bien présent aux élections, dans tous les arrondissements et à tous les niveaux de pouvoir.

Pourquoi cette surprise? Parce que, entre-temps, son président-fondateur, le député Bernard Wesphael (ex-Ecolo) a été incarcéré à la suite d’un dramatique fait divers. Nous ne nous attarderons pas ici sur les contours judiciaires plutôt flous de cette affaire. Mais, politiquement, le parti aurait pu s’écrouler. "L’être humain est plein de ressources, analyse Marie-Françoise Lecomte, co-présidente et tête de liste en Hainaut. Les militants se sont soudés. Nous avions répondu à un appel sur des valeurs de gauche et d’écosocialisme, nous ne sommes pas des citoyens réunis derrière un gourou ou une vedette médiatique."

Les militants ont donc décidé de continuer l’aventure du Mouvement de gauche. Ils avaient espéré pouvoir nouer une alliance avec Vega, le parti de Vincent Decroly (autre ex-Ecolo), dans l’esprit du Front de gauche à la française, mené par Jean-Luc Mélenchon, l’une des sources d’inspiration du MG. Vega a décliné la proposition. "Je suis vraiment navrée de cette situation, de voir la gauche aller aux élections en ordre dispersé, confie Marie-Françoise Lecomte. Les différences entre nos programmes sont microscopiques, refuser l’alliance relève de l’immaturité politique."

Des discussions pourraient toutefois reprendre entre les deux partis après le 25 mai. En attendant, la division réduit les chances de décrocher un siège (le MG rêve toutefois d’un élu hennuyer au parlement wallon). La campagne vise donc avant tout au positionnement et à la médiatisation du programme.

Révolution fiscale

Ce programme, venons-y, il en fera hurler plus d’un. Le Mouvement de gauche défend "l’écosocialisme", à savoir une société à la fois plus égalitaire et plus respectueuse de l’environnement. L’un des leviers d’actions pour y arriver, une "révolution fiscale", passe par la suppression des avantages extra-légaux (chèques-repas, voitures de société etc), la taxation des loyers (via la globalisation des revenus), le retour des tranches supérieures d’imposition, l’instauration d’un impôt sur la fortune (assorti cependant de la suppression des droits de succession)…

"Je sais que cela n’est pas forcément populaire, que l’intérêt individuel de certains pourrait en pâtir, explique Mme Lecomte. Mais, c’est l’intérêt collectif qui doit primer. Il faut des moyens pour financer la sécurité sociale et les services publics. Nous connaissons tous des multi-propriétaires qui ne sont pas ou peu taxés alors que les travailleurs sont imposés sur leurs salaires. Ce système n’est plus tenable."

Le Mouvement de gauche se range fièrement à gauche du PS et d’Ecolo mais ne revendique pas l’étiquette d’extrême-gauche pour autant. Ce parti se démarque du PTB par l’accent mis sur l’écologie et le souci essentiel des libertés individuelles. "Nous défendons une vision plus moderne de la société, nous ne sommes pas dans la lutte des classes, assure Marie-Françoise Lecomte. Pour nous, un patron n’est pas une personne à abattre, on fait la différence entre les PME et les dirigeants de multinationales. D’ailleurs, pas mal de professions libérales et de petits indépendants nous ont rejoints."

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