"Le PIB wallon par habitant a 14 ans de retard sur la Flandre"

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Willy Borsus présente l'état de la Wallonie. A la clé, des chiffres toujours préoccupants malgré des frémissements positifs

C'était le jour du grand oral pour le ministre-président wallon Willy Borsus. Devant les députés régionaux, il a présenté l'état de la Wallonie.

Pour Willy Borsus, le rattrapage de la Wallonie n’a toujours pas eu lieu. Un discours tout en contraste donc avec celui tenu par son prédécesseur socialiste, Paul Magnette, il y a un an.

Le ministre-président libéral met en avant une série d’indicateurs (chômage, pauvreté, PIB par habitant, taux d’emploi, part de l’emploi non marchand…). "La Wallonie a 14 ans de retard au niveau du PIB par habitant par rapport à la Flandre. La moyenne belge et flamande était à notre niveau en 2003. "

Autre indicateur : 26,3% de personnes en Wallonie sont confrontées au seuil de pauvreté contre une moyenne de 21% en Belgique.

L'opposition dénonce des réformes floues et un manque de vision

S'il salue l'objectivité des chiffres avancés par Willy Borsus, le parti socialiste regrette le flou des réformes annoncées "à grand renfort de communication".

"Nous voyons une économie qui s'améliore, en partie grâce aux politiques menées lors des années passées. Nous voyons aussi des points noirs, en matière de pauvreté et de taux d'emploi notamment, qui sont les mêmes que ceux désignés par Paul Magnette. Il y a urgence à y répondre", a réagi Pierre-Yves Dermagne, le chef de groupe PS au Parlement de Wallonie.

Or, les réformes annoncées ne concernent que l'après-2019 et restent floues, a-t-il poursuivi en pointant la réforme des APE (aides à la promotion de l'emploi), l'assurance autonomie ou encore le plan wallon d'investissement - 5 milliards d'euros investis en 5 ans -, dont "la concrétisation et le financement semblent de plus en plus hypothéqués", la Commission européenne ayant "fermé la porte à une éventuelle élasticité de la trajectoire budgétaire".

Un manque de vision pour Ecolo

"Le gouvernement MR-cdH s'attache beaucoup aux outils, mais il lui manque la vision, la stratégie. Quelles réponses aux enjeux de fonds, quels projets pour la Région? La Wallonie mérite une politique coordonnée", a réagi de son côté Ecolo, par la voix de Stéphane Hazée.

Pour le député écologiste, "une vraie politique régionale cohérente et efficace doit intégrer le développement économique, mais aussi la transition écologique d'une part, la cohésion sociale et la lutte contre les inégalités d'autre part." Tout comme le PS, les verts saluent le "lucidité" de Willy Borsus sur une série d'indicateurs.

"La Wallonie avance et il faut s'en réjouir. Mais elle reste en retard par rapport à la moyenne européenne. Le chômage des moins de 25 ans reste dramatiquement élevé (27,9% en 2016), un Wallon sur 5 vit sous le seuil de pauvreté et en 5 ans, le nombre de bénéficiaires du revenu d'intégration sociale a augmenté de 46%. Les chiffres sont là", a encore pointé Stéphane Hazée qui souligne par ailleurs que "comme son prédécesseur, le ministre-président ne considère les enjeux écologiques que de façon marginale et périphérique".

Au rayon des bonnes nouvelles toutefois, la Wallonie enregistre des exportations en hausse (41,9 milliards d'euros en 2017), un certain dynamisme des investissements régionaux et des ménages et entreprises au moral "globalement bon". 

 "Les prémices d'une amélioration sont certes visibles, mais ils resteront à l'état de frémissements sans un changement radical d'approche, sans des réformes profondes et structurelles. Nous ne pouvons nous contenter de notre situation actuelle, nous devons accélérer les réformes, interroger nos convictions, avoir de l'audace, bousculer les structures, soutenir le changement des mentalités."

Les débats sur cet état de la Wallonie auront lieu ce jeudi après-midi au parlement de Wallonie, à nouveau réuni en séance plénière

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