Le plan Catch a déjà permis de créer 4.000 emplois à Charleroi

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Le niveau de confiance sur la réalisation des 30 projets pour le redressement de la région de Charleroi est majoritairement positif. L’équipe de mise en œuvre est en avance sur son ambition initiale.

Validé par le gouvernement wallon le 31 mars 2017, le plan Catch (Catalysts for Charleroi) semble bien mis sur ses rails. Ce plan, qui vise à accélérer les créations d’emplois en région carolo au lendemain du départ du géant Caterpillar de Gosselies, doit aboutir d’ici 2025 à la création de 6.000 à 8.000 emplois directs.

Pour ce faire, une équipe de quelques personnes structurée comme une start-up (la "delivery unit") a été chargée de la mise sur les rails des différents chantiers. Ils sont 30 au total, dans quatre axes sectoriels: le tissu industriel et aéronautique (Advanced Manufacturing), la logistique (Airport & Logistics), la santé et les biotechs (Health & Bio) et le numérique (Creative & Digital). Objectif: renforcer les écosystèmes pour accélérer les créations d’emplois.

"La formation est un élément essentiel à Charleroi vu l’absence d’université, qui entraîne une pénurie de main-d’œuvre malgré un chômage endémique."
Thomas Dermine

L’équipe de mise en œuvre a trois ans pour amorcer la pompe. Jusqu’ici, tout semble tourner comme prévu, voire mieux. Après deux ans, 15 des 37 mesures projetées ont déjà été réalisées, et l’indice de confiance basé sur la maturité et l’état d’avancement de chacune d’entre elles par rapport au calendrier initial est globalement positif: 22 mesures bénéficient d’un indice de confiance d’au moins 75 % et seulement 7 sont sous la barre des 50 %.

"Pour les quatre secteurs, nous travaillons sur différents axes, explique Thomas Dermine, le responsable de la réalisation du plan Catch. Il y a la formation, un élément essentiel à Charleroi vu l’absence d’université, qui entraîne une pénurie de main-d’œuvre malgré un chômage endémique. L’infrastructure, pour l’aéroport et les biotechs, qui connaissent une telle croissance que les labos sont aujourd’hui saturés et obligent à refuser des dossiers faute de surfaces de laboratoires disponibles. La mise en valeur des opportunités en termes de foncier, et enfin, un axe de recherche et d’incubation."

"Je dirais que nous sommes plutôt en phase qu’en avance sur nos objectifs. Mais on sent une dynamique de créations d’emplois"

Pour rappel, l’équipe chargée de lancer le plan Catch doit achever sa mission pour le 1er juillet 2020 au plus tard, même si ses membres, majoritairement issus du privé, continueront de travailler avec les structures mises en place pour assurer le suivi.

Arrivée quasiment aux deux tiers de son mandat, l’équipe rassemblée autour de Thomas Dermine estime être en avance sur son ambition de départ. Mais ce dernier se montre un poil plus mesuré.

"Je dirais que nous sommes plutôt en phase qu’en avance sur nos objectifs. Mais on sent une dynamique de créations d’emplois, tant dans les biotechs que dans le secteur industriel ou dans le numérique", dit Thomas Dermine.

6.000 à 8.000
emplois
Les chantiers identifiés laissent entrevoir un potentiel de création de 6.000 à 8.000 emplois directs, auxquels s’ajoutent des emplois indirects non mesurables à ce stade.

Selon lui, une estimation basse, pondérée par le niveau de confiance, permet de conclure qu’après deux ans de plan Catch, on en arrive déjà à quelque 4.000 créations d’emplois.

"Si on prend l’estimation haute, nous sommes en avance sur nos prévisions de résultats", précise-t-il. Pour rappel, les chantiers identifiés laissent entrevoir un potentiel de création de 6.000 à 8.000 emplois directs, auxquels s’ajoutent des emplois indirects non mesurables à ce stade.

50 % du site Caterpillar en quête d’un repreneur

Épicentre du drame social qui s’est joué il y a deux ans, le vaste site de Gosselies (90 hectares) déserté par Caterpillar est en principe repris à 50 %. La start-up chinoise Thunder Power souhaite y produire Chloé, sa petite citadine électrique.

"On sait que Thunder Power a des ambitions, mais aujourd’hui, pour nous, le niveau de confiance reste moyen parce que ce projet reste un sacré défi industriel."
Thomas Dermine

Le dossier avance, mais rien n’est définitivement acquis à ce stade, d’autant que l’homologation de la future voiture laisse encore planer des incertitudes.

"Notre partie du travail est faite. On sait que Thunder Power a des ambitions – il prévoit de créer 1.500 emplois d’ici 2025 – mais aujourd’hui, pour nous, le niveau de confiance reste moyen parce que ce projet reste un sacré défi industriel", souligne Thomas Dermine.

Thunder Power a en tout cas prévu de reprendre deux des trois halls du site, le plus petit et le plus grand, et une surface de terrain plutôt réduite.

"Morceler le site de Gosselies en petites parcelles n’aurait guère de sens."

Reste à trouver un (ou des) repreneur(s) pour le dernier hangar et la portion de terrain disponible. Diviser l’espace disponible offre en tout cas l’avantage de permettre une diversification du risque. L’aménagement de l’ancien site de Caterpillar, avec ses trois halls bien séparés, dotés chacun de parkings et d’une cafétéria propres, permet en outre de les rendre facilement autonomes.

La préférence va dès lors à la préservation de terrains de grande taille. "Il y a des candidats industriels pour ce genre d’espaces, qui ne sont pas nombreux, dit Thomas Dermine. Morceler le site de Gosselies en petites parcelles n’aurait donc guère de sens à ce stade. Mais si aucun projet n’aboutit d’ici la fin de l’année, nous envisagerons en dernier recours un nouveau lotissement avec un parc d’activités classiques."

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