Le prêt coup de pouce a déjà permis de lever 6,4 millions en Wallonie

©Stefan Hermans

Lancé fin 2016, le prêt coup de pouce totalisait déjà 343 dossiers à la fin juin pour une demande totale des entreprises de 6,4 millions d’euros. Dans la majorité des cas, il s’agit de prêts accordés par des amis ou des membres de la famille.

Lancé sous la forme d’un projet pilote en Wallonie en octobre 2016, et prolongé par la nouvelle majorité MR-cdH jusque fin 2019, le prêt coup de pouce semble jouir d’un beau succès auprès des particuliers en Wallonie.

Capter l’épargne

Avant de se plonger dans les chiffres, revenons sur la mesure. Inspiré du "win-winlening" flamand, ce dispositif vise à stimuler le prêt de particuliers vers de jeunes entreprises (maximum 5 ans d’activités). Si le gouvernement wallon n’a pas joint sa garantie aux prêts, les particuliers bénéficient, en plus de l’intérêt sur leur prêt, d’un crédit d’impôt de maximum 4% par an du montant prêté pendant les quatre premières années et de 2,5% pendant les quatre années suivantes. Le plafond des sommes apportées est lui fixé à 50.000 euros. De son côté, le starter peut emprunter jusqu’à 100.000 euros auprès de différents prêteurs.

Et en cas de faillite? Le prêteur est assuré de percevoir son crédit d’impôt pour la durée restante du prêt. Voilà pour la théorie!

343 prêts enregistrés

Depuis son lancement en octobre 2016 jusqu’à la fin juin 2018, "343 prêts ont été enregistrés en Wallonie", explique la Sowalfin, le bras financier de la Région. Les montants levés par les entreprises auprès des particuliers totalisent 6,4 millions d’euros. Le premier semestre 2018 a lui été particulièrement prolifique avec une levée globale de plus de 2 millions d’euros.

En ce qui concerne l’apport des particuliers, la Sowalfin souligne qu’il représente un prêt moyen de 18.700 euros. On est donc encore loin du plafond maximum autorisé de 50.000 euros. Ce constat, déjà soulevé par le gouvernement wallon, a d’ailleurs incité le ministre de l’Economie Pierre-Yves Jeholet (MR) à revoir son objectif initial qui était de permettre aux particuliers de prêter jusqu’à 100.000 euros contre 50.000.

Du côté des montants levés par les entreprises, la Sowalfin précise qu’on tourne en moyenne autour de 29.800 euros. "Nous sommes en croissance de 50% au niveau du nombre de dossiers et de 54% au niveau des montants par rapport à 2017", souligne Jean-Pierre Di Bartolomeo, le directeur général de la Sowalfin.

Lien familial

Concernant le profil des prêteurs, le screening établi par la Sowalfin montre que dans 56% des cas le lien entre prêteur et emprunteur est familial. Et dans 23%, il s’agit d’une connaissance. Enfin, dans 80% des cas, les prêteurs sont âgés de plus de 45 ans avec une majorité de personnes pensionnées.

Dans 37% des cas, ce sont des artisans ou des commerçants qui ont eu recours au prêt coup de pouce.

Au niveau des secteurs d’activité qui ont eu recours à ce type d’emprunt de proximité, dans 37% des cas, il s’agit d’artisans et de commerçants. Le secteur de la construction représente de son côté 16% des dossiers. En bout de tableau, on trouve le secteur industriel avec seulement 2% des dossiers.

Enfin, en ce qui concerne les raisons qui poussent les entreprises à se tourner vers le prêt coup de pouce, dans 33% des cas, il s’agit d’un prêt destiné à démarrer une activité et dans 21% des cas, pour acheter du matériel.

Mobiliser davantage l’épargne privée

Du côté des perspectives, tant la Sowalfin que le gouvernement wallon s’attendent à une explosion des prêts en 2018 suite à la récente modification apportée par le gouvernement wallon visant à permettre aux entreprises de plus de 5 ans de bénéficier également de la mesure.

Reste la question de l’impact financier pour la Wallonie. À ce jour, la mesure a déjà coûté à la Région 1,3 million en crédit d’impôt. Cette charge devrait forcément s’accroître d’ici la fin 2019 et même s’alourdir avec l’élargissement du périmètre aux entreprises de plus de 5 ans adopté au Parlement en juillet.

Tout en soulignant que cet élargissement semblait constituer une mesure attractive pour les PME afin de mobiliser davantage l’épargne privée auprès des entreprises de plus de 5 ans qui ont encore besoin de financement, Pierre-Yves Jeholet a précisé devant les députés "qu’une évaluation sera faite afin de voir si cela ne coûte pas trop cher pour la Région en crédit d’impôt".

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