Le privé pourrait se renforcer dans la gestion opérationnelle du Tec wallon

©BELGA

Si on comptabilise le transport scolaire, près de 50% des lignes du Tec sont aujourd’hui opérées par des transporteurs privés. Mais les besoins futurs en terme de mobilité pourraient obliger le gouvernement wallon à augmenter la part du privé.

Après la vaste réorganisation du réseau de transport public wallon lancée voici quelques mois par le ministre des Transports Carlo Di Antonio (cdH), et qui accoucha d’une structure unique redessinée autour de 5 bassins de mobilité, le Tec poursuit sa mue. Et ses réflexions sur son avenir. Parmi celles-ci figure la délicate mise en place d’un service minimum. Le ministre des Transports a ainsi récemment demandé aux différents bassins du Tec de sélectionner les lignes essentielles à opérer en cas de grèves, ainsi que le nombre de chauffeurs nécessaires pour les faire rouler à 100%.


Un marché publicà 100 millions par anParallèlement à toutes ces réorientations stratégiques, le gouvernement wallon MR-cdH vient de valider ce vendredi les modalités d’un vaste marché public estimé à une centaine de millions d’euros par an autour des lignes régulières du Tec opérées par des transporteurs privés.Attention aux termes! On ne parle évidemment pas ici d’une privatisation accrue du Tec. Et au cabinet du ministre Di Antonio, si on reconnaît que cette opération est stratégique pour le bon déroulement dans l’exploitation des lignes, on insiste évidemment sur un point: "On n’augmente pas le nombre de lignes qui seront opérées par le privé." Le cahier des charges insiste d’ailleurs sur "les exigences de qualité de service" et "la ponctualité des horaires".En fait, ce nouveau marché public se contente simplement de renouveler les concessions privées existantes qui arriveront à échéance le 31 juillet 2019.Les soumissionnaires – la SRWT, maison mère du Tec, a contacté par courrier environ 400 opérateurs potentiels belges et issus des pays voisins – ont jusqu’à la fin mai pour renter une offre.


27 millions de kilomètres sous-traités

Mais même si on ne parle pas de privatisation, l’ampleur du marché n’en reste pas moins importante:

-->47 lots de taille variant de 1 à 40 véhicules au maximum et d’un volume approximatif de 50.000  à 1,5 million de kilomètres annuels.

Sans préjuger des offres qui seront rentrées, la valeur actuelle de ce marché s’élève à un montant approximatif de 90 millions d’euros par an. Outre sur le prix, le modèle d’attribution reposera aussi sur la qualité environnementale de la flotte. Au total, d’après la note politique validée par le gouvernement, "le nombre de véhicules neufs exigés s’élève à 100 véhicules sur un total de 580 véhicules".

Le document gouvernemental souligne également que les éventuels changements au niveau des opérateurs privés ne devraient pas avoir d’impact sur l’emploi. Une convention précise en effet que "quand des entreprises de services réguliers opérant pour le compte de la SRWT se succèdent suite à l’attribution d’un contrat de services réguliers par celle-ci, le personnel roulant affecté à l’exécution des lignes qui font l’objet du contrat concerné est transféré automatiquement et de plein droit au nouveau transporteur". 

Pour bien se rendre compte de l’ampleur de la sous-traitance privée, il suffit de plonger dans les chiffres:

-->le groupe TEC sous-traite actuellement 27,14 millions de kilomètres de services réguliers sur un total de 91,61 millions, soit 29,62% des services réguliers. Mais si on additionne aux lignes commerciales le transport scolaire géré par des opérateurs privés, on grimpe à près de 50% de l’offre globale du Tec. "C’est le maximum qu’autorise la Commission européenne", souligne le cabinet Di Antonio. La sous-traitance au privé autorisée par l’Union européenne est en effet de 50% au maximum.


Objectifsde mobilité

Ce partage 50-50 entre la gestion privée et publique des lignes du Tec (en comptabilisant le transport scolaire) pourrait cependant évoluer car derrière ce marché public se cache une réflexion visant à accroître le poids du privé dans la gestion opérationnelle des nouvelles lignes de bus en Wallonie. "Je suis favorable pour que le transport scolaire géré par le privé ne soit plus comptabilisé dans le volume total des lignes opérées par le privé. Si tel est le cas, cela nous donnerait des nouvelles marges de manœuvre pour rencontrer nos objectifs de mobilité. On sait qu’il faudra inévitablement créer de nouvelles lignes pour atteindre nos objectifs de mobilité et décongestionner les routes. Le plan d’investissement le prévoit. Des lignes rapides vont voir le jour. Sortir les lignes scolaires nous ouvrira de nouvelles possibilités pour faire appel au privé. Je ne vois pas comment on pourrait créer ces nouvelles lignes sans le privé", explique Carlo Di Antonio.

 

Le ministre insiste cependant pour conserver le caractère public de la gestion des lignes du Tec. "Mais le seul moyen pour ne pas pousser plus loin la privatisation est de garder un service Tec efficace. Il faut éviter que le service public se tire une balle dans le pied. C’est d’ailleurs pour cela que la réforme du Tec récemment menée était indispensable. À partir du moment où le service public fonctionne, on n’a pas besoin de plus de privatisation." Reste qu’à terme, cette réflexion autour des besoins de mobilité pourrait amener à avoir plus de 50% de l’offre globale du Tec (en comptabilisant les transports scolaires) sous-traitée à des opérateurs privés! 

 

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