Le prix de l'eau wallonne devrait augmenter en juillet

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La SPGE, chargée de l’assainissement des eaux usées en Wallonie, réclame une hausse de 25 centimes par m³ dès le 1er juillet 2017.

Un nouveau coup dur pour le budget des Wallons? Dès le premier juillet, le m³ d’eau devrait coûter 25 centimes de plus. Pour un ménage consommant 100 m³ d’eau par an, cela représente une augmentation annuelle de 24,5 euros.

Pourquoi? La raison de cette hausse est à chercher du côté du coût de l’assainissement des eaux usées, une des deux composantes de la facture de l’eau pour un ménage avec celui de la distribution de l’eau.

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Confrontée à des investissements colossaux afin de respecter ses engagements européens en matière d’épuration des eaux usées en Wallonie, la société publique de gestion de l’eau (SPGE) a récemment déposé une demande d’adaptation de ses tarifs auprès de l’administration. Cette hausse, qui est en discussion dans le cadre du renouvellement du contrat de gestion de la SPGE, s’appliquera dès le 1er juillet 2017. Sauf évidemment un éventuel refus du ministre de l’Économie qui a la tutelle sur la fixation des prix.

Endettement critique

Derrière ce nouveau contrat de gestion et la hausse du prix de l’eau se cache un important programme d’investissements de 800 millions d’euros d’ici à 2021. Si jusqu’ici la SPGE s’est essentiellement tournée vers l’emprunt, notamment à la Banque européenne d’investissement, pour financer la construction de stations d’épuration – l’entreprise publique a investi plus de 3 milliards depuis 1999 –, son endettement atteint aujourd’hui un niveau critique. "Nous avons une dette de 1,8 milliard d’euros. Cela représente un ratio dette/Ebitda de 9 alors que nous devrions nous situer à 5", explique un responsable de la SPGE. Cette situation financière signifie que si la SPGE veut continuer à emprunter sur les marchés, elle risque de devoir payer des charges d’intérêt exorbitantes. "On risque très clairement d’avoir des difficultés pour trouver des capitaux."

Pressée par l’Europe de poursuivre ses investissements, la direction de la SPGE est donc contrainte de se financer auprès des consommateurs. "Les amortissements ne vont pas suffire pour couvrir les dépenses d’investissement. Il faut booster nos marges d’autofinancement pour investir et nous désendetter."

Une première demande déjà refusée

Consciente de ses difficultés financières liées à son niveau d’endettement, la SPGE avait déjà proposé une hausse de 0,17 euro par m³ fin 2016, mais en l’absence de nouveau contrat de gestion et de vision pluriannuelle sur l’évolution du coût-vérité de l’assainissement (CVA), le cabinet Marcourt a préféré postposer la décision.

Dans ce nouveau round de discussions avec l’administration, la SPGE intègre cette fois-ci une prévision pluriannuelle comme demandée par l’autorité. Concrètement, pour juillet 2017, la hausse est programmée à 0,25 euro par m³. Le CVA passera ainsi de 2,115 euros à 2,36 euros par m³. Pour un ménage wallon qui consomme 100 m³ par an, cela représente une hausse annuelle de 24,5 euros.

→ La suite? La SPGE indique qu’elle n’entend pas procéder à une nouvelle adaptation de ses tarifs l’année prochaine. Une indexation est par contre à l’étude pour 2019. Et après? Une nouvelle hausse en 2020 au-delà de l’indexation n’est pas à exclure, dit-on à la SPGE, si l’organisme veut poursuivre son programme de désendettement et recoller à un ratio dette/Ebitda plus raisonnable.

→ Quel modèle pour la régulation de l’eau en Wallonie? Actuellement, toute demande de hausse du prix de l’eau est instruite par l’organe de régulation de l’administration (DGO6), assisté par le Comité de Contrôle de l’Eau. La validation finale est, elle, du ressort du ministre de l’Économie. Pour l’opposition libérale, ce modèle doit évoluer vers une régulation indépendante. "Le secteur de l’eau wallon a besoin d’un organe disposant d’une large autonomie, indépendante des décisions d’opportunité de l’exécutif mais aussi de l’influence éventuelle des opérateurs en charge de services de distribution et d’assainissement de l’eau."

Du côté du gouvernement, le ministre de l’Économie Jean-Claude Marcourt a chargé le consultant Comase d’explorer différentes pistes afin de réorganiser les procédures.

Régulation | vers un acteur indépendant?

Quel modèle pour la régulation de l’eau en Wallonie? Actuellement, toute demande de hausse du prix de l’eau est instruite par l’organe de régulation de l’administration (DGO6), assisté par le Comité de Contrôle de l’Eau. La validation finale est, elle, du ressort du ministre de l’Économie. Pour l’opposition libérale, ce modèle doit évoluer vers une régulation indépendante. "Le secteur de l’eau wallon a besoin d’un organe disposant d’une large autonomie, indépendante des décisions d’opportunité de l’exécutif mais aussi de l’influence éventuelle des opérateurs en charge de services de distribution et d’assainissement de l’eau."

Du côté du gouvernement, le ministre de l’Économie Jean-Claude Marcourt a chargé le consultant Comase d’explorer différentes pistes afin de réorganiser les procédures.

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