Publicité

Le PS prêt à discuter avec le cdH d'un impôt sur la fortune

Pour se faire une idée exacte de ce qui est faisable dans le sud du pays, Christophe Lacroix (ministre du Budget) a mandaté hier le Conseil de la fiscalité wallonne. ©BELGA

Le ministre wallon du Budget a commandé une étude sur la faisabilité d’un impôt sur la fortune en Wallonie. Si l’avis est positif, Christophe Lacroix promet d’en discuter avec le cdH au gouvernement.

Le PS se retrouve bien embarrassé. Bousculé même par la sortie du ministre fédéral du Budget. Le libéral Hervé Jamar a affirmé que si le PS tient tant à mettre en place un impôt sur les grosses fortunes, il peut très bien le faire en Wallonie car la Région en a la compétence. Après avoir milité sans succès pendant des mois pour qu’une telle mesure soit prise au niveau fédéral, le parti dirigé par Elio Di Rupo est coincé. Impossible pour lui d’écarter de la main l’idée d’instaurer dans le sud du pays un tel impôt. D’autant que certains en interne, comme le chef du groupe PS au Parlement wallon Christophe Collignon, entendent défendre une telle mesure si elle est praticable. Mais comment dès lors éviter le piège tendu par le MR?

Peau de banane libérale

Tant au cabinet du ministre du Budget en Wallonie qu’au siège du PS, on a vite fait de dénoncer la sortie du MR. "Pour le PS, le MR renvoie systématiquement la balle à d’autres niveaux de pouvoir pour cacher son inaction au niveau fédéral. C’est le cas pour la non-indexation des loyers, le Thalys wallon, et maintenant l’impôt sur la fortune", souligne le parti. La réaction de Christophe Lacroix, le ministre du Budget, est du même acabit. Bref, circulez, il n’y a rien à voir en Wallonie… Vraiment?

Après les invectives politiques lâchées ici et là dans les cabinets dirigés par des ministres socialistes renvoyant Hervé Jamar à ses petites affaires fédérales et remerciant les libéraux pour leur coup tordu, le PS s’est vite retrouvé obligé de jouer cartes sur table. "Le PS ne peut pas être embêté par un tel sujet car nous sommes favorables à un impôt sur la fortune", reconnaît Christophe Lacroix. À première vue, le ministre socialiste, tout comme son parti, plaide pour une mesure nationale. "L’impôt sur les grosses fortunes doit être mis en œuvre au niveau le plus large possible, afin de réduire les risques d’expatriation fiscale. Il doit se faire au niveau européen et si ce n’est pas possible, au niveau belge", défend Christophe Lacroix.

Mais voilà, dans le cas d’un blocage persistant au niveau fédéral, le ministre wallon du Budget n’exclut pas aujourd’hui que la Wallonie prenne le relais! "On ne ferme pas la porte", reconnaît-il tout en précisant qu’il n’entend pas augmenter la fiscalité sur le travail. Pour se faire une idée exacte de ce qui est faisable dans le sud du pays, Christophe Lacroix a mandaté hier le Conseil de la fiscalité wallonne afin qu’il examine la piste de l’impôt sur les grosses fortunes dans le cadre de la réforme de la fiscalité en Wallonie.

De son côté, le président du MR, Olivier Chastel l'affirme haut et fort: "Le MR combattra un tel impôt".

Sur la table du gouvernement

Il n’est donc pas question pour le PS d’enterrer l’idée. Le ministre promet d’ailleurs qu’il examinera attentivement les conclusions du rapport. "Si je demande un avis, c’est pour l’analyser. J’examinerai donc attentivement le rapport du conseil de la fiscalité. Si celui-ci m’explique clairement qu’un tel impôt est possible en Wallonie, le PS devra se positionner et en discuter avec le cdH au sein de la majorité gouvernementale. On verra la réaction du cdH".

À première vue, c’est tout vu à entendre les commentaires des "humanistes" suite à la sortie du ministre Jamar. Dimitri Fourny, le chef du groupe au Parlement wallon, a ainsi balayé l’idée. "C’est la vraie fausse bonne idée, notamment au regard de la taille de la Wallonie, mais aussi de l’exemple français, qui n’a prouvé ni son efficacité ni sa rentabilité", s’insurge le député.

Le PS peut déjà compter sur le PTB, dans l’opposition, qui s’engage à soutenir toute proposition socialiste. "Le PS parle de l’impôt sur la fortune depuis 1995. Il a fallu qu’il soit dans l’opposition au fédéral pour qu’il dépose une proposition. Le PS a aujourd’hui une occasion de le faire à la Région, et bien, qu’il y aille. Le PTB sera là pour voter pour", martèle le député fédéral Marco Van Hees.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés