Le PS veut encadrer le développement de l'IA

©BELGA

Le député socialiste Maxime Hardy estime qu'il est temps pour la Wallonie de lancer un débat éthique autour du développement de l'intelligence artificielle.

Le ministre de l’Économie Willy Borsus l’a encore confirmé dans L’Echo ce week-end: "l’arrivée de la 5G est irréversible en Wallonie". Le déploiement de cette technologie fait d’ailleurs l’objet d’un engagement du gouvernement wallon vis-à-vis de la Commission européenne. L’exécutif y consacrera ainsi un chapitre dans son plan de relance en indiquant que le déploiement s’opèrera dans un premier temps autour de certaines zones économiques où de nombreuses entreprises sont déjà implantées. Cette arrivée de la 5G permettra notamment la multiplication de projets autour de l’intelligence artificielle (IA).

"À côté de l’enjeu économique, il y a un enjeu politique et il est temps d’avoir un débat éthique rapidement autour de l’IA."
Maxime Hardy (PS)
Député au parlement wallon

Eviter les dérives éthiques

Sans contester le bien-fondé économique ni même vouloir contrer l’avancée technologique de l’IA, le Parti socialiste estime cependant aujourd’hui que ces projets doivent s’accompagner d’un débat éthique. "La Wallonie n’a pas encore eu ce débat. La déclaration de politique régionale du gouvernement ne le prévoit pas. Or, la Wallonie a des plans ambitieux d’investissements dans cette filière de l’IA. Il y a déjà plus de 130 entreprises du secteur numérique qui proposent des produits et des services en lien avec l’IA. À côté de l’enjeu économique, il y a un enjeu politique et il est temps d’avoir un débat éthique rapidement autour de l’IA", prône Maxime Hardy, député socialiste au Parlement wallon. "Je suis favorable au fait de voir le Parlement wallon se saisir de cette question."

Derrière ce sujet de société "qui va sans conteste développer de l’emploi", le PS s’inquiète surtout de certains travers qui pourraient accompagner le développement de l’IA et l’utilisation des données. Le député prend l’exemple de certains modèles de prédiction capables de filtrer les données sur base d’une appartenance ethnique.

"Il existe des risques que les données soient utilisées pour opprimer et contrôler les individus."
Maxime Hardy (PS)

"Il faut éviter de créer un monstre sur lequel il ne serait plus possible d’avoir le moindre contrôle. Il y a aujourd’hui de plus en plus de données qui circulent, notamment dans le domaine de la santé. Au moment de l’émergence des Gafa, il n’y a pas eu une nécessité de légiférer. Nous avons aujourd’hui l’occasion de le faire au niveau de l’IA. Il est temps de donner une base contraignante afin de protéger le citoyen. Nous devons réfléchir à la société que nous voulons. Il existe des risques que les données soient utilisées pour opprimer et contrôler les individus, que des organisations aient la maîtrise exclusive des données et puissent les utiliser à des fins monopolistiques, et que nos données à caractère personnel soient utilisées de manière abusive", explique-t-il en prenant l’exemple de la Région bruxelloise qui va créer un institut à cet effet.

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