Le PTB rejette de nouveau l'invitation du PS

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Elio Di Rupo a invité le PTB à entamer un troisième tour de négociation. Cependant, le PTB a déjà annoncé qu'il ne se rendrait pas à Namur mardi. "Déçu", le PS fustige le PTB "qui refuse de prendre ses responsabilités."

Le PS a ouvert grand la porte au PTB en Wallonie, est-il apparu au cours des débats politiques sur RTL-TVi dimanche. Le président des socialistes francophones, Elio Di Rupo, a d'ailleurs envoyé une invitation par SMS au président des communistes, Peter Mertens, pour un troisième tour de négociation mardi. Cependant, le PTB a déjà annoncé qu'il ne se rendrait pas à Namur mardi.

"Mercredi passé - au terme d'une deuxième rencontre écourtée avec les socialistes, ndlr - le bureau de parti a estimé que tout avait été dit et qu'une nouvelle rencontre ne servirait à rien. Depuis, aucun élément n'a fondamentalement changé: il n'y a toujours ni remise en cause du passé, ni rupture", a affirmé dimanche après-midi David Pestieau, le vice-président du PTB.

"Le PS n'a pris aucun contact informel avec nous et n'a fait aucun effort. Au contraire, Elio Di Rupo a évoqué un 'politburo' et a ouvert la porte à la N-VA au Fédéral. En réalité, on ne sait plus très bien ce que veulent les socialistes", a poursuivi David Pestieau.

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L'extrême gauche, elle, "reste cohérente" et martèle son credo: sans remise en cause et sans rupture franche avec le passé, le PTB ne montera pas au pouvoir. "Nous voulons une rupture qui passe par une remise en cause des traités européens, ce qui nous permettra d'investir massivement dans le logement et dans le social", a expliqué son vice-président.

Or, "le PS, dont l'intention première était de former une coalition avec Ecolo et le cdH, refuse de revenir sur sa politique des dernières années et oppose à chacune de nos propositions un 'oui mais non' ou un 'oui mais pas tout de suite'", a encore dénoncé David Pestieau. "Dans ces conditions, nous ne voulons pas être coincés dans une majorité et faire le contraire de ce que nous avons promis aux électeurs", a-t-il ajouté.

Le PS s'est dit "très déçu", dimanche soir, de l'attitude du PTB "qui refuse de prendre ses responsabilité" dans le cadre de la formation du prochain gouvernement wallon.

L'heure des libéraux?

Après la décision du cdH de siéger dans l'opposition et face au refus du PTB de négocier, Ecolo se montre particulièrement discret ces derniers jours. Une nouvelle rencontre avec les formateurs socialistes est prévue mercredi. Le MR observe pour le moment la scène depuis le balcon. Il estime qu'il est temps de mettre fin au "vaudeville" et de constituer un gouvernement, certaines échéances, notamment budgétaires ou concernant l'avenir des hôpitaux publics, se faisant pressantes.

Depuis le retrait du cdH et vu les réticences du PTB, toute majorité implique le MR avec, éventuellement, la participation des écologistes. En effet, seules 2 coalitions restent mathématiquement possibles en Wallonie: une bipartite PS-MR ou un arc-en-ciel PS-MR-Ecolo. La possibilité d'un gouvernement minoritaire soutenu de l'extérieur par le PTB a également été défendue par Paul Magnette, mais cette piste semble avoir du plomb dans l'aile. 

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"Il faut que le PS reprenne la main et regarde les différentes options. Il y a la possibilité de faire une majorité forte avec le MR, avec Ecolo", a souligné le chef de groupe MR, Jean-Paul Wahl.

L'heure des libéraux n'a toutefois pas (encore) sonné, à entendre le président des socialistes. Invité à classer 4 personnalités politiques, il a laissé de côté le président du MR, Charles Michel, et donné la première place à la co-présidente d'Ecolo, Zakia Khattabi, suivie du porte-parole du PTB, Raoul Hedebouw, et du président du cdH, Maxime Prévot. "Nous cherchons un gouvernement avec le programme le plus progressiste possible", a répété Elio Di Rupo.

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