Le PTB veut racheter le Standard

©Photo News

C’est un véritable coup de tonnerre qui s’abat sur le monde politique et sportif belge: le PTB s’apprête à racheter le Standard de Liège.

Voici le poisson d'avril 2017 de L'Echo. En espérant que les supporters tant des Rouches que du parti qui monte en Wallonie ne nous en voudront pas!

Le président du club de foot liégeois, Bruno Venanzi, est las des résultats décevants – le club liégeois a loupé les playoffs pour la deuxième saison consécutive – et des débordements de ses turbulents supporters. Il serait donc prêt à se retirer.

Le PTB, lui, y voit une formidable caisse de résonance médiatique à l’approche des élections de 2018 et 2019. Le parti de gauche radicale, en forte progression dans les sondages, croule sous les nouvelles adhésions. Mais son ADN lui interdit de thésauriser ces rentrées financières inespérées.

Après une réflexion en interne, il a donc décidé d’investir dans la jeunesse et le sport. Un club très populaire comme le Standard, dont le stade de Sclessin est bâti à l’ombre des terrils et des usines de la sidérurgie liégeoise mais qui a des partisans partout dans le pays (y compris en Flandre), était un choix parfait. Le porte-parole national du PTB, Raoul Hedebouw, est lui-même un grand fan des "Rouches", ce qui a sans doute pesé également sur la transaction. Pour la petite histoire, le deal Hedebouw-Venanzi s’est conclu à "L’écailler", un restaurant spécialisé en poissons et crustacés niché en plein cœur de la Cité ardente.

Tous les employés du club, joueurs compris, pratiqueront la semaine des 30 heures.

1.500 euros par mois

Que va devenir le Standard version "PTB"? Il nous revient que Raoul Hedebouw pilotera lui-même le projet. C’est du reste pourquoi le PTB s’est choisi un nouveau porte-parole francophone il y a quelques jours.

Le parti de gauche radicale entend bien faire du club une vitrine de sa politique. Ainsi, les joueurs de l’équipe fanion seront payés au salaire maximal accordé aux députés du parti: 1.500 euros par mois. On pressent que la quasi-totalité des "stars" actuelles du club (Dossevi, Gillet, Scholz, Edmilson, Belfodil et consorts) plieront rapidement bagage pour chercher fortune ailleurs.

©Nicolas Vadot

Qu’importe: profitant de son réseau international, le scouting pétébiste est déjà à l’œuvre pour recruter de nouveaux talents. Un rugueux défenseur nord-coréen et un centre-avant cubain du nom de Carlos Hermosillo seraient déjà sur les tablettes des recruteurs liégeois. Ceux-ci chercheront aussi des perles parmi les réfugiés arrivés récemment sur notre territoire. Si par hasard des joueurs actuels souhaitaient rester, ils pourront bien évidemment le faire: les contrats actuels seront respectés jusqu’à leur terme, mais les intéressés devront reverser l’excédent de leurs émoluments au parti et payer une "taxe des millionnaires".

D’autres changements sont encore en vue. Tous les employés du club, joueurs compris, pratiqueront la semaine des 30 heures. Le club négociera avec la Pro League pour ne plus jouer le week-end afin de respecter le repos légitime des travailleurs. Dans les équipes de jeunes, l’inscription au Standard ira obligatoirement de pair avec la participation aux activités de RedFox, le mouvement de jeunes du PTB, ou du Comac (pour les étudiants).

Des places plafonnées à 10 euros pour les supporters

Toute la politique de sponsoring va être révisée de fond en comble. Exit les marques encombrantes comme les banques ou les bureaux d’intérim. Seules les entreprises d’économie solidaire seront autorisées à apparaître comme partenaires du club. L’encadrement médical du club sera également revu: les joueurs seront désormais suivis par "Médecine pour le peuple", le réseau des maisons médicales du PTB, où les honoraires sont au forfait.

Les supporters ne sont pas oubliés. Le prix des places pour assister aux matchs sera nettement réduit et plafonné à 10 euros. Un peu à l’instar des "socios" espagnols, les fidèles du Standard pourront également acquérir à prix modeste des parts du club afin de faire une démonstration de la force de frappe des masses. Enfin, dans le stade, la loge de Nethys va être "nationalisée" et mise à disposition des sans-papiers qui se verront offrir un libre accès. Les "business seats" seront supprimés. Et l’enceinte sera rebaptisée: elle porte aujourd’hui officiellement le nom de Maurice Dufrasne. Demain, elle s’appellera stade Fidel Castro, en hommage au "Lider maximo" décédé en novembre dernier.

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