analyse

Le retour à l'équilibre budgétaire menacé en Wallonie

©BELGA

Une série de facteurs comme une baisse des recettes fiscales mettent les finances wallonnes en difficulté. Un trou de 200 millions pourrait obliger le prochain gouvernement à annuler le retour à l’équilibre en 2019.

La Wallonie va-t-elle déjà devoir faire une croix sur son retour à l’équilibre budgétaire? Sans être évoqués par le gouvernement sortant MR-cdH qui était parvenu à forcer cet équilibre pour 2019, certains signaux budgétaires s’invitent dans les négociations politiques en vue de former une nouvelle majorité en Wallonie.

Partons des éléments chiffrés. Ce week-end est apparu un trou de 70 millions dans le financement des allocations familiales. Rien de vraiment dramatique mais l’erreur qui pourrait venir du calcul du Fédéral et du décret wallon mal interprété va obliger la Wallonie à résorber ce trou.

Il ne s’agit cependant que d’une mise en bouche. À côté de ces 70 millions vient se greffer une autre mauvaise nouvelle en provenance du Fédéral. Elle touche les recettes fiscales perçues au nom de la Wallonie par le SPF Finances. Au moment de rédiger les grandes lignes de son budget 2019, le gouvernement wallon MR-cdH misait sur une rentrée de 2,183 milliards d’euros. Les dernières estimations transmises à la Région par le Fédéral parlent maintenant de 2,05 milliards d’euros, soit un manque à gagner de 133 millions.

Au niveau des explications, on pointe par exemple une baisse de 21 millions au niveau des recettes des droits d’enregistrements. Les droits de succession ont eux rapporté 94 millions. Les compteurs de la DLU sont eux remis à zéro contre 10 millions au moment de rédiger le budget 2019.

Cette séquence fiscale est heureusement atténuée par une amélioration des recettes perçues par l’administration fiscale wallonne. Mais dans une proportion qui ne permettra pas de combler le trou de plus de 200 millions.

D’autres paramètres pourraient par ailleurs venir encore mettre en difficulté les finances wallonnes. La Région va, par exemple, devoir débourser 50 millions afin de dédommager les riverains de l’aéroport de Bierset. Il faut aussi intégrer une série de mesures décidées par le gouvernement sortant qui n’ont pas été intégrées dans le budget. On épingle par exemple 10 millions pour le refinancement du non-marchand ou 4 millions pour la revalorisation des allocations de fin de carrière des fonctionnaires. Bref, rien de vraiment bon pour les partis qui vont rédiger la prochaine déclaration de politique régionale.

Il se dit à bonnes sources que le prochain gouvernement qui sortira des discussions n’aura pas le temps pour rééquilibrer les dépenses et les recettes d’ici la fin de l’année. Cette éventualité fait évidemment planer de sérieux doutes sur les capacités de la Wallonie à revenir à l’équilibre. Le ministre sortant en charge du Budget, Jean-Luc Crucke (MR), se veut pourtant plus nuancé. "Il faut relativiser ce déficit. Il y aura un ajustement et les ajustements servent à ajuster les budgets". Tout en émettant des réserves sur les chiffres sans formellement les démentir, il rappelle par ailleurs que ce déficit de 200 millions serait trois fois moins important que celui laissé par les socialistes. "Et rien n’empêche la Wallonie de valoriser certains actifs, au niveau des aéroports par exemple. Ce serait un moyen de faire rentrer de l’argent mais c’est évidemment un choix politique que devra prendre le prochain gouvernement."

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