Les anciens d'Ogeda et la SRIW lancent un fonds biotech

©Dominic Verhulst/dotch.be

Basé à Gosselies, le fonds cherche entre 100 et 150 millions d'euros pour investir dans des sociétés de biotechnologie en Wallonie et à l'étranger. La SRIW pourrait injecter jusqu'à 30 millions.

L’aventure post-Ogeda se poursuit pour Jean Combalbert et Graeme Fraser, deux des anciens dirigeants de la biotech carolo.

 Souvenez-vous. C’était en 2017.  Ogeda est rachetée pour 800 millions d’euros par le japonais Astellas. A côté du jackpot pour ses fondateurs et le fonds public SRIW qui a multiplié sa mise par quinze, la success story qui a entouré la création et la vente de cette société qui développe à Gosselies un médicament permettant de soulager les femmes ménopausées souffrant de bouffées de chaleur, pourrait déboucher sur de nouvelles retombées pour la Wallonie.

Depuis cette vente record, les deux hommes ne sont pas restés à ne rien faire. En 2018 par exemple, ils ont lancé Epics Therapeutic, une biotech située dans le Biopark de Gosselies et focalisée sur le développement de médicaments contre le cancer.

La philosophie Ogeda

Les voici maintenant de l’autre côté du miroir. Avec l’aide de Philippe Degive, le responsable investissements dans les sciences de la vie à la SRIW qui les rejoint, Jean Combalbert et Graeme Fraser vont lancer leur propre fonds d’investissement. « Depuis l’exit sur Ogeda, on a émis l’idée de lever un fonds et de réinvestir une partie de ce qu’on a gagné avec la vente d’Ogeda», explique Jean Combalbert. « Nous avons souvent été face à des investisseurs et des fonds qui voulaient investir dans nos sociétés. L’idée est d’amener un aspect opérationnel.» Graeme Fraser pointe leur background acquis notamment chez Ogeda. « Nous avons une bonne capacité à faire une analyse scientifique pour le projet. C’est un avantage. »

"Depuis l’exit sur Ogeda, on a émis l’idée de lever un fonds et de réinvestir une partie de ce qu’on a gagné avec la vente d’Ogeda."
Jean Combalbert
Ancien patron d'Ogeda et partner du fonds Eden Biocapital

Baptisé Eden Biocapital, le fonds aura comme terrain de jeu le monde des biotechs. « Nous nous focaliserons sur le thérapeutique et les petites molécules », précise Jean Combalbert. Et la concurrence ne leur fait pas peur. «Les fonds, souvent, investissent très tôt avec des petits montants pour l’entreprise. Quant aux plus gros fonds, ils investissent entre 20 et 30 millions. Nous voulons nous situer entre ces deux positions. Il y a pas mal de choses à faire », explique Philippe Degive qui quittera prochainement la SRIW.

Question chiffres, les trois partners ambitionnent de lever entre 100 et 150 millions d’euros. Comparé à des gros fonds belges comme Vesalius biocapital (270 millions) ou Fund+ (200 millions), Eden Biocapital se place d'emblée dans le haut du panier. « Nous visons une dizaine d’investissements avec à chaque fois des montants de 10 millions ou un peu plus.», assure Jean Combalbert.

"Notre terrain de chasse démarre à Gosselies mais on investira certainement en Wallonie, en Belgique et dans des pays comme la France, les Pays-Bas ou l’Allemagne."
Philippe Degive
SRIW et partner cher Eden Biocapital

La SRIW chasse à l'étranger

Bien que basée à Gosselies, Eden Biocapital n’entend pas limiter ses investissements en Wallonie. « Notre terrain de chasse démarre à Gosselies mais on investira certainement en Wallonie, en Belgique et dans des pays comme la France, les Pays-Bas ou l’Allemagne », assure Philippe Degive.

Le trio a déjà identifié une centaine de sociétés en Europe qui pourraient entrer dans le scope d’Eden. « Une société comme Ogeda ou Iteos aurait certainement intéressé Eden. Nous cherchons des sociétés où le produit entre dans la dernière étape qui précède l’étude clinique et les tests sur l’homme », précise Jean Combalbert.

L’opération lancée, il reste maintenant à Eden Biocapital à récolter les fonds nécessaires avant de partir à la chasse. Les trois hommes s’adressent aux investisseurs belges. « Le ticket minimum est d’un million d’euros. On vise des business angel, des family office ou des investisseurs institutionnels. »

"La SRIW est limitée dans son champ d’action car elle n’investit qu’en Wallonie. Il est pourtant important d’être présent dans des projets innovants, même à l’étranger, où les levées sont plus importantes."
Philippe Degive
SRIW et Partner chez Eden Capital

En guise de coup d’envoi, la SRIW a déjà marqué son accord pour monter jusqu’à 30 millions. «La SRIW investira dans le  premier Closing  pour autant qu’il y ait une mise de 50 millions et on pourra aller jusqu'à 25 millions si le fonds atteint les 100 millions, et on pourra monter jusqu'à 30 millions si le fonds atteint 150 millions», explique la SRIW. Cette opération, bien que pouvant l’éloigner de la Wallonie, est décrite par la SRIW comme stratégique pour renforcer les écosystèmes entre les biotechs wallonnes et leurs cousines étrangères. « La SRIW est limitée dans son champ d’action car elle n’investit qu’en Wallonie. Il est pourtant important d’être présent dans des projets innovants, même à l’étranger, où les levées sont plus importantes », justifie Philippe Degive.

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