Les communes wallonnes crient famine

L'avenir n'est pas à la fête pour les communes wallonnes, qui vont devoir encaisser une hausse de 118 millions de charge des pensions d'ici à 2025.

Rendez-vous incontournable des municipalistes wallons, la 15e édition du salon des mandataires a ouvert ses portes ce jeudi. Si pour certains mandataires, les 400 stands qui se dressent au Wex de Marche-en-Famenne pendant deux jours ont parfois des allures de grande kermesse au boudin, pour d’autres municipalistes, le salon est un lieu de revendications. Or aujourd’hui, "l’heure n’est pas à la fête pour les finances publiques", a constaté dans son discours le ministre des Pouvoirs locaux, Pierre-Yves Dermagne (PS).

Une bombe à retardement

"Si l'on ne prend pas des mesures rapidement, on va droit dans le mur."
Maxime Daye
Président de l'UVCW

À y regarder de plus près, les communes sont assises sur une bombe à retardement. La dernière analyse sur le coût des pensions pour les agents statutaires communaux, réalisée par l’Union des villes et communes de Wallonie (UVCW), a de quoi interpeller sur ce qui attend les communes. Récemment arrivé à la tête de l’UVCW, le président Maxime Daye (MR) s’est illustré au Parlement wallon la semaine dernière: "Nous sommes là face à une urgence, avec des coûts liés aux pensions qui explosent, a-t-il affirmé. Si l'on ne prend pas des mesures rapidement, on va droit dans le mur. Surtout que, pendant ce temps, la Flandre avance, elle prend des mesures et ces mesures pourraient impacter fortement les Wallons, puisque ce sont les Wallons qui, à terme, pourraient financer seuls le Fonds de solidarité fédéral. Il faut donc réagir.

Pour étayer ce coup de semonce, le mouvement communal pointe les charges des pensions du personnel statutaire financées par les pouvoirs locaux. "En 2018, le coût des pensions, c'est 245 millions d'euros par an pour les villes et communes, et à l'horizon 2025, ce sera 363 millions d'euros par an", soit 118 millions de plus qu’en 2018. Cette perspective s’accompagne d’une série de charges supplémentaires comme "les 50 millions de surcoût annuel pour les CPAS en 2025 par rapport aux montants de 2018, ce qui pourrait se traduire par une hausse de la dotation communale aux CPAS". 

9% du budget des grandes villes

Ce sont les villes de plus de 50.000 habitants chez qui le choc risque d’être le plus violent. "On parle d’une facture pension étant en moyenne deux fois et demie, voire trois fois plus élevée que celle des autres communes. En termes d’évolution, la facture pension augmentera proportionnellement plus en fonction de la taille de la commune et coûtera en moyenne 48 % plus cher en 2025 par rapport à 2018." Certaines grandes villes devront même consacrer "jusqu’à 9% de leur budget pour ce poste à l’horizon 2025"

"Les perspectives financières à l'échelle de la législature ne sont pas bonnes."
Pierre-Yves Dermagne
Ministre des Pouvoirs locaux

Le ministre Dermagne reconnaît que "les perspectives financières à l'échelle de la législature ne sont pas bonnes". Après, les moyens d’actions semblent limités. Le gouvernement wallon a annoncé en début de législature que 20 millions seront dégagés pour les communes dans le cadre du financement des pensions des agents communaux. "À ce stade, on ne sait pas si les 20 millions annoncés se traduisent en montants annuels ou en montant total sur l’ensemble de la législature, s'inquiète l’UVCW. Cette somme à elle seule ne suffira pas à prendre en charge la facture et, à fiscalité constante pour le citoyen, il faudra donc bien que les économies annoncées par la prise en charge des dépenses d’incendie par les provinces soient prioritairement utilisées pour assumer le coût de ces pensions.

Sans solution miracle, les municipalistes plaident pour la création d'un nouveau statut pour la fonction publique locale avec à la clé un nouveau mode de financement pour les pensions.

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