Les compteurs intelligents arriveront en Wallonie... fin 2034

Pour les ménages desservis par Ores, ce sera le compteur intelligent Linky qui viendra remplacer le compteur électrique actuel. ©AFP

Le gouvernement wallon devrait décider, ce jeudi, d’imposer aux gestionnaires de réseau d’équiper 80% des ménages en compteurs intelligents d'ici la fin 2034. Un déploiement beaucoup plus rapide que celui prévu par Resa.

Le gouvernement wallon devrait décider, jeudi, du remplacement progressif des bons vieux compteurs électromécaniques, de type Ferraris, par des compteurs électriques intelligents; des appareils électroniques qui sont non seulement capables de mesurer l’énergie consommée quart d’heure par quart d’heure, mais aussi de transmettre et de recevoir des données à distance.

Quel est l’objectif fixé dans l’avant-projet de décret qui devrait être adopté ce jeudi en première lecture, et dont "L’Echo" a pu prendre connaissance?  80% de couverture au 31 décembre 2034.

 "Les gestionnaires de réseau ne nous ont pas attendu pour imaginer des plans de déploiement, mais à des vitesses différentes, commente le cabinet du ministre wallon de l’Energie, Jean-Luc Crucke (MR). Il est donc urgent d’adopter un cadre légal qui accélère la transition énergétique, et s’assure que tous les Wallons puissent en profiter."

Ores, qui dessert près de 75% des ménages wallons en électricité, prévoyait d’équiper 90% des ménages en 15 ans. Il se montre donc satisfait de la décision que le gouvernement wallon devrait prendre. "Pour nous, il est important de savoir dans quel cadre nous devons travailler" souligne Jean-Michel Brebant, son porte-parole.

"Ce cadre légal doit accélérer la transition énergétique, et s’assurer que tous les Wallons puissent en profiter."
Le cabinet Crucke

Resa, le deuxième plus important gestionnaire de réseau wallon, qui appatient au groupe Nethys, prévoyait, lui, de couvrir 40% du parc seulement après 15 ans. "Comme Ores, nous avons été associés aux travaux préparatoires de cet avant-projet de décret. Nous ne découvrons donc pas cette obligation, même si la tâche ne sera pas facile. Tout devra être mis en œuvre pour atteindre cet objectif de 80% de déploiement en 2034", commente Marie-Pierre Deghaye, porte-parole du groupe Nethys.

L’enjeu est important. Les compteurs intelligents sont un outil essentiel à la transition énergétique:

→ Ils vont notamment, grâce à l’enregistrement de la consommation d’électricité quart d’heure par quart d’heure, permettre la mise en place par les gestionnaires de réseau et les fournisseurs de tarifs incitant les consommateurs à déplacer leur consommation aux moments où l’électricité est la plus abondante. De quoi augmenter la flexibilité du système électrique, cruciale avec la montée des énergies renouvelables intermittentes.

→ Ils vont aussi pouvoir remplacer les compteurs à budget, dont la fabrication s’arrêtera en 2019.

→ Ils vont permettre aux gestionnaires de réseau de réaliser une série d’économies, grâce notamment à la détection des fraudes ou à l’ouverture, la fermeture et le relevé à distance.

Revers de la médaille : ces compteurs intelligents ont aussi un coût ce qui explique que la Wallonie, contrairement à d’autres pays comme la France ou les Pays-Bas, n’avait jusqu’ici pas encore décidé d’un déploiement massif. Mais la question, aujourd’hui, n’est plus de savoir s’il faut les déployer, mais bien à quel rythme.

L’avant-projet de décret prévoit que l’installation d’un compteur intelligent sera systématique pour les clients résidentiels déclarés en défaut de paiement, lors d’un remplacement de compteur et pour les nouveaux raccordements, ainsi que lorsque les clients en font la demande - il devrait principalement s’agir de propriétaires de panneaux photovoltaïques qui pourront ainsi valoriser leur surplus de production ou offrir des services de flexibilité -  sauf si ce n’est pas "techniquement possible ou économiquement raisonnable". Viendront ensuite tous les autres utilisateurs du réseau, pour atteindre les 80% fin 2034.

Le texte précise aussi que la charge tarifaire mise à charge de chaque client ne pourra "impacter que marginalement" la facture -   l’objectif est de limiter cette charge à 1 à 2 euros par MWh au maximum.


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