Publicité

Les directeurs d'Ogeo fund licenciés pour faute grave

©Anthony Dehez

Après les CEO de Nethys, d'Intégrale et de l'aéroport de Liège, les directeurs d'Ogeo fund sont licenciés pour faute grave.

La saga liégeoise autour du dossier Nethys n’en finit plus. Et avec elle, ses révélations. Mardi soir, le conseil d’administration de l’aéroport de Liège a acté une rupture de confiance entre le CEO Luc Partoune et les actionnaires dont Nethys est l’un d’entre eux à travers le véhicule financier NEB (Nethys et Ethias). Dans la foulée, Luc Partoune a été licencié pour faute grave. Ce n’est pas le premier à tomber pour des faits litigieux dénoncés dans ce méga dossier. Et pas le dernier.

Ainsi, le Conseil d’administration d’Ogeo fund s’est réuni ce mardi pour consulter le rapport d’audit réalisé, à sa demande, par le bureau Deloitte. Il avait aussi connaissance d'un pré-rapport d’inspection établi par la FSMA fin décembre 2020. Constatant un "déficit constant dans la bonne gouvernance", spécialement en ce qui concerne la gestion journalière de l’OFP (Organismes de financement des pensions) confiée au comité de direction, le CA a conclu à "une rupture définitive de la confiance qu’il avait placée dans le Comité de direction". Les deux membres du comité de direction, Emmanuel Lejeune et Hervé Valkeneers, ont été licenciés sur le champ sans indemnité ni préavis. 

La mission anti-fraude de Deloitte s’est d’abord attaquée aux flux financiers de Nethys.

Analyse anti-fraude

Derrière ce que certains qualifient de grand nettoyage, on retrouve Nethys et son nouveau management à tous les étages. À la manœuvre depuis l’automne 2019, le tandem Renaud Witmeur/Laurent Levaux, appuyé par Julie Fernandez Fernandez (PS), la présidente d’Enodia (maison mère de Nethys), n’a jamais fait de mystères sur ses intentions de dénoncer les pratiques du passé dans les sociétés où Nethys détient des participations.

Pour s’en donner les moyens, Nethys s’est offert les services du consultant Deloitte dès novembre 2019. La mission anti-fraude de Deloitte s’est d’abord attaquée aux flux financiers de Nethys. Son objectif: "mesurer l’étendue et dresser le constat de tous les faits ou pratiques douteux entre 2017 et 2019 dans la galaxie de Nethys et ses filiales VO, Win et Elicio."

La même opération anti-fraude a été menée à l’aéroport de Liège pendant près d’un an.

Pratiques mises en lumière

Cette analyse "Forensic" a notamment permis de mettre à jour une série de pratiques litigieuses commises par l’ancien management de Nethys dont Stéphane Moreau. Deloitte pointe, par exemple, le recours à des emplois fictifs, des dépenses somptuaires réalisées à l’étranger ou des notes de frais non justifiées de l’ancien management payées via un compte secret alimenté en toute discrétion par des factures internes. Pour Stéphane Moreau, Pol Heyse et Bénédicte Bayer, la suite se jouera probablement devant la justice.

18 millions
d'euros
L’ex-CEO d'Integrale Diego Aquilina a été inculpé pour avoir organisé le versement des indemnités de plus de 18 millions à l’ancien management de Nethys.

La même opération anti-fraude a été menée à l’aéroport de Liège pendant près d’un an. On en connaît aujourd’hui une partie des conclusions avec le licenciement de Luc Partoune, mais le rapport pourrait amener à d’autres licenciements. Le comité d’audit de l’aéroport devrait, par ailleurs, transmettre les conclusions de l’analyse Forensic à la justice.

Enfin, l’assureur Intégrale, dont Nethys cherche à se défaire, s’est également retrouvé sous le feu des critiques. Suite à une série de reproches, François-Xavier de Donnea a démissionné de la présidence du conseil d'administration. Quant à l’ex-CEO Diego Aquilina, il est inculpé pour avoir organisé le versement des indemnités de plus de 18 millions à l’ancien management de Nethys.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés