Les investisseurs étrangers n'ont pas déserté la Wallonie

Si on fait fi de 2019, l'année 2020 s'inscrit dans la lignée d'années classiques comme 2016 ou 2017. ©Photo News

Malgré le net recul par rapport à 2019, la Wallonie est parvenue à capter 677 millions d'investissements étrangers et la promesse de création de 1.801 emplois.

Après deux années considérées comme exceptionnelles par l'Agence wallonne à l'exportation (Awex) en matière d'investissements étrangers en Wallonie, le cru 2020 ne pouvait être qu'indigeste avec la crise du coronavirus et le ralentissement du commerce mondial.  "Le choc a été rude, parfois même très rude dans certains secteurs. Beaucoup de décisions d'investissement ont été suspendues ou retardées", constate le ministre de l'Économie Willy Borsus (MR).

"Le choc a été rude, parfois même très rude dans certains secteurs. Beaucoup de décisions d'investissement ont été suspendues ou retardées."
Willy Borsus (MR)
Ministre de l'Économie

Trois fois moins qu'en 2019

En 2020, la Wallonie est parvenue à capter 85 dossiers pour un montant global de 677,411 millions d'investissements étrangers et la promesse de voir toutes ces entreprises créer 1.801 emplois. Derrière ceux-ci, on trouve le logisticien Alando Global (1,5 million et 50 emplois) ou l'unité de production alimentaire de Solarec Mozzarella (40 millions et 50 emplois). En comparaison avec 2019, c'est évidemment un gigantesque recul. L'année dernière, 1,825 milliard d'investissements étrangers avait été annoncé à travers 93 dossiers et la création attendue de 2.875 emplois. La Wallonie n'est bien sûr pas la seule à subir la crise. Au cours du premier semestre 2020, la Flandre a enregistré un tiers de dossiers en moins.

677 millions
En 2020, la Wallonie a capté 85 projets d'investissements étrangers pour un montant total de 677 millions et 1.801 emplois à créer.

Si on fait fi de 2019, l'année 2020 s'inscrit dans la lignée d'années classiques comme 2016 ou 2017. Sur 20 ans, la Wallonie est ainsi parvenue à capter en moyenne 774 millions d'investissements étrangers pour 1.835 emplois annuels et 85 dossiers.

Un top 3 mouvant

Voilà pour le contexte. Regardons maintenant ce qui se cache derrière ces chiffres. En nombre de projets, la Chine s'offre la première place avec 16 dossiers annoncés (3 en 2019), devant la Flandre et ses 13 projets (idem en 2019) et la France et 10 dossiers (24 en 2019). Sur le plan financier, la Chine chute loin  derrière avec seulement 7,3 millions d'investissements. C'est le Royaume-Unis et ses 218 millions annoncés qui décroche la première place du podium, devant la France (167 millions) et la Flandre (99 millions). Au niveau de l'emploi, ce sont les États-Unis qui arrivent en tête avec 340 jobs annoncés, devant la France (305) et le Royaume-Unis (250). La Chine s'engage elle à créer 187 emplois.

Le boom de la logistique

"Je crois en un effet de décalage. Certains investisseurs ont postposé leurs projets."
Willy Borsus (MR)
Ministre de l'Économie

Sur le plan sectoriel, l'agroalimentaire (194 millions et 194 emplois), les biotechs (162 millions et 175 emplois) et la chimie (109 millions et 10 emplois) tirent la Wallonie. À ce trio, il faut pointer le cas de la logistique qui continue à monter en puissance avec la création annoncée de 918 emplois pour 80 millions d'investissements. En 2019, le secteur avait déjà connu une belle flambée avec 184 millions d'investissements et 757 emplois promis.

1 milliard d'euros et 13 dossiers recalés par la crise

Le constat est forcément contrasté. La crise a obligé la Région à placer en stand-by 13 dossiers pour un total de 1,063 milliard d'euros et 2.017 emplois. De quoi peut-être annoncer une belle reprise l'année prochaine ou en 2022? "Je crois en un effet de décalage. Certains investisseurs ont postposé leurs projets", espère le ministre Borsus.

"Pour un investisseur, le fait qu'on puisse lui donner un délai clair est très important. C'est un dossier que je veux faire aboutir au premier trimestre."
Willy Borsus (MR)
Ministre de l'Économie

Cette "réserve" virtuelle de dossiers ne doit cependant pas freiner la Wallonie dans ses réformes. Le ministre en pointe deux pour renforcer l'attractivité. "On doit faire un effort dans la disponibilité des ressources humaines. Un investisseur doit pouvoir trouver les compétences pour pouvoir construire son projet. Or, dans certains secteurs, il y a une tension sur le marché du travail. Dans les biotechs, il y a 2.000 emplois à pourvoir." Pour y remédier, Willy Borsus mise notamment sur la formation accélérée.

Le ministre veut aussi sécuriser la durée des procédures d'octroi de permis en rendant notamment exceptionnelle la prolongation d'un mois donnée au fonctionnaire délégué. "Cela doit rester exceptionnel et se justifier pour 10% des dossiers et pas la moitié des dossiers comme c'est le cas dans certains secteurs. On doit aussi sécuriser les décisions administratives de permis afin d'éviter les recours. Pour un investisseur, le fait qu'on puisse lui donner un délai clair est très important. C'est un dossier que je veux faire aboutir au premier trimestre."

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