Les invests wallonnes, armes contracycliques pendant la crise

Deltrian fait partie des entreprises financées par Sambrinvest

Les neuf invests de Wallonie ont injecté 282,7 millions d'euros dans le tissu économique en 2020 et ont permis de soutenir la création de 2.334 emplois.

Acteurs locaux spécialisés dans le financement et l’investissement à capital mixte dans les PME, les neuf invests wallonnes ont démontré leur caractère contracyclique pendant la crise.

+6.195
emplois
Sur les trois dernières années, les neuf invests ont été associées à la création de 6.195 emplois auprès des entreprises.

D’après un rapport remis par la Sowalfin au gouvernement wallon sur l’activité 2020 des invests, ces outils, dont l’actionnariat est semi-public et semi-privé, ont injecté 282,7 millions d'euros dans le tissu économique en 2020, contre 193,7 millions en 2019. "Ce rapport est encourageant. En investissant plus qu’en 2019, les invests ont clairement joué un rôle contracyclique pendant la crise", analyse un acteur du dossier.

L’invest de Mons IMBC a octroyé, par exemple, 42 millions d’euros, Noshaq (Liège) 108 millions, Sambrinvest 57 millions et Invest B.W. près de 6 millions.

Soutien à l'emploi

Cette hausse des montants injectés va de paire avec une augmentation du volume d’activité. "Le nombre de dossiers décidés passe de 445 sur l’exercice 2018, à 462 sur l’exercice 2019, pour aboutir à 711 dossiers au cours de l’exercice 2020, soit une dernière hausse de 53,9%", pointe le rapport

Les interventions des invest sur l’année de crise ont augmenté en termes de montant, mais également de quotité par rapport aux montages financiers globaux.

Sous la forme de participations financières dans les entreprises, de prêts ou de prêts subordonnés, cette mobilisation a ainsi permis de soutenir 10.829 emplois existant dans les entreprises et 2.334 emplois "à créer", soit une moyenne de 3,79 emplois par dossier. Sur les trois dernières années, les neuf invests ont été associées, à travers leurs décisions, à la création de 6.195 emplois auprès des entreprises.

L’effet de levier, qui est le rapport entre l'intervention de l'invest et le montant total du projet, est passé de 7,16 en 2019 à 5,18 l’année dernière. "Les interventions des invest sur l’année de crise ont augmenté en termes de montant, mais également de quotité par rapport aux montages financiers globaux. Cela démontre le rôle essentiel qu’ils ont joué pour permettre notamment de pallier la défaillance d’autres financeurs ou des entreprises", conclut le rapport.

Moratoires et garanties

Au-delà du soutien financier, les invests ont également accordé, pendant la crise du Covid, 1.243 moratoires aux entreprises, représentant un montant total de 28 millions d’euros, et 189 garanties pour un engagement total de près de 19 millions d’euros.

49%
des interventions
Quasi la moitié des interventions des invests concerne des TPE pour un montant de 37 millions d'euros.

Au niveau des secteurs dans lesquels les invests ont été les plus actives, pointons, par exemple, le commerce de gros (à l’exception des véhicules automobiles et des motocycles), où 86 interventions ont été enregistrées pour un montant global de 17 millions d’euros. Le secteur de l’hébergement a bénéficié, quant à lui, de 10 millions d’interventions.

D’une manière générale, 49% des interventions des invests concernent des TPE pour un montant de 37 millions d'euros. En terme de montants, toutefois, ce sont les moyennes entreprises qui sont principalement financées par les invets avec 52 millions d'euros.

La fusion entre Invest-BW et Namur Invest reportée

Annoncée il y a un an, la fusion entre Namur Invest et Nivel Invest (devenue entre-temps Invest.BW) se fait attendre. Sans parler d’échec, le projet doit faire face à une série de contraintes techniques qui pourraient empêcher tout rapprochement.

Pour rappel, derrière cette union, les deux invests de la province de Namur et du Brabant wallon entendaient créer une structure commune "Invest+" dans laquelle ils allaient regrouper leurs ressources commerciales ainsi que leurs moyens propres de gestion opérationnelle et administrative. D’après un administrateur d’Invest.BW, le souci est technique et lié à un problème au niveau de la TVA avec le SPF Finances.

Pour l’heure, les deux équipes tentent de trouver une solution et n’abandonnent pas l’idée d’un rapprochement. "Mais nous ne sommes plus dans les mêmes perspectives d’intégration des équipes parce que chacun a évolué d’une manière différente. On doit analyser ce qui est encore possible en choisissant peut-être une collaboration moins intégrée", explique Renaud Hattiez, le directeur de Namur Invest.

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