Les pôles wallons "en première ligne pour la relance"

Actif dans le négoce de métaux ferreux, non-ferreux, le groupe Comet est arrivé à pousser un pas plus loin les techniques de recyclage. D'une vielle voiture, il en fait du carburant. Une prouesse technologique réalisée au sein du pôle MecaTech. ©Dominic Verhulst/dotch.be

Le ministre Borsus veut s'appuyer sur les projets des six pôles de compétitivité pour doper la relance économique de la Wallonie.

Coup de boost en vue pour les six pôles de compétitivité. Dans le cadre du futur plan de relance de la Région wallonne, le ministre de l’Economie Willy Borsus (MR) entend placer ces acteurs au cœur du mécanisme en leur octroyant des objectifs plus précis et de nouveaux financements. «Les pôles auront un rôle majeur à jouer dans le plan de relance. Ils doivent alimenter les objectifs de relocalisation à travers leurs projets de recherche.»

Les pôles auront un rôle majeur à jouer dans le plan de relance. Ils doivent alimenter les objectifs de relocalisation à travers leurs projets de recherche.
Willy Borsus (MR)
Ministre de l'Economie

963 entreprises et déjà 235 brevets

Mais avant de plonger dans les attentes ministérielles, un petit coup d’œil dans le rétroviseur de cet instrument de réindustrialisation de la Wallonie reste utile. La Wallonie compte six pôles. Ils représentent les domaines d’activités où la Région dispose d’une masse critique et peut se démarquer : Biowin (sciences du vivant), Logistics in Wallonia (transport logistique), MecaTech (génie mécanique), Skywin (aérospatial), Wagralim (agro-industries) et Greenwin (chimie et matériaux durables).

On ne va évidemment pas remonter jusqu’en 2006, date de leur création, mais rappelons simplement leur ADN. «Un pôle est là pour faire le lien entre la recherche fondamentale (universitaire) et la recherche appliquée (les entreprises). Nous sommes là pour supporter la recherche et l’innovation dans le but de créer de la valeur ajoutée», résume Jacques Smal président du pôle Skywin. Par la force des projets et des financements, acteurs du monde industriel et universitaire ont été poussé à collaborer. Véronique Graff, directrice du pôle Greenwin redit les bienfaits de tout ce maillage entre entreprises. «Les partenariats ne coulent pas de source. Cela reste un point d’attention. C’est en quoi les pôles sont un peu des agitateurs et les entreprises traduisent les idées dans l’activité économique. C’est comme cela que nous générons de l’innovation.» Jacques Smal insiste d’ailleurs sur la dimension technologique comme levier de croissance. «On peut être compétitif en Wallonie mais c’est la dimension technologique  qui est importante et qui permet aux entreprises de faire la différence avec d’autres pays.»

On peut être compétitif en Wallonie mais c’est la dimension technologique qui est importante et qui permet aux entreprises de faire la différence avec d’autres pays.
Jacques Smal
Président du pôle Skywin

A ce jour, 963 entreprises participent aux pôles dont 90% de PME. On compte aussi 184 services universitaires, hautes écoles ou centres de recherche. Enfin, 442 projets ont été labellisés par le jury des pôles. En recherche par exemple, 314 projets ont reçu un financement de plus d’un milliard dont 660 millions d’argent public. Il y a aussi eu 235 brevets déposés.

442 projets
Depuis 2006, le jury a labellisé 442 projets au sein des pôles.

Surperformance

Le décor planté, Jacques Smal fait ce constat. «En 10 ans, les entreprises partenaires des pôles ont vu leur valeur ajoutée augmenter de 50% alors que le reste de l’activité industrielle stagne. L’emploi a lui augmenté de 13% dans les entreprises des pôles. Et le delta entre cette hausse de 50 et de 13%, c’est de la productivité. On fait plus avec moins de monde. On peut aussi dire qu’une entreprise qui fait partie d’un pôle exporte 25% en plus qu’une autre.» Véronique Graff insiste elle sur la résilience des entreprises pendant la crise. «On pourrait en effet craindre une baisse du financement de l’innovation par les entreprises. Mais jusqu’ici, on n’a pas encore noté de ralentissement. C’est peut-être parce qu’on travaille dans les pôles avec des entreprises plus résilientes et capables de traverser plus facilement les crises.»

On travaille dans les pôles avec des entreprises plus résilientes et capables de traverser plus facilement les crises.
Véronique Graff
Directrice du pôle GreenWin

Acteur de formation et de relance

Cette situation n’interdit pas les réflexions ministérielles.« Il est important de soutenir les endroits où on est déjà bien positionné. Il ne sert à rien de disperser ses efforts dans un septième pôle. Ce serait une erreur stratégique. » Ce statuquo ne veut évidemment pas dire qu’il n’y aura pas d’évolution. «Il faut repenser le rôle des pôles et l’articulation entre les pôles et les clusters, entre les pôles et la formation dans différents secteurs. Les pôles doivent être des moteurs de formation. Pour pouvoir être un acteur de la relance, il faut disposer des ressources humaines dans les secteurs », insiste le ministre.

Il faut repenser le rôle des pôles et l’articulation entre les pôles et les clusters, entre les pôles et la formation dans différents secteurs. Les pôles doivent être des moteurs de formation.
Willy Borsus (MR)
Ministre de l'Economie

A côté de la formation, le ministre entend sécuriser leur financement sur base pluriannuelle. «Mais il y aura un contrat d’objectifs et des indicateurs (valeur ajoutée, emploi, transition environnementale,…) qui permettent d’avoir une évolution transversale. » Le ministre veut aussi accélérer les procédures de labellisation des projets de recherche et faire en sorte que les pôles puissent plus facilement capter les financements européens. « En comparaison avec la Flandre, nous sommes proportionnellement en-dessous de ce que l’on peut capter comme financement. Il faut mieux s’y préparer et pour cela peut-être recevoir plus d’information en amont.»

En comparaison avec la Flandre, nous sommes proportionnellement en-dessous de ce que l’on peut capter comme financement européen.
Willy Borsus (MR)
Ministre de l'Economie

Enfin, dans le cadre de la relance, Willy Borsus met la pression. «Les attentes à leur égard sont importantes sans quoi on rentre dans le déclaratif. J’attends que des projets se traduisent en dossiers concrets et permettent d’élargir les domaines d’activité et éventuellement de remonter dans la chaîne de production. Les pôles sont en première ligne pour la relance. »

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