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Les propriétaires de photovoltaïque passeront à la caisse en 2020

©BELGA

C’est désormais officiel: les propriétaires de panneaux photovoltaïques wallons vont devoir payer pour leur utilisation du réseau.

C’est désormais officiel. La Cwape, le régulateur wallon de l’énergie, a adopté définitivement sa méthodologie tarifaire pour les années à venir. Et elle inclut un tarif prosumer pour faire contribuer aux frais de réseau ceux qui sont à la fois producteurs et consommateurs d’électricité.

Pour qui?

La mesure concerne tous les propriétaires de petites installations photovoltaïques en Wallonie – ils étaient un peu plus de 133.000 fin 2016. Elle va aussi toucher les propriétaires de petites installations éoliennes, hydrauliques ou de cogénération d’une puissance inférieure ou égale à 10 kVA. Ils sont un bon millier en Wallonie.

Quand?

Ce nouveau tarif entrera en vigueur le 1er janvier 2020. Soit un an plus tard que ce que prévoyait le projet de méthodologie tarifaire dévoilé en avril. "Nous avons tenu compte du fait que les plus gros GRD (gestionnaires de réseau, NDLR) ne seraient pas en mesure d’installer les compteurs double flux à temps, pour ceux qui choisissent de contribuer sur la base des flux réels", explique Antoine Thoreau, directeur en charge des tarifs à la Cwape.

Combien?

Les tarifs précis ne sont pas encore connus: ils dépendront des tarifs de réseau que paieront tous les consommateurs durant la période 2019-2023. Des tarifs dont l’élaboration s’étalera sur toute l’année 2018. Mais il est déjà possible de se faire une idée de l’importance de ce nouveau tarif.

La facture finale dépendra ensuite de la puissance électrique nette de l’installation.

La Cwape prévoit deux options. La première: un tarif capacitaire, qui dépend de la puissance de l’installation. La Cwape estime que ce tarif capacitaire devrait se situer entre 60 et 120 euros par kWe, TVA comprise. La facture finale dépendra des tarifs du gestionnaire de réseau: ceux qui sont desservis par Ores Mouscron paieront le moins, tandis que ceux qui le sont par Ores Verviers paieront le plus.

La facture finale dépendra ensuite de la puissance électrique nette de l’installation – soit celle des panneaux, soit celle de l’onduleur. C’est la puissance la moins élevée qui sera prise en compte.

Comme la puissance électrique moyenne des installations photovoltaïques en Wallonie est de 5,5 kWe, le tarif prosumer moyen. devrait varier entre 330 et 660 euros, selon l’endroit où on habite. L’ASBL Touche pas à mes certificats verts, qui a fait ses calculs sur la base des tarifs de réseau actuels, arrive à une fourchette plus resserrée de 357,5 à 594 euros par an, toujours pour une installation de 5,5 kWe.

Pour une installation moyenne, la contribution sera de 330 à 660 euros, selon l’endroit où on habite.

Ceux qui le souhaitent pourront opter pour un tarif proportionnel, en euros par kWh, qui dépendra du nombre de kilowattheures bruts réellement prélevés sur le réseau.

"Nous voulons encourager le plus de prosumers possible à l’autoconsommation, pour minimiser l’impact des énergies renouvelables sur le réseau", explique Antoine Thoreau. La Cwape a dès lors introduit une garantie, suggérée par l’Apere, association qui promeut les énergies renouvelables: ceux qui optent pour le tarif proportionnel ne paieront pas davantage que s’ils avaient opté pour le tarif capacitaire. Cela nécessite toutefois l’installation d’un compteur double flux ou d’un compteur communicant. Actuellement, le placement d’un nouveau compteur est facturé plus de 300 euros par Ores. Mais avec le déploiement prévu des compteurs communicants, la Cwape espère limiter les coûts. "Il y aurait alors simplement un surcoût à payer pour ceux qui veulent ce compteur plus rapidement. Un surcoût dont nous espérons qu’il ne dépassera pas 100 à 200 euros", indique Antoine Thoreau.

Pourquoi?

C’est une question d’équité, argumente la Cwape depuis plusieurs années, un mécanisme indispensable si l’on veut éviter d’entrer dans un cercle vicieux où une minorité finira par payer des frais de réseau insupportables.

Le nouveau tarif couvrira les frais de réseau liés aux kilowattheures qu’ils prélèvent. Il n’y aura par contre pas de tarification sur les kilowattheures qu’ils injectent.

Actuellement, avec le principe du compteur qui tourne à l’envers, les prosumers ne paient des frais de réseau que si, au bout de l’année, ils ont consommé davantage d’électricité qu’ils n’en ont produit – et seulement sur la différence entre leur consommation totale et leur production totale.

Ils utilisent pourtant le réseau tout au long de l’année: pour injecter leur production quand elle est supérieure à leur consommation, et pour prélever de l’électricité quand leur installation ne permet pas de couvrir leurs besoins. Le nouveau tarif couvrira les frais de réseau liés aux kilowattheures qu’ils prélèvent. Il n’y aura par contre pas de tarification sur les kilowattheures qu’ils injectent.

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