Les sociétés wallonnes peuvent attirer des prédateurs

©Mathieu Paternoster

Une quinzaine de sociétés wallonnes sont cotées à la Bourse de Bruxelles. Nombre d'entre elles renferment dans leur actionnariat des acteurs qui visent un ancrage régional.

Avec la chute des cours des actions ces dernières semaines, la question d’un retour des offres publiques d’achat (OPA) de sociétés se pose à nouveau avec plus d’insistance. La quinzaine d’entreprises wallonnes cotées à la Bourse de Bruxelles peuvent-elles être concernées par de telles opérations ? "Sans aucun doute", affirme Michel Ernst, stratégiste senior en actions chez CBC.

Des opérations plutôt amicales

Rien ne s’oppose donc au fait qu’un prédateur sorte du bois et jette son dévolu sur l’une de ces sociétés. Mais pour nombre de ces dernières, une opération inamicale, c’est-à-dire sans accord au préalable avec leurs actionnaires, a peu de chances d’aboutir. Cela en raison de la présence d’actionnaires dans le capital qui visent notamment à assurer un ancrage régional aux sociétés.

"Certes, le verrouillage politique peut parfois constituer un frein à une OPA."
Michel Ernst
Stratégiste senior en actions chez CBC

On pense par exemple aux 8,44% détenus par la Société régionale d’investissement en Wallonie (SRIW) dans le capital de Floridienne et aux 9,44% dans celui de Bone Therapeutics. Ou aux 13,8% du fonds de gestion et de développement économique liégeois Noshaq (Meusinvest) dans Mithra Pharmaceuticals. On pourrait poursuivre la liste. Epinglons juste encore les 3% que possèdent ensemble Belfius Insurance et la Société fédérale de participations et d’investissements (SFPI) dans le capital d’IBA, aux côtés de la SCRL Belgian Anchorage (20,6%) et de la SRIW (2,34%).

"Certes, le verrouillage politique peut parfois constituer un frein à une OPA", explique Miche Ernst. "Mais on peut aussi imaginer que l’actionnaire public en profitera pour mettre l’accent dans la négociation avec un éventuel acquéreur sur la sauvegarde de l’emploi et le maintien du centre de décision en Wallonie."

"EVS typiquement opéable"

Parmi les sociétés n’ayant pas d’actionnaire "public", on trouve notamment Spadel détenu par Finances et Industries (93,03%) et Moury Construct, dont la famille du même nom a 60% du capital. Bien qu’un rachat ne soit généralement pas envisagé pour ces deux acteurs, un acheteur rencontrerait beaucoup moins de difficultés à négocier avec de tels actionnaires. Il y a aussi EVS, dont l’actionnariat est, lui, fort éclaté, et dont le cours de l’action a perdu 34% depuis le début de la crise. "EVS est typiquement une valeur qui, si elle continue à sous-performer, pourrait intéresser un acquéreur", pointe Michel Ernst.

A la question de savoir si la crise actuelle que nous traversons ne risque pas de décourager les acheteurs, Michel Ernst ne le pense pas. Pas même la situation actuellement délicate des banques. "Un dossier bien ficelé peut toujours être avalisé par une banque."

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