"Interdire les vieux moteurs sur toute la Wallonie n'a pas de sens" (Febiac)

©Bloomberg

Dès le 1er janvier 2026, seuls les véhicules répondant à la norme Euro 5 ou supérieure seront autorisés à rouler sur les routes wallonnes. La Febiac estime que cette mesure n'a aucun sens en dehors des zones de basse émission.

À l’approche du Salon de l’auto qui ouvrira ses portes en janvier, le gouvernement wallon a réitéré son intention de bannir de ses routes les véhicules à moteurs thermiques les plus polluants. "Le signal doit être donné rapidement. Les gens doivent savoir que s’ils achètent un diesel au prochain salon de l’auto, il y a un risque en Wallonie."

"Les gens ne vont rien y comprendre"

À la Febiac, qui représente les constructeurs en Belgique, le plan de la Wallonie laisse perplexe. "Je comprends que l'on mette en place des zones de basse émissions dans les villes où la pollution reste sur place, capturée entre les maisons, mais pas si c'est sur tout le territoire wallon", indique Joost Kaesemans, directeur de la communication de la Fédération.

"Ça va poser tellement de questions. Les gens ne vont pas comprendre ce qu’il se passe. Ils ne vont pas réaliser ce que signifie Euro 6, Euro 6d ou temp", explique-t-il. La Febiac estime en outre que ce genre de mesure n'a que peu de sens en rase campagne pour des véhicules qui sortent rarement et qui font peu de kilomètres. 

Pour lui, "cette décision est un peu trash" et risque de laisser les gens les plus pauvres sur le carreau ou tous ces "gens qui ne s’intéressent pas beaucoup à leurs voitures et qui la gardent un certain temps"B.E.

"Investir dans le diesel n’est pas la bonne solution. Il faut faire basculer les achats à venir", a expliqué le ministre de l’Environnement Carlo Di Antonio (cdH) lors de l’examen du texte au parlement wallon, lundi. Mais voilà, d’un stop au diesel annoncé depuis le projet initial, la mesure a été étendue à une partie du parc automobile roulant à l’essence.

Euro 5, la norme minimum pour l’essence

Le début de la procédure de retrait est fixé à 2023. Entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2025, "la circulation des véhicules particuliers les plus polluants sera progressivement interdite, et ce quelle que soit leur motorisation. Ainsi, seuls les véhicules répondant à la norme Euro 5 seront encore autorisés à partir du 1er janvier 2026", précise le projet de décret.

La deuxième étape du phasing out, comprise entre le 1er janvier 2028 et le 31 décembre 2029, ne concerne, elle, que les motorisations au diesel. Deux dates clés sont à retenir. Au 1er janvier 2028, seuls les véhicules roulant au diesel et répondant à la norme Euro 6 seront autorisés à circuler sur les routes wallonnes. Enfin, dès le 1er janvier 2030, l’interdiction touchera les normes Euro 6 pour n’autoriser que les moteurs au diesel répondant à la norme Euro 6d-temp ou supérieure.

"C’est un séisme pour certaines personnes. Il faudra une fiscalité automobile adaptée."
Carlo Di Antonio
Ministre de l’environnement

Si aucune mesure compensatoire n’est prévue, le ministre estime que la progressivité dans le délai de sortie des véhicules les plus polluants est un facteur suffisant. "La sortie est échelonnée entre 2023 et 2030. Ce temps est supérieur à la durée de vie moyenne d’un véhicule", estime le ministre qui admet que cela risque néanmoins de causer quelques problèmes pour une partie de la population. "C’est un séisme pour certaines personnes. Il faudra une fiscalité automobile adaptée, plus de pistes cyclables et d’autres alternatives."

Le projet de décret intègre des dérogations. Les différentes interdictions ne concernent d’abord que les véhicules particuliers comportant 9 places assises au maximum. Ensuite, les véhicules qui parcourent annuellement moins de 3.000 kilomètres pourront continuer à circuler.

Enfin, les véhicules plus récents (au minimum Euro 4) qui auraient été acquis avant le 1er janvier 2019, pourront continuer à circuler pendant une durée complémentaire fixée par le gouvernement, pour autant qu’ils ne soient pas cédés à un tiers. "Cette mesure vise à ne pas piéger les citoyens qui ont acquis un véhicule au cours de ces dernières années sans avoir connaissance de ces futures mesures d’interdiction pour les véhicules les plus polluants."

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