Libert Froidmont réclame 5 millions d'euros à la Sogepa

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Ex-président de la Sogepa, Libert Froidmont a introduit une action devant le tribunal de travail de Liège pour rupture abusive de contrat. Il réclame 5 millions d’indemnités.

Le torchon brûle entre la Sogepa et son ancien président, Libert Froidmont. Selon nos informations, le premier attaque le bras financier de la Région wallonne devant le tribunal de travail de Liège pour réclamer d’importantes indemnités à titre de dommages et intérêts ainsi que pour rupture fautive de contrat. Il lui reproche d’avoir tout fait pour l’empêcher de remplir sa mission de directeur général, chargé de la gestion journalière FSIH, à 100% de la Sogepa. C’est par ce véhicule financier que la Wallonie a injecté 517 millions d’euros dans Duferco.

À son départ de la présidence de la Sogepa en 2013, Libert Froidmont a été nommé à la tête de FSIH le 1er avril. Mais il dit avoir constaté que la gestion était, dans les faits, accaparée par le président du comité de direction (Renaud Witmeur), lequel l’avait remplacé à la direction de la Sogepa. Ses tentatives pour éclaircir la situation auraient été vaines.

En réponse, les dirigeants auraient tout mis en œuvre pour le tenir à l’écart: accès aux archives bloqué, interdiction de faire appel à des collaborateurs sans autorisation préalable, etc.

Un dossier au pénal

On lui reprochait aussi un conflit d’intérêt dans la mesure où il était, à titre privé, administrateur d’au moins une société du groupe Duferco à qui, par le passé, il a prêté de l’argent en tant que patron de la Sogepa et via FSIH.

Pour lui, cette attitude de la Sogepa est une violation grave et une faute justifiant sa demande de résolution de son contrat. Il demande non seulement des dommages et intérêts, mais veut aussi que la Sogepa remplisse son engagement de lui payer des indemnités de départ. Il évalue son préjudice à environ 5 millions d’euros. Le dossier a été plaidé le 2 mars. Jugement en avril.

Mais un autre dossier oppose Libert Froidmont et la Sogepa. Celle-ci a déposé plainte au pénal contre l’ex-président. Elle l’accuse d’avoir violé le secret professionnel en faisant fuiter dans la presse, en 2012, les conclusions de la première étude Laplace sur l’avenir de la sidérurgie à Liège. L’enquête est en cours et plusieurs acteurs du dossier ont déjà été auditionnés.

Dans le dossier Duferco, un membre de la direction actuelle de Sogepa a touché des jetons de présence au sein des entités du groupe Duferco. Il s’agit d’Olivier Gutt (vice-président de la Sogepa, ex-chef de cabinet de Serge Kubla/MR). Il avait touché 19.000 euros en 2003 et environ 56.200 euros en 2004 en tant qu’administrateur, sans les restituer à la Sogepa. Il en est de même de 2005. Selon plusieurs sources, il a reconnu les faits la semaine dernière lors d’un conseil d’administration. On ne parle pas (pour le moment?) de remboursement.

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