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Louvain-la-Neuve ouvre le bal wallon des villes intelligentes avec Proximus

©BELGA

En partenariat avec Proximus, Louvain-la-Neuve a déployé un système anti-nuisances sonores, de parking intelligent ou encore d’optimisation de la consommation énergétique des bâtiments publics. Une première qui doit servir d’exemple pour d’autres essaimages au sud du pays.

Louvain-la-Neuve porte décidément bien son nom. En six mois à peine, la ville étudiante s’est muée en première ville intelligente wallonne, s’équipant en solutions technologiques innovantes de chez Proximus dans le cadre d’un vaste projet pilote de l’opérateur. Au programme, système anti-nuisances sonores, solution de parking intelligent, analyse en temps réel du trafic ou des rassemblements de personnes, ou encore, outil d’optimisation de la consommation énergétique des bâtiments publics, résume Sandra Ajzenman, en charge des projets smart city chez Proximus. Tout cela, dans le cadre d’une sorte de laboratoire grandeur nature.

Pour ne prendre que la partie détection de bruit, la technologie est venue répondre à un vrai problème, avance David da Câmara Gomes (Ecolo), échevin en charge de la Mobilité, de l’Informatique et de la Simplification administrative à la Ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve. À savoir que "les nuisances sonores sont extrêmement subjectives, ce qui génère énormément d’appels pour nos services de police".

En effet, "alors que vous avez des sources de bruit visibles et fixes, comme des concerts, ou invisibles et fixes, dans le cas de soirée impromptue, toutes deux faciles à régler car il suffit d’envoyer la police, nous avons un vrai problème pour ce qui est des sources mobiles, comme dans le cas d’étudiants qui remontent la rue en chantant pour rejoindre leur kot. Là, il est difficile de prendre les auteurs en flagrant délit. Dès lors, nous devons nous baser sur les plaintes des habitants. Un point où le bât blesse, car certains sont parfois les seuls à appeler dans une rue, quand d’autres y ont tout bonnement renoncé". L’échevin explique donc l’importance du sonomètre qui a été déployé par l’opérateur historique en mode test. Cela change la donne, permettant une réelle objectivisation des choses.

"Nous avons un vrai problème pour ce qui est des sources mobiles, comme dans le cas d’étudiants qui remontent la rue en chantant pour rejoindre leur kot. Là, il est difficile de prendre les auteurs en flagrant délit. Dès lors, nous devons nous baser sur les plaintes des habitants."
David da Câmara Gomes (Ecolo)
échevin de la Mobilité à Ottignies-Louvain-la-Neuve

Du côté de Proximus, ce genre d’application concrète constitue une belle vitrine de ce que peuvent apporter ses solutions de smart city, et démontre l’efficacité d’une approche personnalisée à l’égard des communes, en lieu et place de débarquer avec une solution toute faite, imaginée depuis des bureaux à Bruxelles. "Proximus a fait montre ici d’une approche assez innovante dans le cadre de laquelle nous travaillons de manière très collaborative", souligne l’échevin.

En test depuis avril

Annoncé en avril, ce projet d’ampleur s’est décliné sur trois grands champs de bataille dans la commune: sécurité et prévention, énergie et environnement, et enfin, mobilité. Avec, si possible, des débouchés quant au développement économique de la région et du tourisme.

Après une première phase de tests, les premiers retours commencent à arriver chez Proximus qui, pour l’heure, offre ce service gratuitement grâce à un soutien de la Région wallonne et de l’Agence du Numérique (AdN). Pourquoi donc? Il s’agit-là des suites de l’accord signé entre les deux parties au sujet de la "Tax on Pylons" (ToP). En bref, les communes ne taxent plus les pylônes GSM sur leur territoire en échange d’investissements de la part d’Orange, Proximus et Telenet. C’en est ici un exemple concret.

"Sans cet outil, nous travaillions en quelque sorte à l’aveugle."
David da Câmara Gomes (Ecolo)
échevin de la Mobilité à Ottignies-Louvain-la-Neuve

Interrogé sur les premiers résultats du projet, David da Câmara Gomes se dit "plutôt satisfait" jusqu’à ce stade, car "sans cet outil, nous travaillions en quelque sorte à l’aveugle". Désormais, la commune peut par exemple tester en direct l’influence d’un nouveau sens unique sur la mobilité, voire d’une nouvelle mesure en matière de vivre ensemble lors des 24h vélo qui réunissent plus de 20.000 personnes.

Pour l’échevin, ce partenariat avec Proximus est un "super exercice, qui demande la coordination entre le privé et le public et dont les résultats, qu’ils soient retenus ou non à terme, bénéficieront à toutes les autres communes". En effet, "nous ne sommes pas ici dans la recherche du gadget, mais bien d’être plus efficient tout en réduisant les ressources mobilisées". Une réflexion qui s’impose partout en Wallonie.

Bref, il en retire un bulletin plutôt bon, en définitive, même s’il conviendra désormais à l’opérateur d’établir un réel business model derrière ce genre de formule, précise Sandra Ajzenman.

Petits en vue?

D’autres villes pourraient suivre? "Nous n’avons pas encore reçu de demande en ce sens", explique-t-on chez Proximus, pour cause de calendrier électoral notamment. Maintenant que les majorités s’installent, la donne pourrait changer. Mais, pour autant, "notre objectif n’est pas d’approcher toutes les villes et communes. Il faut que nos solutions répondent à un réel besoin", tempère la responsable smart city de l’opérateur.

Enfin, pour ce qui est du nord du pays, la réalité est différente. Les bourgmestres de Flandre ont pris le problème des villes intelligentes à bras-le-corps, lançant leurs propres initiatives. Le marché ne constitue donc pas autant une priorité pour Proximus.

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