Maingain, nouvel agent de liaison des francophones

Olivier Maingain ©BELGA

Dans la dernière ligne droite des négociations bruxelloises, Olivier Maingain a obtenu un accord de principe relatif à la création d’une nouvelle fonction, non rémunérée mais déjà critiquée.

Alors que son dernier mandat en tant que président de parti touche à sa fin, Olivier Maingain a déjà trouvé une nouvelle fonction dans laquelle s’investir. Dans la dernière ligne droite des négociations visant à former un gouvernement bruxellois en juillet dernier, le patron de DéFI a, en effet, obtenu la création d’un tout nouveau poste visant à renforcer les liens entre les Régions wallonne et bruxelloise ainsi que la Fédération Wallonie-Bruxelles. "Les contours de ce poste exercé à titre gratuit ne sont pas définitivement fixés. Il s’agira d’un poste de liaison entre Communauté et Régions, une grande préoccupation de DéFI", indique le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS) qui confirme l’existence d’un accord de principe sur le sujet.

"Trop souvent, on résume les relations entre Bruxelles et la Wallonie aux compétences de la Fédération parmi lesquelles l’enseignement et la culture. Mais il faudrait avoir une vision commune sur le plan économique et social."
Olivier Maingain

Olivier Maingain explique qu’il juge indispensable d’entamer une large réflexion relative à la solidarité entre francophones. "Lorsque nous avons eu des contacts avec les représentants wallons de certains partis, j’ai évoqué la nécessité d’avoir une réflexion sur l’avenir des institutions francophones et plus particulièrement sur la manière de fortifier les relations entre Bruxelles et la Wallonie. Trop souvent, on résume celles-ci aux compétences de la Fédération parmi lesquelles l’enseignement et la culture. Mais il faudrait avoir une vision commune sur le plan économique et social. Avec la fin des mécanismes de solidarité entre les Régions, il faudra assumer l’autonomie économique des francophones."

Pour le boss des amarantes, l’objectif n’est pas de se focaliser sur l’aspect institutionnel au sens traditionnel du terme, à savoir par exemple la répartition des compétences. "L’idée est plutôt de voir comment on peut être plus efficaces en menant des politiques communes même s’il s’agit de politiques régionales. Ce qui relève de la recherche scientifique est éclaté entre Régions et Communauté. Mais n’aurait-on pas intérêt à travailler sur des objectifs communs? N’a-t-on pas intérêt à voir ce que l’on pourrait faire en commun comme les politiques économiques?" lance Olivier Maingain, qui ajoute que, dans la même logique, la création de pôles de compétitivité communs aux deux Régions figure dans l’accord de majorité bruxellois.

S’agit-il d’une volonté de réaffirmer le fait francophone face à certaines velléités régionalistes? "Il faut montrer qu’une unité francophone est indispensable mais dépasser le clivage entre les ultra-régionalistes et les défenseurs inconditionnels de la Fédération Wallonie-Bruxelles que l’on pense uniquement à dépecer ou à renforcer selon les points de vue. Il faut repartir de la réalité vécue par les différents milieux concernés, les partenaires du monde économique, social, scientifique, universitaire. Et ne pas s’enfermer dans un schéma institutionnel", estime le maïeur de Woluwe-Saint-Lambert.

Fonction déjà contestée

"La possibilité de détacher du personnel existant a été évoquée."
Rudi Vervoort (PS)
Ministre-président bruxellois

S’il insiste sur le fait qu’il s’agira d’un mandat non rémunéré, Olivier Maingain indique en revanche que le délégué aux relations entre Bruxelles, la Wallonie et la Fédération disposera d’un cabinet composé de quatre ou cinq collaborateurs pour mener sa mission. "C’est encore en discussion, mais la Cocof participera au financement de la petite équipe", assure-t-il. Rudi Vervoort se montre plus prudent. "La possibilité de détacher du personnel existant a été évoquée, mais nous n’avons pas été dans le détail lors des négociations. Ce qui est certain, c’est que cela ne doit rien coûter de plus."

 

Émise par Olivier Maingain dans le cadre des négociations, cette requête a fait du bruit dans différentes formations politiques. Caprice de dernière minute, difficulté de raccrocher, création d’un bidule sur mesure, entend-on à différentes sources. Même dans ses rangs, la nouvelle en a surpris plus d’un, la création de ce poste ex nihilo ne figurant visiblement pas dans les priorités des amarantes. En outre, certains mandataires subodoraient qu’Olivier Maingain, en tant que président de parti sur le départ, se réserverait le droit d’exercer ladite fonction. Ce qu’il confirme aujourd’hui à L’Echo.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect