Marie-Kristine Vanbockestal (Forem): "6.245 personnes ont déjà retrouvé un job"

Marie-Kristine Vanbockestal (Forem). ©BELGAIMAGE

La crise du Covid a déjà poussé 44.000 personnes au chômage en Wallonie. Parmi elles, 25.375 personnes qui n'auraient jamais dû se retrouver au chômage.

Après 6 années d’embellie sur le front du chômage en Wallonie, la crise du Covid a basculé les statistiques. "À la fin juin, nous arrivons à 207.159 demandeurs d’emploi. Cela représente une hausse de 44.000 personnes sur le dernier quadrimestre par rapport à celui de l’année précédente", constate Marie-Kristine Vanbockestal, l’administratrice générale du Forem.

Fin juin, le Forem constate "une hausse de 44.000 personnes sur le dernier quadrimestre, par rapport à celui de l’année précédente ."
Marie-Kirstine Vanbockestal
Administratrice générale du Forem

Si les chiffres frappent, la patronne du Forem tire malgré tout un enseignement positif de la crise. "Les différents gouvernements ont appris des deux dernières crises (2008 et 2013) en prévoyant des amortisseurs comme le chômage temporaire". Au plus haut du confinement, près de 1,2 million de personnes ont ainsi été mis en chômage temporaire en Belgique. "Les derniers chiffres parlent aujourd’hui de 200.000 personnes, dont 80.000 en Wallonie."

Eviter l’enlisement

Voilà pour le décor… Pour tenter de colmater l’afflux de nouveaux demandeurs d’emploi et d'éviter un phénomène d’enlisement dans le chômage, le Forem a mis en place une stratégie de relance en trois temps dont les premiers résultats sont palpables. "La première priorité a été de voir si ces 44.000 nouveaux demandeurs d’emplois étaient réemployables rapidement. Il s’avère que 25.375 personnes n’étaient pas connues de nos services et, sans crise, n’auraient pas dû se retrouver au Forem. L’objectif a été de les relancer le plus vite possible sur le marché de l’emploi. Dans les 48 heures, chaque nouveau demandeur d’emploi était contacté. On leur a proposé 42.538 offres d’emplois. C’est une moyenne de 2 offres par personne", explique Marie-Kristine Vanbockestal. "À ce jour, 6.245 personnes ont déjà retrouvé un job."

"Il s’avère que 25.375 personnes n’étaient pas connues de nos services et, sans crise, n’auraient pas dû se retrouver au Forem."
Marie-Kristine Vanbokestal

42.300 offres disponibles

À côté de la gestion de l’urgence, les services du Forem sont allés au contact auprès des entreprises pour tenter de limiter les phénomènes de pénuries dans certains secteurs. C’est d’ailleurs tout le paradoxe de la crise. Malgré la hausse du chômage, de nombreux postes restent à pourvoir en Wallonie. Le Forem a ainsi comptabilisé 25.560 nouvelles offres d’emploi en juin. "Il y a une crise qui se traduit par une diminution des offres, mais la reprise se dessine." Le site internet du Forem renseigne par exemple 42.300 offres disponibles aujourd’hui. "Sur les 44.000 nouveaux chômeurs de ce dernier quadrimestre, seulement un quart des personnes sont reparties à l’emploi. On risque donc de se retrouver avec des situations de pénurie et de métiers critiques."

"Sur les 44.000 nouveaux chômeurs de ce dernier quadrimestre, seulement un quart des personnes sont reparties à l’emploi."
Marie-Kristine Vanbokestal

Parmi les denrées rares, pointons par exemple le métier de chauffeur de poids lourd. "Actuellement, sur le site Internet du Forem, on retrouve pas moins de 1.025 offres d’emploi pour ce métier", pointe le Forem.

Des secteurs engagent

Afin d’atténuer cette dichotomie entre l’offre et la demande sur le marché de l’emploi, le Forem a lancé des rencontres sectorielles. "Nous avons été à la rencontre de 6 secteurs (transport/ logistique, construction, industrie manufacturière et technologique, chimie et biopharma, l’agroalimentaire et l’Horeca) pour savoir exactement de quoi ils ont besoin. Ces secteurs représentent 50% des offres wallonnes. L’objectif est véritablement d’arriver à établir une to do list qui se traduira en un plan d’actions dès septembre: nous avons par exemple lancé des formations des travailleurs en chômage temporaire. L'objectif est également de profiter de la période pour développer les compétences et, accessoirement, éviter la fuite des talents qui seront indispensables pour la reprise de ces activités." Le catalogue de mesures, qui sera évalué par un comité stratégique avec les secteurs, intègre aussi des nouvelles opérations "coup de poing pénurie" et le déploiement de la formation en alternance.

La troisième étape de cette stratégie de rebond passe, elle, par la gestion de certains chocs éventuels. "Rien que sur le mois de juin, 18 entreprises belges ont annoncé leur intention de procéder à des licenciements collectifs," rappelle le Forem. Outre les cellules de reconversion à mobiliser en cas de procédures de licenciements collectifs au-delà de 100 personnes, des plates-formes sont aussi sur le qui-vive pour traiter les licenciements au sien de petites structures comme les TPE et PME. "Nous renforçons les staffs par crainte d’avoir une hausse des licenciements au sein des PME."

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