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Mettre Liège sur la carte européenne

La Wallonie relance le projet du Thalys du fret. Il s'agit d'une évidence sociétale et d'une belle opportunité économique pour l'aéroport de Liège.

Il faut pouvoir le dire quand les choses vont bien. Aborder les succès, ce n’est pas faire preuve de chauvinisme, ni utiliser la méthode Coué pour s’en convaincre. Non, souligner les réussites, pointer les politiques publiques qui permettent l’éclosion des projets, c’est simplement se dire que rien n’est une fatalité. La Wallonie a beau souffrir d’une image négative, elle a beau avoir du mal à se relever de sa période post-industrielle, elle a beau être marquée par un important taux de chômage ou un effrayant taux de pauvreté, elle cache aussi de jolis succès. Il faut les encourager. Tout simplement pour ce qu'ils sont : la base du redéploiement économique.

Pour une fois, on ne parlera pas de la biotech wallonne et de l’enthousiasme de ses entrepreneurs mais de l’aéroport de Liège qui vole de records en records. L’année dernière, ses installations ont vu transiter plus d’un million de tonnes de marchandises et 500 millions de paquets. Un succès assez incroyable !

En quelques décennies, cette ancienne base militaire située au milieu de nulle part est devenue un des hubs aériens les plus recherchés d’Europe, notamment grâce au fait qu’il soit ouvert jour et nuit. Une denrée plutôt rare qui a attiré le géant chinois de l’e-commerce Alibaba. Le succès se traduit dans les chiffres avec la création de 9.000 emplois directs et indirects.

En quelques décennies, cette ancienne base militaire située au milieu de nulle part est devenue un des hubs aériens les plus recherchés d’Europe

On ne va évidemment pas se mettre la tête dans le sable. Liège Airport et ses avions ont leurs détracteurs. Principalement les riverains qui doivent vivre avec les nuisances sonores, le va-et-vient des camions, la pollution au kérosène, le bruit des moteurs. Il y a aussi les anti-avions par positionnement idéologique. Un aéroport a évidemment un impact sociétal et environnemental important. Personne ne le nie, tout comme il est évident que les pouvoirs publics doivent veiller au parfait équilibre entre les impératifs de la croissance économique et le bien-être des Wallons et de l'environnement. C’est faire preuve de durabilité.

On ne peut dès lors qu’encourager la Wallonie et Liège à aller de l’avant avec le retour du projet Euro Carex qui prévoit la création d’un réseau de fret ferroviaire à grande vitesse destiné à relier une série d’aéroports européens et opérer un transfert modal dans le transport de marchandises en poussant le train au détriment de l’avion ou du camion. Ce Thalys du fret repose sur une évidence : le tout au camion ou le tout à l’avion a vécu et l’aéroport de Liège représente le maillon belge qui doit pousser ce changement. Un train Liège-Roissy, c’est environ 40 camions en moins sur les routes.

La Wallonie entend relancer ce projet dans le cadre de son plan de relance. Elle pousse son voisin français à hâter le pas pour combler les chaînons manquants. La Commission européenne pense, elle, à dessiner un tracé jusque Varsovie et intégrer l'Euro Carex dans le futur tracé du rail à grande vitesse des pays de l’Est. Il s'agit de ne pas rater cette opportunité.

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