Mons: "Ce plan est notre dernière chance de survie"

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La ville de Mons lance un programme pour ramener les commerçants dans le centre déserté de Mons. Est-ce que ça marchera, cette fois-ci? "C’est notre dernière chance de redonner vie à un commerce locale de qualité" disent les commerçants.

Lourd problème: "Nous avons favorisé la création de 1.450 emplois avec l’aménagement du site commercial des Grands Prés, boosté plus récemment encore par l’arrivée d’Ikea, mais dans le même temps, il est vrai, nous avons échoué dans la redynamisation du centre-ville" admettait récemment Elio Di Rupo, bourgmestre de Mons.

Le phénomène n’est pas propre à Mons mais est peut-être un peu plus visible ici: le centre-ville est déserté par les commerçants et l’horeca (à l’exception notable de la Grand Place) pour de de multiples raisons. Depuis le milieu des années 80...

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Pourquoi? Sont ainsi invoqués de manière récurrente par les commerçants et chalands le niveau ( beaucoup trop) élevé des loyers commerciaux, l’insécurité, la propreté et l’état de la voierie, la défaillance de l’éclairage public, les heures d’ouverture des magasins mal calibrées, la médiocrité du mobilier urbain, le mauvais mix commercial, etc….

Une situation, de plus en plus catastrophique au fil des ans, qui conduit aujourd’hui le centre-ville à un vide locatif des cellules commerciales qui dépasse allègrement les 20%!

→ Alors, que faire? 

Une nouvelle fois, le collège de Mons (PS-CDH) estime de son devoir (près d’un an avant les élections communales) d’engager une énième "stratégie de redéploiement" du centre-ville.

Pour Nicolas Martin, député wallon et échevin PS du Développement Economique, le moment est sans doute propice avec l’annonce de l’arrivée, sur 4.500 m2, de l'enseigne irlandaise Primark dans le bas du piétonnier (ouverture début 2019), la réoccupation des ex-Galeries Anspach (Basic-Fit et New Yorker en octobre prochain) ou encore un investissement, en face de ce site (ex-Mexx), de 6 millions pour un nouveau complexe commercial de 1.000 m2 engagé par le promoteur bruxellois City Mall.

→ Parmi les sept axes du "plan de redéploiement" récemment présenté, épinglons deux dispositifs quelque peu originaux:

♦ Le programme "maternité commerciale" vise, avec l’appui de fonds wallo-européens de l’ordre de 4 millions, à acquérir des commerces "précaires et/ou de qualité médiocre" souligne Nicolas Martin "pour les remettre, après transformation, sur le marché à des prix locatifs ajustés avec une maîtrise sur le choix des commerces". Trois bâtiments ont, à ce jour, été acquis par la Régie Communale (quatre autres sont visés) et sont en cours de transformation sur base donc d’une initiative purement publique.

♦ L’autre programme, plus original encore, est la constitution d’un "fonds d’impulsion", doté d’une enveloppe annuelle de 200.000 EUR dès 2017.

"Cet outil sera activé dès ce dernier trimestre, après appel à projet et sélection des premiers bénéficiaires" précise le professeur émérite (UCL et U-Mons) Alain Schoon, nommé président de ce fonds.

Concrètement, ce dispositif, réservé au piétonnier, permettra d’octroyer aux commerçants une "aide au loyer" de 2.500 euros maximum par mois, avec dégressivité de 25% par an sur quatre ans. Une aide financière conditionnée notamment à des horaires d’ouverture plus tardifs.

→ Mais aussi...

Une "prime à l’installation" est également prévue, à hauteur ici de 7.500 EUR maximum dans le piétonnier et de 5.000 EUR pour les autres axes du centre-ville.

"Notre objectif est de soutenir huit projets avec la mise en œuvre de ce fonds dès cette année" poursuit Alain Schoon.

Les commerçants sont-ils contents?

Présidente de " Gestion Centre Ville " et, à ce titre, s’exprimant au nom des commerçants, Liliane Senigallia veut, envers et contre tout, être positive:

"Avec ce plan et les actions multiples et très concrètes qu’il suppose, c’est notre dernière chance de redonner vie à un commerce locale de qualité, circuit court, etc…"

Pour elle "la communication sera essentielle pour faire revenir les chalands en centre-ville, l’arrivée de Primark, la construction de nouveaux parkings et d’autres investissements commerciaux annoncés étant de réelles opportunités à saisir" estime-t-elle.

Pour Liliane Senigallia et l’ensemble des commerçants du centre-ville, "ce plan est notre dernière chance de survie".

L'arrivée des Grands Prés à Mons a donné le coup de grâce au centre ville commercial. Le plan communal pourra-t-il faire revivre le piétonnier? ©Photo News

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