analyse

Nethys: ça ne fait que commencer

Combien de temps Stéphane Moreau restera-t-il encore à la tête de Nethys? ©Photo News

Finalement, le dossier de Nethys et ses filiales n'est pas beaucoup moins flou qu'avant. On s'interroge sur le sort de Stéphane Moreau, des contrats cassés, de l'entente entre les deux ailes fortes du PS...

Sale dimanche pluvieux pour Nethys. Les ventes de ses trois filiales (Elicio, Win et Voo) ont été annulées, le conseil d'administration a démissionné. On a l'impression qu'un gros nettoyage a été fait. Mais si ce n'était qu'un seul épisode de cette saga wallonne qui s'était joué ce dimanche? En effet, tout n'est pas réglé, de nombreuses questions attendent réponses.

Pour certaines, la clarté viendra des intéressés. Mais pour d'autres, au mieux, il faudra faire appel à des experts; mais sans doute la justice devra-t-elle venir mettre son nez et de l'ordre

5 questions...

• Quel est le rôle exact du PS?

Rappelons que le PS a demandé, par le biais des administrateurs socialistes dans Enodia et Finanpart, la convocation d'une assemblée générale de Nethys, pour décider de procéder au remplacement immédiat du conseil d’administration et du management de Nethys. Il se dit que le PS liégeois s'est senti ici – et n'a pas aimé ça – défenestré par l'aile hennuyère du parti dans une guerre des chefs.

• Quid de Stéphane Moreau?

Le PS a aussi appelé à la démission du management de Nethys, donc de son CEO Stéphane Moreau. Ce dimanche soir, l'homme d'affaires discret, mais puissant, est toujours là en tant que manager. Il est prévu qu'il reçoive son C4 une fois la privatisation des activités concurrentielles terminée. Mais les événements de ces dernières heures nous font repartir pour un tour. On peut imaginer qu'un CA provisoire soit désigné chez Nethys et qu'il aura à trancher le cas de Moreau dans ces premières tâches...

• Quid des ex-heureux acheteurs?

Win avait été vendu à Ardentia Tech et Elicio à Ardentia Holding. Avec François Fornieri derrière les deux structures. Pour ces deux opérations, le gouvernement wallon a pointé le manque de mise en concurrence lors des opérations. Quant à Voo, une offre lie Nethys au fonds américain de private equity Providence. Ici, le gouvernement wallon a regretté le manque de garantie sur le maintien de l'emploi et sur la localisation du centre de décision; mais que sait-on des ambitions véritables de Providence par rapport au bassin liégeois? Deux des opérations sont faites, la troisième constitue une offre liante. Tous ces contrats comportent des clauses, or la rupture est annoncée de façon unilatérale. Recours et demandes d'indemnités paraissent difficilement évitables

• Quid de la présidence du CA d'Enodia?

Muriel Targnion va-t-elle elle aussi démissionner vu qu'elle a été désavouée par son parti dans cette affaire.

• Qui va accepter de se jeter dans le bourbier du conseil d'administration de Nethys? A 145 euros le jeton de présence... 

On peut aussi s'interroger sur l'avenir des trois filiales dont la vente est annulée. Se retrouveront-elles dans le giron d'un Nethys dont le CA est démissionnaire? Vite remise sur le marché avec une procédure (cette fois en béton?), alors que les conséquences de la vente annulées mettront du temps à être éclaircies? Sachant que les procédures devant la justice risquent de durer des années...

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