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Nethys ne doit pas être le nouveau Fortis

Journaliste

Avec le temps, les procédures judiciaires initiées dans le sillage de l'affaire Nethys se démultiplient. Attention à garder la maîtrise de cette instruction!

De Bruxelles à Liège, il n'y a que la Meuse à franchir. De Fortis à Nethys, il va falloir s'affranchir. Bruxelles contre Liège, Nethys contre Fortis, deux dossiers judiciaires tentaculaires qui, nous l'espérons, ne connaîtront pas la même issue fatale.

Fortis, c'est le dernier fiasco judiciaire en date. Près de douze ans après le dépôt de la première plainte pénale, le dossier Fortis s'est clôturé, en septembre dernier, par une prescription. Les actionnaires du bancassureur, qui n'avaient plus eu que leurs larmes pour pleurer, ont été privés d'un procès qu'ils attendaient de pied ferme. Le dossier pénal de Fortis se composait de 30.000 pages! Pour le dire en un mot comme en cent, il était devenu ingérable.

L'erreur originelle dans cette affaire aura été de la confier à un (seul) juge d'instruction, un (seul) magistrat et deux policiers. Quatre personnes, pas une de plus! Même avec la meilleure volonté du monde, l'affaire était perdue d'avance. On vous passe les affres de la procédure, le jeu des devoirs complémentaires et le fait que le magistrat qui connaissait le dossier sur le bout des doigts en a été débarqué tandis que le juge partait à la pension. Et quitte à se répéter, la moindre des choses aurait été de permettre la tenue de ce procès que les actionnaires attendaient tant.

De Fortis à Nethys, de Bruxelles à Liège, il semble que les leçons de ce fiasco ont été retenues. D'entrée de jeu, la justice liégeoise a décidé de répartir les tâches entre la police judiciaire fédérale de Liège et les agents de l'Office central pour la répression de la corruption (OCRC). Et le moins que l'on puisse dire est que ces équipes ne chôment pas.

Depuis la révélation fracassante de la perquisition dans les locaux du consultant McKinsey, il apparaît qu'une douzaine d'instructions pénales ont été ouvertes auprès du juge Frédéric Frenay. Certaines sources évoquent une vingtaine d'instructions ouvertes, comme si chaque découverte débouchait sur la création d'un dossier qui pourra être traité et refermé indépendamment des autres. La justice liégeoise a compris qu'elle avait tout intérêt à saucissonner ce dossier afin qu'il reste maîtrisable. C'est une bonne chose.

La justice liégeoise a compris qu'elle avait tout intérêt à saucissonner ce dossier afin qu'il reste maîtrisable. C'est une bonne chose.

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