Nethys perd son procès contre le cabinet de consultance PwC

La société dirigée par Renaud Witmeur (à gauche) et Laurent Levaux (au centre) voulait que la justice force PwC à faire une déclaration selon laquelle sa démision n'avait rien à voir avec la situation des comptes de Nethys. ©Tim Dirven

Nethys estimait que la démission de PwC était illégale. La société avait alors attaqué le réviseur en justice. Le tribunal a donné raison à PwC.

Nethys, qui avait intenté une action en justice contre le cabinet de consultance PwC, vient de perdre son combat. La société, dirigée par Renaud Witmeur et Laurent Levaux, voulait que la justice force PwC à faire une déclaration selon laquelle sa démision n'avait rien à voir avec la situation des comptes de la société. Une deuxième demande portait sur la collaboration que PwC doit apporter à RSM, le nouveau réviseur de Nethys.

Depuis plusieurs mois, la pression augmentait entre Nethys et PwC, le cabinet chargé de réviser et d'auditer les comptes de la société. Depuis la sortie d'un rapport passant à la loupe les flux financiers de "l'ancien Nethys", la nouvelle direction de la société se posait des questions sur le rôle de PwC dans l'approbation des comptes de Nethys pour les années 2017, 2018 et 2019. C'est au cours de cette période que les primes dites de rétention, s'élevant à plus de 15 millions d'euros, avaient été octroyées à certains anciens dirigeants de Nethys. C'est dans ce climat qu'à la fin du mois d'avril 2021, à quelques semaines de l'approbation des comptes 2020, PwC avait décidé de démissionner de l'ensemble des sociétés de la galaxie Nethys. Pour justifier cette démission, PwC avait estimé que son indépendance était gravement menacée.

Pas de justification de l'urgence

Cette affaire avait été plaidée le 8 juin dernier en référé devant le tribunal de l'entreprise de Liège. Une des conditions du référé est de pouvoir prouver l'urgence de la demande. Comme les comptes de Nethys ont entre-temps été arrêtés, la juge a estimé qu'il n'y avait pas urgence. De même, elle a estimé qu'il appartiendra au juge du fond d'apprécier si les motifs invoqués par PwC constituaient ou non un motif personnel grave portant atteinte à son indépendance.

Lors de l'audience, PwC, défendu par Nico Goossens (ARGO) et par Laurent Stas de Richelle (BLS), avait fait savoir qu'il ne ferait pas la déclaration souhaitée par Nethys. PwC avait également fait savoir qu'il collaborerait avec RSM, le nouveau réviseur de Nethys.

Nethys estimait que la démission de PwC constituait une voie de fait et un chantage.

Déception du côté de Nethys, où on estime que le tribunal est un peu passé à côté du débat. La société estimait avoir été victime d'une "voie de fait" et d'un chantage exercé par PwC. Le cabinet de consultance avait menacé de remettre son mandat sauf si Nethys s'engageait par écrit à ne jamais attaquer en justice la gestion passée de PwC. Nethys avait refusé, entraînant de facto la démission du réviseur.

15
millions d'euros
Le montant des indemnités de rétention octroyées à certains anciens dirigeants de Nethys.

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