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Niveau salarial des top managers: entre dogmatisme et hypocrisie

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Une fois n’est pas coutume, le débat sur le niveau de rémunération des top managers dans la galaxie publique tourne à la polémique.

La semaine dernière, Renaud Witmeur, l’actuel patron de la Sogepa (le bras financier de la Région wallonne), a fait savoir au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) qu’il retirait sa candidature au poste de directeur général de Wallonie-Bruxelles Enseignement (WBE). Parmi les raisons avancées, le manager pointe une exigence salariale rejetée par le politique.

Quelle différence entre WBE, la RTBF et le CHU de Liège?

Pourtant, entre le début du processus de sélection des candidats par un collège d’experts et la validation de son nom par le Parlement de la FWB avec 72 votes positifs en juillet, Renaud Witmeur n’a jamais caché qu’il prétendait à un salaire plus haut que les 118.000 euros prévus par décret pour le job. Pour faire court, le patron de la Sogepa acceptait de réduire de 30% son niveau salarial actuel et ainsi retomber à 220.000 euros.

Dans la majorité des députés lors de l’analyse du dossier avant le vote comme chez les experts qui ont retenu la candidature, personne n’a trouvé à y redire. Il aura fallu attendre que le sujet arrive sur la table du gouvernement pour entendre des vents contraires, la désapprobation d’Ecolo et un refus politique. La question n’est pas ici de défendre ou non Renaud Witmeur, ni de porter un jugement sur le niveau salarial. Le problème réside plutôt dans l’inconsistance politique entre un vote positif des familles politiques de la majorité au Parlement et un refus des mêmes partis au gouvernement.

Le symptôme est connu et il est accentué par le scandale Nethys: c’est la peur du qu’en dira-t-on. Mais la consistance politique n’est-elle pas au contraire de comparer et d’argumenter? Quelle différence y a-t-il entre un patron à la tête de WBE – une administration qui chapeaute 500 établissements scolaires, 25.000 membres du personnel et 150.000 élèves – et l’administrateur-délégué de la RTBF, qui touche plus de 300.000 euros, ou celui du CHU de Liège, qui gagne 260.000 euros? Entre encadrer le soin des personnes dans un hôpital, piloter le redressement de l’enseignement francophone ou chapeauter un instrument comme la RTBF dédié à la transmission de la culture et du savoir, chaque patron est méritant. Alors pourquoi ces différences salariales si ce n’est par pur dogmatisme de circonstance?

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