Novallia aide les PME à "défluorer"

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Le programme Easy’green piloté par la filiale de la Sowalfin a déjà soutenu 75 PME dans leurs efforts en matière d’énergie.

L’heure est venue de tirer un premier bilan du programme Easy’green lancé par Novallia, la filiale du holding public Sowalfin, pour aider les PME wallonnes à améliorer leurs performances énergétiques ou à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Initié en novembre 2017, il a déjà séduit à ce jour 75 entreprises, qui ont bénéficié de prêts ou d’investissements en capital pour un total de 18 millions d’euros. L’initiative soutenue par le gouvernement wallon s’inscrit, pour rappel, parmi les efforts fournis par la Région pour faire transiter son industrie vers une économie "bas carbone". Novallia a été dotée, pour conseiller, accompagner et cofinancer les petites et moyennes entreprises soucieuses de participer à l’effort, d’un budget de 47 millions d’euros, qui a été augmenté entre-temps à 53 millions.

En cours de route, Easy’green a vu ses missions s’élargir. Dans le cadre de la réforme des outils économiques et financiers wallons, la Sowalfin a en effet repris l’an dernier les activités de l’ancienne Agence pour l’entreprise et l’innovation (AEI), dont le soutien aux projets d’économie circulaire des PME. "Nous avons intégré cette mission dans Easy’green, explique Anne Vereecke, la directrice générale de Novallia. L’idée de créer des chèques-entreprises pour les projets d’économie circulaire était dans l’air du temps, mais n’avait encore jamais été actionnée: nous nous sommes dit que le moment de le faire était venu, et le ministre wallon de l’Économie Pierre-Yves Jeholet a émis la même réflexion. Nous allons donc les lancer cette année encore." Un budget spécifique de 3,2 millions d’euros est prévu pour alimenter ces chèques: ce seront des subventions, et non du financement. Cet argent-là sera géré par la Direction générale Économie.

Nouvelle obligation

En 2018 toujours, le panier d’Easy’green s’est vu lesté d’une troisième mission: le gouvernement wallon a demandé à Novallia d’y intégrer un dispositif visant à aider les PME à adapter leurs processus à la suppression progressive, d’ici 2030, des gaz fluorés. Il s’agit d’une nouvelle obligation européenne, dont nombre de petites entreprises ignorent encore les implications. L’utilisation de ces gaz (attaquant la couche d’ozone et/ou émettant beaucoup de CO2) va être interdite, or ils sont utilisés dans les systèmes de réfrigération et de climatisation dans un grand nombre de secteurs. "Sont concernés non seulement l’industrie agroalimentaire, mais aussi les restaurants, boucheries, pharmacies, glaciers, transporteurs, la grande distribution, etc. Dès qu’on utilise une chambre froide, on est susceptible d’être touché", explique Véronique Léonard, la nouvelle responsable Environnement à la Sowalfin.

Désormais, les entrepreneurs qui se sentent concernés peuvent contacter Novallia, qui les aidera à trouver une solution et pourra les épauler pour financer celle-ci. Concrètement, les entreprises ont deux solutions: soit remplacer les gaz fluorés qu’elles utilisent par d’autres gaz, soit changer toute leur installation. "On parle ici d’un coût moyen de 30 à 40.000 euros dans le premier cas, de 250.000 à 400.000 euros dans le deuxième, estime Véronique Léonard. Les installations au CO2 ou à l’ammoniac peuvent remplacer celles aux gaz fluorés, mais elles requièrent un savoir-faire technique rare et représentent un surcoût par rapport aux installations classiques." Gare aussi à l’inflation des prix des gaz de substitution: depuis l’annonce de l’interdiction, leurs prix ont déjà été multipliés par un facteur dix…

Le programme Easy’green piloté par Novalia sert donc désormais les trois missions: économie d’énergie et réduction des émissions, aide au remplacement des gaz fluorés, économie circulaire. Jusqu’ici, il a surtout servi la première, timing oblige. Les projets visant les énergies renouvelables et l’éco-innovation ont monopolisé le gros des efforts. On est curieux de voir ce que donneront les projets "ex gaz fluorés" à partir de cette année.

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