Olivier de Wasseige (UWE): "Veut-on une Région avec de l'emploi privé?"

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Le patron de l'UWE se dit interpellé par la sortie de la CSC sur les aides aux entreprises. Olivier de Wasseige la juge déconnectée de la réalité.

C’est en quelque sorte la réponse du berger à la bergère, celle de l’Union wallonne des entreprises (UWE) à la CSC.

Au centre du déchirement: les aides aux entreprises. Voici une semaine, Marc Becker, le patron de la CSC wallonne, suggérait au gouvernement wallon de saigner à blanc les aides aux entreprises afin de mettre un terme aux effets d’aubaine qui s’élèveraient "à un peu plus d’un milliard d’euros". Cette solution, aux yeux de la CSC, permettrait "de financer les premières mesures de relance. Ensuite, on pourrait envisager de s’appuyer sur ce milliard d’euros dégagé pour financer certains secteurs prioritaires".

"Cela passe très mal, cette idée de couper dans les aides. Je ne sais pas où Marc Becker a été trouver ce milliard d’aides à destination des entreprises."
Olivier de Wasseige
Administrateur délégué de l'UWE

Pour la CSC, la problématique des effets d’aubaine serait particulièrement interpellante dans les aides Sésam, les aides à l’expansion économique, celles pour les travailleurs plus âgés ou liées aux accords de branche. Pour ces dernières par exemple, il conviendra "de supprimer celles qui relèvent du pur effet d’aubaine et de cibler davantage les autres afin qu’elles soutiennent réellement les entreprises dans leur processus de transition juste".  

Voilà pour le pitch. Sans surprise, la sortie de la CSC a fait bondir Olivier de Wasseige, l’administrateur délégué de l’UWE. "Cela passe très mal, cette idée de couper dans les aides. Je ne sais pas où Marc Becker a été trouver ce milliard d’aides à destination des entreprises. D’après nos calculs, on est plus autour de 750 millions. Sur un budget de la Région wallonne de 15,5 milliards, moins de 5%, est-ce beaucoup pour les entreprises, qui sont le moteur du développement socio-économique?"

"Veut-on une Région avec de l’emploi privé ou de l’emploi public? Une réforme des aides à l’emploi doit s’analyser dans sa globalité et pas uniquement en se focalisant sur les entreprises, comme le suggère la CSC."
Olivier de Wasseige

Au-delà du montant, Olivier de Wasseige juge hypocrite la sortie de la CSC. "Nous sommes entièrement prêts à balayer devant notre porte et parler des effets d’aubaine. Mais pourquoi se limiter aux aides aux entreprises? Si je prends les aides à l’emploi, cela représente une enveloppe globale de 1,5 milliard dont 300 millions vont vers le privé. Cela veut dire que la grande majorité des aides vont vers le public et le non-marchand. Les APE, ce sont par exemple 660 millions. Veut-on une Région avec de l’emploi privé ou de l’emploi public? Une réforme des aides à l’emploi doit s’analyser dans sa globalité et pas uniquement en se focalisant sur les entreprises, comme le suggère la CSC."

Enfin, l’UWE juge la sortie de la CSC déconnectée de la réalité économique. "Face à la crise, pourquoi venir avec un tel sujet aujourd’hui? Ces aides aux entreprises permettent de maintenir de l’emploi. Ce n’est certainement pas le moment de toucher aux aides!"

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