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Ores et Resa choisissent la cohabitation

©belga

A défaut d'un accord sur une fusion, Resa et Ores, les deux gestionnaires du réseau de distribution de gaz et d'électricité, viennent de signer une convention de collaboration afin de générer des économies d'échelle.

La fusion entre Ores et Resa, c’est un peu l’arlésienne dans le petit monde de l’énergie en Wallonie. Déjà imaginée il y a trois ans, analysée par le consultant Roland Berger, remise récemment à l’avant-scène sous la pression du ministre de l’Energie Jean-Luc Crucke (MR), poussée par les actionnaires d’Ores et illico rejetée par ceux de Resa, les deux gestionnaires publics, qui maîtrisent 98% du marché de la distribution de gaz et d’électricité en Wallonie, vont enfin faire cause commune. "Tout s’est accéléré en juillet", admet Fernand Grifnée, l’administrateur délégué d’Ores.

Ceci n'est pas une fusion...

Attention cependant à employer le bon terme! Il n’est toujours pas question de parler de fusion, mais de collaboration. "Le rapprochement capitalistique a été étudié, mais les actionnaires de Resa ont dit non", confirme Gil Simon, le président du comité de direction de Resa qui gère sur Liège la distribution du gaz et de l’électricité. "Mais un constat a été posé chez Resa. Il y a une volonté de développer des synergies. Cette volonté est soutenue par les actionnaires des 2 sociétés."

Un constat a été posé chez Resa. Il y a une volonté de développer des synergies. Cette volonté est soutenue par les actionnaires des 2 sociétés.
Gil Simon
Président du comité de direction de Resa

Si la première pierre se limitera donc à une collaboration sur 15 ans dont la convention a été signée ce mercredi à Namur, Bernard Thiry, le président du conseil d’administration de Resa, n’hésite pas à parler d’un "jour symbolique" pour évoquer cette signature. "Au-delà des péripéties, nous sommes convaincus qu’en mutualisant nos coûts et en développant au maximum les synergies entre nous, nous pouvons beaucoup pour les bénéfices des consommateurs et de nos actionnaires."

Cette avancée est d’ailleurs saluée par Jean-Luc Crucke. "J’ai toujours milité pour la fusion entre gestionnaires de gestion de distribution de gaz et d’électricité et je n’ai pas changé d’avis tout comme je suis pour une tarification unique sur le territoire wallon. Mais dans ce dossier, on a réussi à mettre l’ego de côté au profit de l’intelligence. On travaille ici sur le moyen de faire baisser la facture des citoyens ou du moins pour qu’elle ne dépasse pas l’inflation", avance-t-il.

Une suite logique

Mais au-delà du désir ministériel, ce sont surtout les synergies, qu’on décrit comme étant financièrement "significatives" sans en dire plus, qui auront réussi à apprivoiser l’esprit principautaire des actionnaires liégeois. Ce n’est d’ailleurs pas une surprise, car depuis sa séparation avec l’entité de Nethys pour dépendre à 100% de l’intercommunale Publifin, Resa avance avec un couteau sous la gorge. "Les pertes de synergies suite à la séparation de Nethys vont coûter à Resa entre 8 et 10 millions d’euros. Cela va représenter un coût. Il est important pour nos consommateurs qu’on maîtrise nos dépenses", reconnaît Gil Simon.

Chez Ores, on pointe aussi les évolutions technologiques qui vont intervenir dans le secteur et qui vont obliger les acteurs à investir massivement. "La transition énergétique est un défi considérable qui ne concerne pas qu’Elia (le gestionnaire chargé du transport de l’énergie en Belgique, NDLR) ou la santé des centrales nucléaires. Une entreprise comme Ores doit se transformer pour répondre à ces défis. Cela représente pour nous 80 millions d’investissements annuels ces 7 prochaines années. En même temps, nous devons continuer à maîtriser nos coûts. Personne n’accepterait que la facture augmente. Cette collaboration avec Resa va ainsi permettre de maîtriser les coûts (limités à 4% entre 2017 et 2023) et améliorer la qualité des services", explique Fernand Grifnée qui assure que cette collaboration n’entraînera pas une réduction de l’emploi.

Sur le plan opérationnel, cette collaboration va porter sur différents chantiers comme le déploiement des compteurs intelligents en Wallonie, la constitution d’une centrale d’achat ou la modernisation de l’éclairage des voiries. Une étape qui pourrait en appeler d’autres… "Il s’agit de la pose de la première pierre d’un renouveau industriel pour la Wallonie", prédit Cyprien Devilers, le président du conseil d’administration d’Ores.

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