Plus de 12 millions pour 5 projets des pôles de compétitivité

Parmi les heureux élus, on retrouve Viscos ou des industriels comme Sonaca. ©DOC

Et de 21! Alors même que le ministre wallon de l’Economie Pierre-Yves Jeholet (MR) a lancé une large réflexion sur l’avenir des six pôles de compétitivité avec les différents acteurs, le jury international poursuit sa mission. Le panel d’experts présidé par l’industriel Luc Vansteenkiste vient de boucler le 21e appel à projets dont les résultats seront partiellement validés par le gouvernement ce jeudi.

Avant de se plonger dans cette énième livraison de résultats pour lesquels 12 projets passaient devant le grand jury et 5 ont été retenus, un bref retour en arrière sous forme de bilan n’est pas inutile.

Dans le cadre de son plan Marshall, la Wallonie s’est dotée depuis 2006 de six pôles de compétitivité: Skywin, Biowin, Mecatech, Wagralim, Logistic Wallonia et le Greenwin. Derrière ces six appellations qui balayent les champs de prédilection de la Wallonie, l’objectif recherché par les décideurs politiques était d’arriver à décloisonner le monde de la recherche à celui des universités et des entreprises à travers le lancement de projets communs dans la recherche et la formation.

Résultats

Pour quels résultats? Après plus de 10 ans de travail, les six pôles ont lancé 309 projets dans la formation et la recherche. Cela représente un investissement global de 908 millions dont un peu plus de 550 millions à charge des pouvoirs publics wallons. L’impact sur l’emploi est malgré tout difficilement quantifiable. A la fin 2014, les six pôles estimaient avoir permis de créer 19.000 emplois. Est-ce suffisant? Le jury international chargé d’évaluer le fonctionnement des six pôles de compétitivité wallons s’est déjà inquiété sérieusement des faibles résultats en termes de création d’emplois. Dans un rapport de 2014, il avait eu ce constat sévère: "Les résultats en termes de création d’emplois sont relativement limités compte tenu des montants financiers engagés par les pouvoirs publics depuis 2006."

908 millions €
Depuis 2006, les six pôles de compétitivité ont lancé 309 projets et mobilisés 908 millions d’investissements en Wallonie dont 550 millions en provenance de la Région wallonne.

L’avenir est maintenant au changement. Arrivés aux pouvoirs en Wallonie après l’éjection des socialistes, les libéraux veulent tourner la page Marcourt en annonçant la fin du plan Marshall après 2019.

Cette fin programmée par Pierre-Yves Jeholet ne remet cependant pas en cause l’existence des pôles. Le ministre de l’Economie entend néanmoins redéfinir leurs objectifs. Le renouvellement du jury international est également envisagé "tout en confirmant son rôle essentiel mais avec une clarification de son champ d’évaluation (technique, et stratégique et d’impact)", écrivait récemment le ministre dans un exposé à l’intention des députés. Cette note précisait encore que "le droit d’accès exclusif des résultats de recherche devait être accordé aux entreprises partenaires lorsque ceux-ci ont été intégralement financés par les pouvoirs publics".

Enfin, le ministre veut faciliter l’accès des PME aux pôles à travers le lancement de projets plus light. Si cette piste semble bien acceptée par certains responsables de pôle, ils insistent pour dire les PME ont toujours été de la partie. "Ce sont majoritairement des PME dans les projets labellisés", assure ainsi un responsable. Un autre reconnaît qu’il a fallu faire appel à des grosses locomotives industrielles au moment du lancement de son pôle. "Mais depuis 5 ans, on a au moins autant de projets dirigés par les PME", précise-t-il.

Evaluations du jury

En attendant la feuille de route du ministre, le gouvernement wallon a pris connaissance des évaluations du jury suite au 21e appel à projets. Sur les 12 dossiers rentrés par les responsables des pôles, le jury en a retenu 5. Deux autres dossiers doivent passer en seconde cession.

Le jury a par ailleurs décidé de recaler 5 dossiers. Il pointe par exemple un projet qui n’intègre "aucune entreprise privée". Deux autres projets se retrouvent également recalés pour cause de budget "démesuré" ou "prohibitif au regard des perspectives attendues en termes d’emplois".

Du côté des heureux élus, le pôle Mecatech a vu son projet Rubbergreencycle approuvé. Derrière Rubbergreencycle, on trouve un vaste projet d’économie circulaire dans le caoutchouc recyclé. Le développement vise en particulier les pneumatiques en fin de vie. Ces déchets seront dans un premier temps réutilisés pour faire de l’isolation acoustique et vibratoire pour les infrastructures bâtiment et ferroviaires. Sur les 2,4 millions nécessaires au développement de Rubbergreencycle, la Région wallonne va apporter 500.000 euros.

Un autre dossier primé par le jury s’appelle Viscos. Ce projet, poussé par le pôle Skywin, vise à développer les outils numériques dans le domaine de l’impact afin d’étudier le comportement des matériaux composites dans le secteur aéronautique. Derrière Viscos, on retrouve des industriels comme Sonaca, un éditeur de logiciel (e-Xstream) et deux universités (ULg et UCL). Le projet bénéficie en outre du support d’acteurs comme Airbus et AGC qui assurent "la pertinence de celui-ci", ne manque pas de souligner le jury.

Pour Viscos, la Région va accorder un financement de 2,3 millions sur un budget global de 3,3 millions.

Au total, ce sont donc 12 millions qui seront nécessaires au développement de ces 5 nouveaux projets. La Région wallonne en apportera 7,2 millions à travers son budget 2018. Le solde est à charge des partenaires privés. Le budget 2018 de la Région wallonne n’étant cependant pas encore voté au Parlement, le gouvernement devra vraisemblablement marquer officiellement son accord après le vote des députés.

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